PRONOSTIC ET TRAITEMENT DES FORMES
(lue nous avons précédemment décrites. La cataracte zonulaire, par exemple, qui permettra au chirurgien de rendre la vue au malade au moyen d'uu^ simple irideetomic et sans le priver de la faculté d'accommodation, est beaucoup moins grave que la cataracte molle ou complète, qui exigera la suppression Au cristallin.
D'ailleurs, nous avons vu que l'un des caractères de la variété zonulaire était de rester stationnaire ; mais encore y a-l-il une distinction à établir suivant les cas. De Wecker l'ail une restriction à ce sujet. La stabilité de la cataracte zonulaire n'est assurée, selon lui, que « quand les parties périphériques transparentes du cristallin présentent une diaphanéité complète, ou tout au plus montrent çà et là de petites stries opaques très étroites, qui se prolongent vers l'équateur du cristallin. Si, au contraire, les parties transparentes de la lentille sont traversées par un certain nombre de stries grisâtres, de quelque largeur, ou sont le siège d'un pointillé grossier, le sujet est, à coup sur, menacé d'une cataracte complète, surtout quand il approche de l'âge propice au développement des opacités cristalliniennes. » De Wecker insiste sur l'importance de ce diagnostic dont les conséquences, par rapport au choix de l'opération et des procédés opératoires, n'échappent à personne.
En abordant le traitement de la cataracte infantile, qui est surlout celui de la cataracte congénitale, car la cataracte accidentelle présente à peu près les mômes indications chez l'enfant que chez l'adulte, nous mentionnerons seulement, pour mémoire, le traitement médical de la cataracte qui, suivant certains auteurs, aurait rendu des services dans les cas où l'opacité crislallinienne reconnaissait pour cause un traumatisme ou un processus inflammatoire. Ce traitement doit, assurément, être appliqué chez les sujets dont les cataractes ont pris naissance sous l'influence d'un état diallié-
sique comme le diabète, par exemple; mais il est évident qu'on ne doit pas y recourir dans le cas de cataracte survenue sans cause appréciable chez le nouveau-né. Quant au traitement de la cataracte, évidemment congénitale, il est résolument, décidément chirurgical.
La méthode que l'on doit employer contre les cataractes zonulaires est l'iridectomie optique. Cette opération, qui consiste à créer une voie artificielle aux rayons lumineux à travers l'iris, permet d'utiliser la partie transparente du cristallin et offre ce grand avantage, qu'elle n'enlève pas au malade son appareil accommodateur. L'excision de l'iris devra être faite au niveau de la partie inférieure et interne du cristallin; c'est en effet par ce point que s'exerce la vision, lorsque nous regardons attentivement des objets de petites dimensions. De plus, la voie créée aux rayons lumineux devra être aussi étroite que possible, car la nouvelle pupille, étant dépourvue de puissance accommodatrice, ne peut proportionner ses dimensions à l'intensité de la lumière qui impressionne la rétine, et si son ouverture était trop large, le malade serait incommodé par des éblouissements et des cercles de diffusion.
Pour la cataracte molle complète, le chirurgien a le choix entre un grand nombre de procédés qui sont :
1° L'abaissement (Dupuylren) à travers la cornée (kératonyxis) ;
2° Le broiement (Jacob (de Dublin), Béer et Jœger) à travers la sclérotique (scléroticonyxis) ;
3° L'extraction (de Graefe) à lambeau inférieur et supérieur ; linéaire ;
4° L'aspiration (méthode de Laugïer) ;
5° La discission (Gibson (de Manchester).
La première de ces méthodes n'est presque plus employée aujourd'hui.