VAISSEAUX ET NERFS
I. — Circulation artérielle. La circulation artérielle du canal déférent est tributaire de la branche vésiculo-déféren-
tielle de l'artère génito-vésicale de Farabeuf.
Artère génito-vésicale. — Origine. Pour Farabeuf, une
artère naît près du fond de l’excavation et vient d’arrière en avant, sous les vésicules et la vessie, jusqu'à la prostate, c'est la génito-vésicale ; en approchant de son but, elle se divise en deux branches qui, lorsque le type parfait existe, constituent la prostato-vésicale et la vésiculo-déférentielie. Ce dédoublement peut se faire .assez tôt, les quatre éléments être dissociés et avoir des origines diverses ; la déférentieile qui nous occupe peut naître directement de l'iliaque interne.
Pour Poirier, la vésiculo-déférentielle naît soit directement du tronc antérieur de bifurcation de l'hypogastrique, soit par un tronc commun avec la prostatique ou l’hémor-
roïdale moyenne.
Trajet — D'abord située pour Descomps en arrière, puis en dehors, puis en avant, enfin en dedans de l'uretère, la
vésiculo-déférentielle décrit autour de ce dernier un trajet
spiroïde exactement comparable à celui de l’utérine dans l'autre sexe. Sa première portion, descendante, contourne donc le conduit urinaire sous un angle très minime, de haut en bas, d'arrière en avant, et de dehors en dedans : son deuxième segment, ascendant, remonte vers l'étage supérieur du ligament large, après avoir émis un rameau de fort calibre, la vésiculaire. Dans son ensemble, l'artère déférentielle dessine un V à sommiet inférieur dont le déclive répond par une crosse à concavité postérieure au point où elle surcroise l’uretère.
Au niveau du point de croisement, l'artère donne un rameau uretéral ; celui-ci aborde le conduit urinaire à 2 ou 3 centimètres de la paroi vésicale et se divise en =, donnant des ramuscules ascendants et descendants.
« La vésiculaire ayant pénétré dans la loge musculaire de la vésicule, entre celle-ci dont elle dessert tout à fait les deux faces et la vessie à laquelle elle distribue de fins et longs ramuscules, marche vers le col du réservoir et l’embouchure du canal déférent sur lequel, devenue déférentielle, elle écarte deux rameaux finissant encore en 4. L'on suit ses ramuscules ascendants jusqu'à l’épididyme où ils s'’anastomosent avec ceux de la testiculaire spermatique La vésicule reçoit de longs sarments qui se ramifient et serpeñtent dans les sillons interposés aux bosselures de la surface. Ces rameaux peuvent naître dès l’arrivée de l'artère et se distribuer en partant du fond de la vésicule. Mais ils peuvent aussi se détacher plus tard, près de la prostate, au moment où l'artère rebrousse chemin pour suivre le canal déférent ; ils sont alors récurrents. Il en existe des deux espèces. » (Farabeuf).
Des deux branches du = déférentiel, l’une, descendante,
suit le canal jusqu'à la base de la prostate, l’autre, ascendante, suit le déférent jusqu'à son origine, fournissant dans ce trajet de nombreux rameaux ; eeux-ci pénètrent la couche
conjonctive, puis traversent la musculeuse du canal.
Terminaison et anastomoses. — [a déférentiel se termine au niveau de l’origine du canal déférent ; elle prend part, par ses anastomoses, à la constitution du réseau artériel testiculo-épididymaire.
Le tronc déférentiel se jette à plein canal dans une branche volumineuse, émanée de la spermatique et, dans cette anse testiculo-déférentielle, se jette perpendiculairement, en T, un gros rameau, terminaison de la funiculaire, d’où formation d’uné anastomose funiculo-testiculo-déférentielle.
