ANOMALIES
Les anomalies du canal déférent sont assez rares dans Ja littérature anatomique ; il nous a paru intéressant de noter les cas venus à notre connaissance au cours de nos recherches bibliographiques, car c’est un peu par hasard que nous les avons trouvés dans de multiples ouvrages.
Voici donc quelques cas tératologiques groupés d’après
leur nature.
Absence du canal déférent. — 1° Cas rapporté par Delbet
et Chevassu.
Le 2 mars 1847, Gosselin, étudiant les voies génitales d’un cadavre de l’école pratique, constata avec surprise que toute la partie moyenne du canal déférent manquait. Aucune cicatrice n'était visible, il s'agissait [à d’une intéressante malformation. Or, malgré cette oblitération indéniable des voies d’excrétion du sperme, le testicule n'était pas atrophié. Bien plus, l’épididyme était distendu, ses circonvolutions, anormalement saillantes, présentaient une teinte jaunâtre toute spéciale et le liquide qu'elles con-
tenaient renfermait une grande quantité de spermatozoïdes,
2° Cas rapporté par Godart. — « Il y avait, à gauche,
« absence du corps de l’épididyme, de la queue de cet
ce organe, du canal déférent et de Ia vésicule séminale. Le « parenchyme du testicule gauche était normal et les cana-
« licules parfaitement disposés. »
3° Cas rapporté par Brugnone. __ Cet auteur raconte qu'en disséquant les organes sexuels d'un sujet de 26 à 27 ans, il ne persistait de l’épididyme du côté droit que la tête, qui était remplie de spermatozoïdes ; le reste de l’épidyme et le canal déférent n'existaient pas ; le testicule était pariaitement sain et presque égal à celui du côté gauche. La vésicule séminale correspondante présentait à son extrémité antérieure une portion de canal déférent de 3 centimètres de longueur.
Dans sa thèse (1896), Flœrscheim cite encore des observations de Béraud, München-Meyer, Günther, etc. ; celles-ci sont contestables et nous ne les reproduisons pas.
Mais la conclusion de cet auteur nous semble juste lorsque,
d'après les observations anatomiques, il conclut ainsi
« Des études tératologiques, il résulte que l'absence par- « tielle ou totale de canal déférent n’a aucune influence sur « le testicule qui continue à se développer et à sécréter des « spermatozoïdes, comme s’il les utilisait, et ce fait ne se « rencontre pour aucune des autres glandes de l’écono-
« mie. »
Anomalie d’origine. — Curling rapporte le cas de Bosschka, où le canal déférent gauçhe d’un homme robuste se terminait en cul-de-sac près du testicule. La vésicule correspondante était rudimentaire et formait un canal
borgne contourné en S ; le testicule était normal.
Anomalie de trajet. — Le cas suivant est rapporté par