‹ Chirurgie du rectum (volume 2)Chapitre 10 sur 39 · ÉVOLUTION CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION CLINIQUE

assigner une durée déterminée à l'évolution, car on ne sait guère à quelle époque a débuté le polype. Les contractions répétées de l'intestin que provoque le polype ont pour effet de le chasser vers l'anus et parfois de lui en faire franchir l'orifice ; les tractions répétées qu'il subit ont amené dans certains cas la rupture du pédicule et la guérison spontanée (1), les mêmes efforts d'expulsion produisent plus souvent un résultat moins heureux : le prolapsus ; c'est la complication la plus ordinaire des polypes du rectum ; nous devons signaler encore la rectite avec ses douleurs et ses écoulements glaireux, la fissure (Gosselin) et les différentes modifications de l'état général que les troubles fonctionnels précédemment décrits et les hémorrhagies répétées sont susceptibles de produire, à des degrés variables du reste.

Le diagnostic de l'adénome pédiculé est généralement facile : la source (le l'hémorrhagie bien constatée, il y a de fortes présomptions que chez un enfant un saignement d'origine rectale accuse la présence d'un polype.

. C'est à l'exploration digitale de transformer cette présomption en certitude : après qu'on s'est assuré que le sang vient du rectum et qu'il n'existe pas de fissure, on explore lentement et doucement chaque paroi du rectum, on finit par rencontrer une petite tumeur de consistance molle, mobile qu'il est possible parfois d'amener à l'anus, c'est le polype.

Si le toucher ne donne aucun résultat, on peut recourir à une irrigation large du rectum, l'évacuation du lavement ayant quelque chance d'abaisser sinon d'amener au dehors l'çidénome pédiculé.

Pour cette recherche, il est bon d'introduire le doigt dans le rectum on le poussant immédiatement aussi haut que possible. On le ramène ensuite vers l'anus en appuyant doucement la pulpe du doigt sur la luuijueuse dont on explore toute la surface. En procédant ainsi on trouve

(1) Le moignon laissé par la rupture du pédicule l'ourrait, d'après Félizet et Branca, devenir l'origine d'une nouvelle tumeur analogue à, la premiîïre.

l'Y'lizet, appelé pour opérer un polype, arriva auprès de l'enfant m au moment où la tumeur venait de s'éliminer en abandonnant sans hémorrhagie une bonne partie de son pédicule. Deux mois plus tard, on constatait un nouveau polype qui siégeait au point précis qu'occupait l'ancien et qui s'était /);wyit'à coup tûr développé sur son moignon ». (FÉLIZET et Beanca, p. 749.)

ADÉNOMES

presque certainement le polype, tandis que si on le cherche de bas en haut on risque, s'il est très mobile, de le refouler vers les régions supérieures et de la manquer. C'est dans le même but que Chassaignac utilisait un petit ballon en caoutchouc. Il l'introduisait vide dans le rectum, l'insufflait puis le retirait brusquement de manière à amener au dehors muqueuse et polype.

Lorsque les symptômes plaident en faveur de l'adénome et que les résultats du toucher ont été négatifs, on doit faire l'examen au spéculum et mieux au rectoscope.

Le diagnostic différentiel de l'adénome pédicule doit être fait avec le prolapsus, avec toutes les tumeurs pédiculées du rectum et d'autres, après avoir au préalable éliminé V invagination; c'est là, en effet, une erreur possible que signalaient Boyer, Gosselin et que démontre bien l'observation suivante de L.-H. Petit (1).

Ohs. — Invagination intestinale formant une tumeur rectale polypif orme du volume d'un œuf de poule chez un enfant de 11 mois. Ablation. Guérison, par le D"" L.-H. Petit. — Je fus appelé le 20 octobre dernier auprès d'une fillette de 11 mois, pour une oi)slruction du rectum, causée, me dit-on, par un caillot volumineux^ suite d'une hémorrhagic intestinale.

Depuis sa naissance, l'enfant avait toujours été constipée et le plus souvent n'allait à la selle qu'avec un lavement. Depuis l'àgc de 5 mois, la constipation avait été plus marquée et la fillette restait parfois plusieurs jours sans aller à la garde-robe. Dans les premiers jours de septembre dernier, ayant alors 9 mois, elle resta huit jours sans rendre de matières. Elle présenta alors les phénomènes d'un étranglement interne : vomissements, ballonnement du ventre, les yeux très creux, traits tirés, coliques traduites par des cris continuels durant nuit et jour.

A la suite des elforls qu'elle lit et des lavements qu'on lui donna, elle évacua avec les matières une assez grande quantité de sang. Depuis, il ne se passa guère de jours sans que l'enfant rendit du sang par l'aïuis, et le plus souvent sans matières. Le médecin traitant crut à une dysenterie, bien ([u'il n'y eût jamais do diarrhée focale ni de fièvre, et fit suivre un traitement en conséquence : potions calmantes, bains quotidiens prolongés, vésicatoire à l'épigastre, etc.

Au bout d'une quinzaine de jours, la protendue dysenterie continuant, on conduisit la fillette à la consultation de l'hôpital des Enfants où le chef de service remplaçant M. Jules Simon, sans avoir non plus que le médecin ordinaire examiné le rectum, fit le mme diagnosticct prescrivit un traitement analogue.

Au commencement d'octobre, un autre médecin fut appelé qui accepta le diagnostic formulé et fit suivre le même traitement. Cependant les accidents continuaient, surtout la constipation alternant avec l'issue de matières glaireuses et sanguinolentes sentant très mauvais.

(1) Bull, de la Soc.anat., 30 octobre 1896.

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