VASO-VÉSICULECTOMIE PAR VOIE INGUINALE
Historique. — Les premiers essais d’extirpation de la vésicule séminale et du déférent par voie inguinale remontent à Villeneuve et à son élève Platon ; ces auteurs furent peu favorisés, puisque, sur 10 tentatives opératoires, le résultat
fut un seul succès et 9 échecs dus à la rupture du canal.
Avec Roux de Lausanne et M”° de Beloseroff, mêmes insuccés : le déférent se rompt 6 fois sur 6 ; aussi les conclusions de ces auteurs sont-elles nettement défavorables.
Weir, Füller, Guelliot, Villeneuve, à la suite d’un nouvel échec, condamnent définitivement le procédé opératoire, lorsque la question est reprise par Baudet et Duval, Baudet et Kendirdjy. C'est surtout à ces auteurs que l’on doit les perfectionnements du procédé par voie inguinale ; c’est done leur méthode que nous décrirons ; nous la faisons précéder toutefois de la méthode de Villeneuve et Platon, la première en date, en y ajoutant les quelques modifications dues à Villard (de Lyon).
Technique opératoire. Procédé de Villeneuve-Platon. — L'incision est funiculo-scrotale et remonte jusqu’à l’ori-
fice inguinal externe. L’épididymectomie faite, « on tire
« progessivement sur le déférent comme sur le ligament « rond dans l'opération d’Alexander, et on effondre peu à « peu avec l'index la paroi postérieure du trajet en se gui- « dant sur la saillie du canal. On peut aussi inciser, si c’est « nécessaire, un des piliers inguinaux. On arrive ainsi à « décoller la vessie ; le doigt reconnaît alors la base de la « prostate et, au-dessus, la vésicule qu'il accroche et « détache. »
Parmi les critiques que suscite un pareil procédé, il faut reconnaître que semblable opération se fait sans le contrôle de la vue. Pourquoi ne pas fendre le canal inguinal et découvrir ainsi la fosse iliaque d’abord, puis la région vésiculaire? Ensuite les tractions sur le cordon, organe fragile et malade, doivent à peu près fatalement aboutir à la rupture et les échecs des inventeurs n’eurent pas d’autre cause. Le déférent, à peine sous-tendu, ne doit servir que de
œuide visuel.
Procédé de Baudet et Duval. — C’est le plus employé aujourd'hui, aussi ne pouvons-nous mieux faire que de reproduire la technique. telle qu'elle se trouve dans fa thèse de Burcker, élève de Baudet (1910).
« Incision sur le funicule, en dedans de l’épine pubienne ; elle descend plus bas, suivant les besoins de l’extirpation déférentielle, épididymaire ou testiculaire : elle remonte, parallèle au trajet inguinal, jusqu'à l’épine iliaque antérieure et supérieure, et se termine à environ deux travers de doigt en dedans d’elle.
« La peau, la graisse incisées et les quelques veines de fa région pincées, l’aponévrose du grand oblique est franche-
ment fendue, le canal inguinal ouvert ; puis le muscle petit
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oblique et le transverse sont sectionnés dans l'axe même de l'incision cutanée ; il faut épargner l'épigastrique au-dessus du pubis.
« Le fascia transversalis est effondré à la sonde cannelée, le péritoine apparaît par sa face externe, On le décolle avec le doigt, de la fosse iliaque, ayant soin de n’entraîner avec lui aucun feuillet aponévrotique.
« I faut laisser contre la paroi pelvienne le feuillet qui
recouvre les vaisseaux, car s'engager sous ce feuillet — et un décollement aveugle nous y conduit facilement — c'est
pénétrer dans la loge vasculaire même, alors qu'il faut rester en dedans d'elle, immédiatement sous le péritoine.
« Le décollement effectué, un large écarteur, une valve à hystérectomie vaginale, refoule en dedans le péritoine et le paquet intestinal (fig. 16).
« Alors seulement, lorsque le champ opératoire est largement exposé à la vue, on recherche le déférent au contact de l’épine pubienne, au sein du plexus pampiniforme, en incisant la gaine du cordon.
« Vers le scrotum, sa dissection est poussée plus ou moins loin, suivant que l’on veut procéder à une déférentectomie simple, à une épididymectomie ou à une castration totale.
« Vers la fosse iliaque, la dissection demande à être poursuivie en observant certaines règles importantes.
« Tout d’abord, il ne faut exercer aucune traction sur le déférent, sous peine de le rompre, puis il faut voir avant de disséquer et ne pas travailler à bout de doigts dans une profondeur obscure.
«IT faut, à partir de ce moment, attaquer les voies géni-
tales par leur face externe, pelvienne.
« Le canal déférent est rejeté en dedans, à la face profonde du péritoine qu'un large écarteur refoule, et disséqué à la
sonde cannelée sans exercer aucune traction sur lui.