CONCLUSIONS
à une terminaison fatale, les tumeurs malignes, non carcinomateuses, portant surtoutsur les téguments externes etsur lesmembres, ont paru, dans des cas nombreux, quoique très aigus dans leur marche, très prompts à repulluler après une opération, ont paru, dis-je, soi! à lasuite d'une amputation de membre, soit à la suite d'uue excision, d'une cautérisation répétée de la tumeur et d'une perte considérable de substance, s'arrêter toutàcoup, cesser de repulluler; des réparations spontanées, imprévues, se sont laites, l'usage d'un membre considéré comme perdu a pu être repris. L'état général, resté pendant tout le temps meilleur que l'état local, ee qui est un privilège général de l'enfance, dans ce genre d'affections, même earcinomateuses, a favorisé l'évolution des symptômes morbides vers ce qu'on est tenté d'appeler, jusqu'à preuve du contraire, une guérison.
Vous me connaissez trop bien pour croire que j'aie la moindre intention de tirer de ces cures ou prétendues cures une conclusion pathogénique sur la nature des tumeurs dont la régression a été constatée. Ce qui importe, c'est d'avoir une donnée, fût-elle d'une valeur transitoire, scientifiquement parlant, pour remplir les devoirs souvent si difficiles de notre profession et instituer en conscience le traitement qu'on attend de nous.
La régression de certaines tumeurs malignes de l'enfance ;i été observée deux fois par nous dans des circonstances presque identiques et, comme je l'ai dit ailleurs (1), un enseignement thérapeutique se dégage de ces deux faits : ils montrent qu'il ne faut jamais perdre courage et opposer à la repullulation des fumeurs de ce genre une ténacité invincible.
L'intervention chirurgicale, incessamment renouvelée.
(1) V. Rev. des mnlad. de l'enfonce, mémoire cité.
peut rester à la fin maîtresse du terrain, et une période réparatrice peut venir combler une partie des pertes des tissus.
Quel sera le mode de cette intervention? Le grattage, l'excision de la tumeur, sa destruction par les caustiques, l'amputation? Je vous renvoie aux faits que j'ai exposés dans cette leçon. La conduite à tenir dans chaque cas a été dictée pour chacun par l'étude attentive des phénomènes morbides et de leur marche. Rien ne semblerait plus naturel que de faire une ponction avec le trocart de Duchenne, de Boulogne; de soumettre à un examen histologique un petit fragment de la tumeur et d'agir en conséquence du pronostic attaché traditionnellement à la constitution histologique de celle-ci ; mais, Messieurs, rien n'est plus douteux que cette expérience. Vous serez bien moins exposés à vous tromper en vous inspirant de l'état de la région, de celui du malade, toujours supposé moins grave que ne le serait celui d'un adulte dans la môme situation ; lorsque le squelette sera à peu près intact et que les parties molles seules seront affectées, vous pourrez tenter des destructions considérables et réitérées du néoplasme et espérer la conservation du membre ; mais quand un os aussi important que le fémur sera réduit en une sorte de bouillie, dans un point voisin de l'articulation fémoro-tibiale, vous ferez l'amputation de la cuisse comme je l'ai faite avec succès, en semblable occurence, à moins que l'opposition invincible d'une famille ne vienne vous dégager de votre responsabilité, en s'opposant à ce que je considère comme l'accomplissement de votre devoir.