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FORME ET ASPECT MACROSCOPIQUE

Le néoplasme peut dans son évolution affecter deux tendances bien différentes. Tantôt il bourgeonne, prolifère à l'extérieur : c'est la forme végétante. Tantôt la prolifération est interstitielle, diffuse, avec tendance parfois à la rétraction et à l'atrophie : c'est la forme infiltrée,

i^ Forme végétante. — Au début, à la période pré-ulcéreuse le néoplasme est constitué par une tumeur du volume d'une noix ou d'une châtaigne. C'est une masse de consistance ferme, mal limitée à la périphérie et faisant saillie au-dessous de la muqueuse. Bientôt d'ailleurs cette muqueuse primitivement saine ne tarde pas à être envahie et l'ulcération se produit.

Uulcération existe tout d'abord au centre de la tumeur qui se présente sous forme d'un cratère irrégulier, anfractueux, à fond noirâtre, à bords indurés. Elle s'étend horizontalement suivant la direction des lymphatiques et tend â devenir annulaire. Elle s'étend aussi en hauteur. Sa limite supérieure est tantôt nette, tantôt irrégulière ; sa limite inférieure est en général moins bien marquée.

Les végétations ne tardent pas à couvrir le fond de l'ulcéra-

* Le cancer du côlon pelvien, qui ne s'étend pas au rectum, est un cancer du gros intestin ; nous n'avons pas à nous en occuper ici.

tion. Ce sont d'abord de petits bourgeons, qui peu à peu s'accroissent jusqu'à former de grosses masses en chou-fleur rem-

Fig. 38.

Cancer du rectum à forme bourgeonnante (Quénu et Hartmann).

plissant plus ou moins le calibre de l'intestin. Molles, se laissant pénétrer par l'ongle, elles saignent au moindre contact ; il se produit à leur surface une sorte de suintement qui les recouTre

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d'un enduit fétide ; certaines même se sphacèlent, prennent une teinte noirâtre et tombent en putrilage. Les végétations pâles, œdémateuses, peu vasculaires, appartiennent à l'épithéliome colloïde.

2** Forme infiltrée. — Ici il n'existe pas de tumeur saillante préulcéreuse ; c'est plutôt une induration en nappe, qui envahit les tuniques du rectum, sans qu'on puisse exactement en sentir les limites précises. La surface présente parfois un aspect lisse, mais le plus souvent elle est creusée de fissures, de sillons anfractueux. L'ulcération débute au fond de ces sillons ; des granulations apparaissent, mais il est exceptionnel de les voir se développer en véritables bourgeons, comme dans la forme précédente.

Ce travail d'infiltration progressive envahit toutes les tuniques du rectum et même le tissu cellulaire voisin. Il s'y joint un travail d'inflammation chronique qui augmente encore l'épaississement des parois. Le rectum se trouve transformé en un cylindre rigide et fixe, présentant à peine au centre un étroit canal perméable. C'est le cancer massif. Quand il envahit la région sphinctérienne, l'anus ne pouvant plus se dilater ni se fermer, il en résulte qu'il existe à la fois de l'incontinence et de la rétention.

Dans certains cas, à la prolifération interstitielle fait suite ia sclérose, amenant la rétraction, la diminution de volume des tissus ; c'est la forme atrophique de Vidal de Cassis, analogue au squirrhe du sein ; elle est parfois difficile à distinguer d'un rétrécissement syphilitique du rectum. La confusion est encore plus aisée quand ce cancer atrophique n'existe que sur une faible hauteur. Le nom de cancer en virole caractérise bien cette variété d'ailleurs exceptionnelle .

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