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PLAIES CONTUSES. CATAPLASMES

plaque de sparadrap fendillée à sa périphérie et dépassant circulairement le cataplasme de plusieurs centimètres. Pour que l'application soit parfaite, je conseille de faire le pansement le malade étant couché. La plaque émolliente est mise en place, le sparadrap ensuite, et l'on a soin d'assujettir le tout à l'aide d'un bandage roulé un peu serré. Au bout de quelques moments, on peut retirer la bande roulée. L'adhérence est parfaite ; le malade peut marcher toute la journée sans crainte de voir son pansement tomber ; et le soir il retrouvera encore son cataplasme humide.

Les plaies vives, qu'elles soient le résultat d'une opération ou d'un accident, sont toutes traitées par nous de la même façon.

Sauf dans certaines régions, comme la face, nous ne tentons jamais la réunion de ces plaies par première intention. Nous nous servons invariablement, comme premier pansement, de l'alcool. Celui dont nous faisons usage est l'alcool à 36 degrés, le vulgaire trois-six, l'alcool à 90 degrés, employé par plusieurs chirurgiens, nous ayant paru donner des douleurs extrêmement vives, et de plus provoquer chez certains enfants des phlyctènes très difficiles à guérir. Voici maintenant comment nous l'employons. Etant donnée une plaie récente résultant de l'extirpation d'une tumeur volumineuse, par exemple, nous faisons avec de la charpie de très .petites boulettes que nous imbibons d'alcool et que nous introduisons et tassons, une à une, dans les anfractuosités du cratère que nous avons créé. Quand ces anfractuosités sont comblées, nous employons des boulettes un peu plus grosses, que nous tassons à leur tour sur les premières ; et enfin nous terminons par de larges plumasseaux, de façon à exercer une compression en forme de coin sur toutes les surfaces saignantes. Ce moyen, que j'ai vu employer maintes fois par Maisonneuve, épargne au

chirurgien et au malade la peine de faire et de subir un très grand nombre de ligatures. Il faut, bien entendu, recouvrir le pansement à l'alcool de charpie sèche, l'assujettir à l'aide d'un bandage approprié assez serré, et recommander aux personnes chargées de veiller le malade, de l'humecter toutes les deux heures à l'aide d'une éponge chargée d'alcool.

Ce pansement a de plus l'avantage d'être un pansement rare et de pouvoir rester en place trois jours pleins. Au bout de trois jours, je l'ôte et j'enlève jusqu'aux dernières petites boulettes avec facilité, en raison de la suppuration qui s'est chargée de les détacher sans provoquer de tiraillements douloureux. J'ai alors l'habitude de saupoudrer largement toute la superficie de la plaie à l'aide de camphre finement pulvérisé. J'ai remarqué que ce topique avait pour avantage de désinfecter jusqu'à un certain point les surfaces suppurantes et de hâter le bourgeonnement. Par-dessus cette couche de camphre, j'applique le pansement comme précédemment, avec cette différence que j'ai étendu de moitié d'eau l'alcool à 36 degrés. J'emploie même de préférence l'eau-de-vie ordinaire, ce qui me dispense de faire le mélange. Je continue le même pansement, renouvelé tous les trois jours, jusqu'à ce que la cavité soit à peu près comble, puis je le modifie ou plutôt le change pour un autre, plus convenable à cette période, le pansement par occlusion de Chassaignac.

Ce pansement demande à être fait avec le plus grand soin. Aussi demandé-je la permission d'insister sur le détail de son application. Je me sers du diachylon des hôpitaux; j'estime, en effet, comme beaucoup de chirurgiens, qu'il est préparé d'une certaine façon qui a du reste été bien rarement imitée par les pharmaciens ; que cette préparation rend d'abord son application facile, et ensuite n'amène pas des

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