Une deuxième anastomose existe entre une petite branche déférentielle et un rameau épididymaire de la spermatique ; ce rameau épididymaire peut naître assez loin du testicule, à la partie moyenne du cordon. Il se porte d’abord en avant, puis en arrière, s'insinuant dans les replis épididymaires ; cette anastomose épididymo-déférentielle se fait à la partie moyenne de l’épididyme.
A côté des anastomoses à plein canal que nous venons de signaler entre la déférentielle et la spermatique ou ses branches épididymaires, il nous faut rappeler que la spermatique vient de l'aorte, la déférentielle de l'hypogastrique, la funiculaire de l'iliaque externe, enfin que, par l'intermédiaire du ligament scrotal, des rameaux des honteuses externes communiquent encore avec le réseau péritesticulaire. L’anse épididymo-déférentielle nous apparaît ainsi
comme un carrefour vasculaire important où aboutissent
des artères d'origines diverses ; ces artères elles-mêmes ont des calibres se faisant équilibre ; l’une d'elles vient-elle à manquer? une autre la supplée et ainsi s'explique que le canal déférent et son artère satellite puissent être sectionnés ou réséqués sans que l'extrémité périphérique ou épididymaire se nécrose.
Cette notion de la possibilité d’une suppléance vasculaire efficace est à la vérité plus théorique que pratique, elle trouve sa Justification anatomique dans les recherches de Yarisch, de Colle, de Boda, de Carlier.
Après les travaux de Sébileau, d'Arrou sur la circulation testiculaire, est née une chirurgie nouvelle s'adressant à la section des éléments vasculaires du cordon, soit pour la cure du varicocèle, soit dans le traitement de l’ectopie testiculaire.
Pratiquement les anastomoses artérielles sont de valeur discutable, elles sont grêles, inconstantes, elles peuvent disparaître dans les cas où il existe un noyau d’induration épidymaire ; aussi voyons-nous Kirmisson, Broca, Sébileau, Routier s'élever contre tout procédé d'’orchidopexie dans lequel l’abaissement est obtenu par la section systématique des vaisseaux du cordon.
La section isolée de l'artère spermatique ne donne pas des résultats meilleurs que la section des vaisseaux en totalité et, d’ailleurs, Sébileau ne pense pas que sa réalisation soit possible. Nous sommes donc amené à considérer les anastomoses péritesticulaires comme susceptibles d’être suffisantes, lorsque accidentellement l'artère spermatique aura été rompue ; il serait téméraire de compter sur leur existence pour légitimer une opération sacrifiant de parti pris l'artère nour-
ricière du testicule,
II. — Circulation veineuse, = Jeux ou trois paires de veinules satellites des artères, à direction longitudinale, entourent le canal déférent ; elles sont reliées par de multiples anastomoses, les unes horizontales, Iles autres obliques, entourant le canal spermatique d'un réseau de veinules nombreuses, mais « beaucoup trop fines et trop « espacées pour couvrir même la moitié de sa surface » (Farabeuf).
Ces veinules sont situées dans la couche conjonctive péridéférentielle où elles forment un réseau irrégulier et, pour quitter le canal spermatique, elles se réunissent, comme les branches horizontales d'un T, pour former la tige verticale.
Les veines du déférent sont tributaires du gros tronc génito-vésical de Farabeuf. Celui-ci reçoit les veines ombilico-vésicales supérieures, les vésicales inférieures et les prostatiques ; vers le tronc prostatique convergent les grosses veines vésiculo-déférentielles postérieures, descendantes pour là plupart, quelques-unes ascendantes :; ces veines, formant le plexus séminal postérieur de Charpy, se videraient également par l'hémorroïdale moyenne.
Plus haut, d’autres veines nées de la face antérieure du déférent et des vésicules se jetteraient dans le trone colleeteur génilto-vésical soit directement, soit dans un de ses éléments constitutifs.
A l'intérieur de l'angle interdéférentiel, une anastomose interlatérale existe en forme de V à sommet inférieur, ct d’autres anastomoses se trouvent transversalement sur la
base de la prostate.