CATARACTE MOLLE
s'esl opacifié à une époque où il n'avait pas atteinl le volume
qu'il présente à la naissance, et à cause de cela il a conservé une mobilité normale. Si la cataracte est incomplète on observe entre l'opacité et le rebord de La pupille un léger cercle noir transparent.
L'éclairage latéral montre plus nettement encore les caractères qui précèdent. Dans les cas où l'on sera en pré* sence d'une cataracte liquide, le cristallin apparaîtra comme une tache blanche laiteuse.
À l'ophthalmoscope, on constate qu'aucun rayon lumineux ae l inverse le cristallin complètement opaque.
La cataracte de Morgagni est une sous-variété de cataracte molle, dans laquelle les parties périphériques du cristallin se sont seules ramollies d'une façon notable, tandis que les parties centrales n'ont subi qu'un ramollissement peu marqué. Cette variété doit son nom à ce qu'on a supposé pendant un temps que l'humeur blanchâtre dont la capsule est remplie résulterait d'une hypersécrétion de l'humeur de Morgagni. Giraldès a contesté l'existence de cette humeur décrite dans tous les livres d'anatomie.
Troubles fonctionnels. — L'enfant atteint d'une cataracte double et complète est presque aveugle, en ce sens qu'il ne pourrait, dans la suite, se livrer à aucun travail, ni même se conduire. Cependant il distingue le jour de la nuit et s'il «•si en âge de rendre compte de ses sensations, il pourra indiquer dans une chambre l'endroit où se trouvent les fenêtres el suivre des yeux une lumière promenée dans une chambre obscure. Ses pupilles se contractent, mais faiblement, sous l'influence de la lumière.
Cataracte capsulaire centrale. — La cataracte capsulairc centrale est, d'après Wilde, constituée le plus souvent
par une petite tache blanche, située dans le milieu de la capsule antérieure, avec ou sans opacité du cristallin. Cette tache est souvent entourée d'un anneau grisâtre de matière plus épaisse. Il serait plus exact, d'après Rûch, de rapporter aux couches extérieures du cristallin ou à la couche épithéliale de la capsule ce que Wilde attribue à la capsule elle-même.
Cataracte pyramidale. — La cataracte pyramidale, qu'on observe chez les nouveau-nés, a donné lieu à de nombreuses hypothèses, par rapport à sa formation. De Wecker, passant en revue ces diverses hypothèses, fait très bien remarquer qu'on ne peut l'attribuer à une ophthalmie intrautérine; qu'il n'existe au centre de la cornée aucune tache qui révèle une ancienne perforation, et derrière cette membrane aucune synéehie, soit antérieure soit postérieure. Cette cataracte est certainement un vice de conformation : ou bien l'opacité tire son origine d'une persistance anormale de la membrane pupillaire, opinion qui a été soutenue parBeck et qui est fort peu probable, parce que les vestiges de cette membrane, quand ils sont évidents, ne se montrent pas en général avec des opacités cristalliniennes, et parce que, dans les cas de cataracte pyramidale, aucun filet organisé ne s'observe entre l'opacité du cristallin et le bord pupillaire de l'iris; ou bien, ce qui est infiniment plus probable, la cataracte pyramidale proviendrait d'un retard, survenu pendant la vie intra-utérine, soit dans l'époque à laquelle le cristallin se sépare de la cornée, soit dans celle où se ferme l'ouverture de la cristalloïde antérieure, occlusion qui s'effectuerait alors ultérieurement au moyen d'une substance opaque.
Rûch pense que la cataracte pyramidale ne serait seulement qu'un degré plus avancé de la cataracte capsulaire