‹ Chirurgie du gros intestin, du rectum et de l'anusChapitre 22 sur 53 · PHLEGMONS KT ABCÈS PÉRI-ANAUX ET PÉRI-RECTAUX · texte numérisé non relu

PHLEGMONS KT ABCÈS PÉRI-ANAUX ET PÉRI-RECTAUX

Les véritables abcès profonds, ceux qui se produisent d'emblée dans le creux ischio-rectal reconnaissent d'après notre expérience deux grandes causes : soit, le plus souvent, une ulcération de la paroi postérieure du conduit ano-rectal ; soit chez la femme,

Fig. 16.

Abcès profonds. (Faure et Rieffel).

ï, abcès de l'espace pelvi-rectal supérieur. — II, abcès complexe, parti de la sousmuqueuse et gagnant l'espace pelvi-rectal supérieur et la fosse iscbio-rectalc à travers la paroi rectale et le releveur qui sont perforés.

une inflammation diffuse de la glande vulvo-vaginale. Ils sont aussi parfois la propagation d'un abcès sous-cutanéo-muqueux.

Sjrmptômes et Diagnostic. — Les abcès superficiels qui succèdent à une infection péri-anale ou à un abcès de la marge présentent d'emblée une rougeur diffuse, un gonflement de la région répondant à la base du creux ischio-rectal. La palpation montre l'induration superficielle des téguments ; plus tard ce sera une sensation de rénitence, puis de la fluctuation vraie que l'on perçoit plus nettement par le palper bimanuel, un doigt d'une main dans le rectum, l'autre main sur la tuméfaction cutanée.

Au bout de quelques jours l'épiderme se soulève en une phlyctène noirâtre, la peau se sphacèle et donne issife à un flot

de pus mal lié, horriblement fétide et mélangé de gaz d'origine putride.

Les abcès qui débutent par la profondeur sont les plus fréquents. Ils se manifestent au début par une douleur sourde, profonde, gravative et par des^ phénomènes généraux marqués, fièvre, frissons, langue sèche, teint jaunâtre. L*aspect de la région ne s'est pas encore modifié, mais déjà le palper révèle une induration profonde. Le gonflement apparaît plus tard, gonflement large étendu du coccyx aux organes génitaux d'une part, de Tanus à l'ischion d'autre part. 11 a la forme d'une énorme sangsue placée sur la partie latérale de l'anus, augmentant la profondeur du pli interfessier au fond duquel on aperçoit difficilement l'anus à peine accessible.

La palpation est très douloureuse, mais le doigt a peine à marquer un godet d'oedème sur ces tissus enflammés convertis en une sorte de masse épaisse et lardacée. Ce n'est que tardivement que la peau rougit, s'amincit, se perfore, laissant échapper une grande quantité de pus noirâtre, sale, d'odeur fétide. Des lambeaux de tissus sphacélés l'accompagnent, témoignant de la destruction du contenu de la fosse ischio-rectale.

Le pus ne se fraie que diflicilementun passage à travers cette induration et l'on comprend qu'à l'incision, il jaillisse pour ainsi dire à l'extérieur.

On s'explique par la même raison l'ouverture dans le rectum, les propagations nombreuses, vers le périnée, vers la fesse (grâce aux deux prolongements de la fosse ischio-rectale), vers l'espace pelvi-rectal supérieur ou vers la fosse ischio-rectale du côté opposé.

Il n'est pas toujours facile de distinguer ces phlegmons unilatéraux, des phlegmons superficiels sous-cutanéo-muqueux. Dans ces derniers pourtant le toucher rectal montre que l'ampoule est saine, souple, non déformée, à moins que le décollement sousmuqueux ne remonte très haut comme cela arrive exceptionnel* lement (inter-mural abcess) ; mais même dans ce cas on peut faire le diagnostic car la collection sous-muqueuse séparée du doigt par une mince épaisseur des tissus et manifestement fluc-

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