TRAITEMENT PALLIATIF
l'anus iliaque peut être institué avec ou sans occlusion du bout inférieur. L'occlusion du bout inférieur, dans les 4 cas où elle a été faite dans notre service (hôpital Gocliin), ne nous a pas paru présenter des avantages considérables sur la simple colostomie. Opération des plus bénignes, elle épargne au malade les douleurs de la défécation, elle ralentit la prolifération de la tumeur et très rapidement est suivie d'une diminution considérable des écoulements et des épreintes ; elle supprime souvent les diarrhées incoercibles qui avaient résisté à toutes les médications (1). Enfin elle met à l'abri des menaces d'obstruction suivies de débâcles, si fréquemment observées au cours de l'évolution des cancers du rectum.
Étant donnée l'évolution de l'épithélioma du rectum, évolution qui, si nous laissons de côté les formes massives, est relativement lente, on comprend que l'anus artificiel, qui obvie aux accidents de rétentions aiguës ou subaiguës (accidents d'occlusion) ou chroniques (stercorémie), donne des survies relativement assez longues. Nous en possédons de 1 an 1/2, 2 ans, 2 ans 1/2 et 3 ans, dans des cas de cancers déjà inextirpables de par l'extension trop grande des lésions.
Dans les cas où après l'établissement d'un anus iliaque, il persiste des écoulements abondants, on se trouvera bien de faire des lavages du bout inférieur, à l'aide d'une sonde de Nélaton introduite par l'anus artificiel. Les liquides injectés (solutions antiseptiques diverses, en particulier, solutions faibles de permanganate de potasse et d'eau oxygénée) ressortent par l'anus naturel. On obtient ainsi une amélioration considérable. Si celle-ci ne se produit pas, nous croyons qu'on peut avec avantage pratiquer le curettage des masses rectales bourgeonnantes. C'est, en pareil cas, après établissement d'un anus iliaque préalable que le curettage nous semble surtout présenter des avantages. Ce curettage pourra, au besoin, être répété, mais la curette devra toujours être maniée prudemment et l'opération suivie d'un tamponnement iodoformé du rectum,
(1) QuÉNU. Rev. de chir., 1896.