I TOME
Application des ligatures et sections du canal déférent à la thérapeutique des affections de la prostate
Nous serons très bref sur ce sujet qui, avec les années, à perdu beaucoup de son intérêt. Une thèse de Flœærscheim, ‘en 1897, aborde l'étude de ce procédé thérapeutique sous toutes ses faces ; c’est dans cette thèse que sont résumées les indications de la méthode et consignés les résultats.
Nous avons vu précédemment les effets, sur le testicule, de la ligature du déférent ; notons maintenant les effets de l’obstruction des voies spermatiques sur la prostate, et nous
indiquerons les méthodes opératoires ayant été employées.
Expérimentation. C'est aux travaux de William White, Wood et Kirby qu'il faut se reporter (1895) pour connaître les effets de la section du déférent sur la prostate. Nous ne reproduisons pas le procès-verbal des expériences de ces auteurs, cités dans les thèses de Flœrsheim, Dassonville (1896).
Ces expériences furent reprises par Legueu (1895), puis par Micaele Pavone, dont voici les conclusions, d’après Dassonville :
Les résultats obtenus par la résection sont en tous points comparables à ceux donnés par la castration ; l’atrophie de la glande prostatique est toujours obtenue. Quand la résection est unilatérale, l’atrophie ne porte que sur le lobe correspondant de la prostate. Les examens histologiques des prostates ont montré que l’atrophie portait sur les éléments musculaire et conjonctif,
Technique opératoire. - Section sous-cutanée. -— Cette opération, de minime importance, n'a plus qu'un intérêt
historique ; en voici le manuel, d’après Lauenstein :
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« Pour faire cette division sous-cutanée du canal déférent, « on commence par le fixer ; je me servis pour cela d’une « épingle de sûreté bouillie dont j'enfonçai d'en haut la « pointe à travers le serotum tendu, 6n la faisant passer « derrière le canal déférent, pour sortir par la peau du « serotum,. Un bistouri fin et pointu est le plus approprié « et le déplacement des extrémités séparées du canal fait « nettement sentir que la discision a eu lieu. Aussitôt « l’épingle retirée, il sortit une substance épaisse, des petites « incisions cutanées et canaliculaires ; les plaies de la peau « se fermèrent sans suture et n'eurent besoin que d’un petit « pansement. Je suis persuadé que cette petite opération est « absolument sans danger quand elle est faite aseptique- « ment et que tout médecin peut l’exécuter. »
D'après Flœrsheim, cette opération expose à la blessure de certains éléments du cordon et peut amener de l’atrophie testiculaire.
Résection entre ligatures. —— [a résection entre ligatures est le procédé de choix parmi les diverses méthodes s’adressant à l'interruption du canal déférent pour obtenir l’atrophie de la prostate.
L'anesthésie choloformique n'est pas nécessaire ; on peut se contenter de quelques injections d’une solution de novocaïne.
On saisit le cordon en masse à sa sortie de l’anneau inguinal, le pinçant de façon à énucléer le canal déférent, toujours reconnaissable à sa consistance, au milieu des éléments du cordon. On fait une incision cutanée de 2 à 4 centimètres, comprenant la peau, le dartos, la fibreuse ; généralement, le
canal se présente de suite. Le canal est dès lors isolé avec
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le plus grand soin et une sonde cannelée esi passée au-dessous de lui. Après dénudation, deux ligatures à la soie n° 2 sont posées à au moins 4 centimètres l’une de l’autre et la portion intermédiaire est réséquée. Deux crins sur la peau terminent cette intervention nullement sanglante et les
suites sont des plus simples.
Après avoir observé
Application au cancer prostatique.
les résultats que donne la résection des canaux déférents dans l’hypertrophie prostatique, il était logique de tenter une intervention semblable dans le cancer de la prostate. Peut-être la déférentotomie pourrait-elle atrophier cette glande atteinte de dégénérescence maligne ; peut-être seulement cette intervention simple obvierait-elle à certains inconvénients et, à défaut de guérison, apporterait-elle une amélioration.
Tytgat à communiqué, à la Société de médecine de Gand, l'histoire d’un malade atteint d’un volumineux carcinome de la prostate, adhérent au rectum et à la paroi pelvienne droite, ulcéré du côté vésical. La lésion provoquait de vives douleurs, s'irradiant à l’aine et dans la cuisse droite; elle causait, de plus, un priapisme incessant, faisant obstacle aux Cathétérismes nécessités par la rétention d'urine.
La déférentoltomie fut pratiquée sous anesthésie locale. Dès le surlendemain, le priapisme disparut complètement et, chose plus extraordinaire, les douleurs cessèrent en quelques jours. Le malade succomba en 3 mois, sans avoir eu jamais à se plaindre de nouvelles souffrances.
Localement, la tumeur aurait diminué.
Voici donc un cas où une intervention insignifiante sur
le canal déférent d’un homme condamné amène une amé-
lioration manifeste. Sans se dissimuler l'extraordinaire d'une amélioration aussi sensible de l'élément douleur, sans chercher le mécanisme exact de la cessation du priapisme, il faut conserver ce cas, attendre: de nouveaux faits et savoir que cette opération est facile, sans danger, et laisse Le champ libre en cas d’insuccès à tous autres moyens théra-
peutiques que l’on jugera utile.
La résection du cordon spermatique sans castration dans la cure herniaire
Morin, dans une thèse de 1906, après Delagenière et Lucas-Championnière, étudie la résection du cordon spermatique sans castration comme opération complémentaire de la cure radicale de la hernie inguinale. Nous n'avons pas à discuter ici la légitimité de cette intervention, applicable seulement aux hernies énormes, véritables éventrations dans lesquelles le chirurgien a avantage à fermer complètement la paroi et, d’autre part, applicables seulement sur des sujets chez lesquels la perte de la fonction séminale d’un testicule ne constitue pas un gros dommage.
Quoi qu'il en soit, deux procédés s'offrent au chirurgien ou bien, au cours de l'opération, il résèque le cordon entre deux ligatures en masse, ou bien, au contraire, chaque organe du cordon est lié séparément, canal déférent d’abord dont la ligature supérieure n’est pas absolument indispensable, puis, par petits paquets, les éléments vasculaires.
C'est à cette dernière méthode qu'il faudra toujours donner la préférence.
Localement, cette ligature du canal déférent à amené,
dans icus les cas, de l'hypertrophie testiculaire et, seulement beaucoup plus tard, de l’atrophie. Nous n'insisterons pas sur les effets de la ligature déférentielle; l’expérimentation
nous ayant déjà largement renseigné sur cette question.