FRACTURES DU COL DU FÉMUR. F. SUS-CONDYLIENNES
la cuisse, je place par-dessus ce premier appareil une longue attelle cruro-pelvienne maintenue, au niveau du bassin, par une large bande de diachylon et, au niveau de la cuisse et de la jambe, par un bandage roulé.
Cet appareil cartonné, à simple ou à double couche, m'a donné, même chez les très jeunes enfants, des résultats bien supérieurs à ceux que donne l'appareil de Stove, de Giraldès ou l'appareil en gutta-percha. Il est incomparablement supérieur à l'appareil de Scultet, qui est presque aussitôt sali par les urines.
Un mot seulement sur la statistique des fractures du fémur :
Sur 133 cas de fractures chez les garçons, on trouve 32 fractures du fémur qui se répartissent ainsi, au point de vue de l'âge : 16 cas de 1 mois à S ans, 12 cas de 6 ans à 10 ans, 3 cas de 11 à 15 ans.
Nous ne dirons qu'un mot des fractures du col du fémur, si rares chez l'enfant qu'elles sont absolument exceptionnelles. J'en possède cependant un cas dans mon service actuellement. J'ai pu le diagnostiquer facilement à l'aide du chloroforme. J'ai soumis la petite malade, âgée de 12 ans, à l'immobilisation dans la gouttière de Bonnet et à l'extension continue. Ce traitement, suivi durant trente et un jours, m'a donné de très bons résultats, puisque la malade commence h marcher et n'a guère que 1 centimètre et demi de raccourcissement.
Il en est de même des fractures sus-condyliennes (je n'en ai observé que deux cas). Il peut arriver qu'au lieu d'une fracture mal ou vicieusement consolidée, on constate une absence de cal et c'est ce qu'on appelle une pseudarthn )se. Ce phénomène, heureusement assez rare, se présente néanmoins quelquefois chez les rachitiques. Je l'ai observé deux fois en six ans.
La meilleure règle de conduite, en pareil cas, consiste à patienter, à remettre l'appareil, à administrer le phosphate de chaux; et il arrive parfois que ce défaut de consolidation ne persiste pas : la fracture est plus longue à guérir et il n'en résulte pas d'autre inconvénient. Si la non-consolidation persiste, il faut tenter la friction des deux fragments l'un sur l'autre (cette manœuvre m'a réussi une fois), ou bien encore l'électropuncture à l'aide des courants induits, en prenant toutefois la précaution de ne faire passer dans le foyer de la fracture que des courants extrêmement faibles. Je ne conseillerais pas pour ma part le séton entre les deux fragments. J'ai vu cette opération être suivie d'un phlegmon des plus graves avec des phénomènes généraux qui rappelaient ceux de la périostite phlegmoneuse. Lorsque, malgré tous les efforts du chirurgien, lapseudarthrose est acquise, doit-on pour cela abandonner le malade et désespérer de le voir marcher? Non, sans doute, et je vois souvent à la consultation d'orthopédie un malade qui présente, depuis bientôt quinze ans, une pseudarthrose à la partie moyenne de la cuisse droite et qui, néanmoins, marche d'une manière presque satisfaisante à l'aide d'un appareil à tuteurs, prenant son point d'appui sur le bassin, à l'aide d'une ceinture moulée, et se prolongeant jusqu'à la plante du pied au moyen d'une pédale.
J'arrive aux fractures de cuisse compliquées de plaies. Dans le cas où il n'y a pas saillie d'un des fragments, où l'on a affaire seulement à une plaie communiquant avec le foyer de la fracture, je n'hésite pas à employer l'occlusion par la méthode de Chassaignac, à l'aide de bandelettes de diachylon appliquées en cocarde, c'est-à-dire n'entourant pas complètement le membre. Ces bandelettes sont ensuite recouvertes d'une couche épaisse de cérat, puis de charpie, de compresses et d'une bande roulée, puis le tout est placé