SIÈGE DES GRENOUILLETTES
montre qu'à la suite de cette inflammation préalable, décrite
par Laugier, sons le nom de grenouillette aiguë. Rien de plus insolite et de plus irrégulier que la marche de ces tumeurs, soit que le moment du repas et le contact des aliments, surtout celui des condiments excitants, les développent davantage; soit, au contraire, que les mêmes influences les lassent se vider par régurgitation; soit, enfin, que leur développement soit graduel et progressif sans jamais présenter d'intermittences, comme dans la grenouillette congénitale.
Citons, cà titre d'exception, la coïncidence de la turgesgence extérieure de la glande sous-maxillaire ainsi que la formation d'une fistule salivaire, en arrière de la tumeur elle-même.
Après les grenouillettes consécutives à l'obstruction du conduit de Wharton et relatives à la glande sous-maxillaire, il est naturel d'épuiser la question des kystes salivaires en traitant des grenouillettes dues à l'ectasie du conduit de la glande sublingnale, ou plutôt des glandes en grappes sublinguales, si bien décrites par M. Tillaux. L'existence de cette grenouillette, entièrement indépendante de celle que nous avons décrite la première, a été surabondamment prouvée par Guersant qui put sonder le conduit de Wharton dans un cas ou le kyste semblait dû à l'obstruction de ce conduit.
Claude Bernard, Gosselin, Jarjavay ont pu voir, dans les mêmes circonstances, la salive jaillir par l'orifice du canal de Wharton, malgré l'existence d'une grenouillette, évidemment sublinguale, au moment de l'ingestion de condiments excitants. Les kystes des glandes isolées et de leur conduit, ont été d'ailleurs anatomiquement démontrés par Giràldès et par Tillaux; ce dernier, aussi bien que Cl. Bernard, a pu voir les conduits capillaires des glandules isolées, oblitérés par un calcul et un kyste salivaire, être la consc-
quence de cette oblitération, alors qu'uae fine dissectioi révélait la parfaite intégrité du canal de Wharton.
Uniloculaires ou multiloculaires, ces kystes sont en gêné rai translucides et ne contiennent que rarement une bouillii analogue à de la semoule ou du pus. Ils se rompent avei une très grande facilité, dès que la dilatation postérieure ; l'obstacle devient complète et se reproduisent avec une fa cilité égale.
L'existence des kystes séreux par dilatation de la boursi séreuse de Fleischmann n'est pas moins évidente.
Quand, en 1841, Fleischmann décrivit une bourse séreusi de chaque côté du frein de la langue, au-dessus des mus clés génioglosses, Jobert fit de l'hydropisie de cette bours la cause de la grenouillette. Depuis, l'existence même de 1; bourse de Fleischmann, admise par M. filiaux, a été mis en doute par MM. les professeurs Sappey et Richet ; quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux qu'il se développe de kystes séreux dans la région décrite par Fleischmann.
M. le professeur Michel, de Nancy, en rapportant (1) si: cas de grenouillette, constituée par un kyste, sans aucui rapport avec les conduits des glandes sous-maxillaires e sublinguales, estime à tort, selon nous, que ces cas sont le plus fréquents. Il faut noter aussi que M. Michel ne s'attach pas aux capsules de Fleischmann et ne croit pas que l'exis tence de la grenouillette soit liée avec celle d'une cavit normale préexistante. Pour lui, ce en quoi il a, j'incline le croire, parfaitement raison, il peut naître des kystes dan les mailles du tissu séreux, sans cavité préformée. J'admet cette opinion, pourvu qu'il n'en résulte rien contre l'exis tence de la bourse de Fleischmann et la possibilité de 1 formation de kystes dans cette cavité.
(1) V. Gazette hebd., 1817, p. 252.