‹ Chirurgie du rectumChapitre 25 sur 45 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

On a beaucoup écrit sur les rétrécissements du rectum ; tout n'est pas encore dit cependant et bien des points de cette question restent encore discutés. Les auteurs ont, à juste raison, Thabitude de distinguer dans les rétrécissements du rectum diverses variétés : les rétrécissements valvulaires, les spasmodiques, les périrectaux, les cicatriciels, enfin les rétrécissements inflammatoires, de beaucoup les plus fréquents et les plus intéressants.

Les rétrécissements valvulaires^ tenant à l'exagération d'une disposition anatomique de la région, seront étudiés dans le chapitre des vices de conformation.

Nous laisserons de côté les rétrécissements spasmodiques dont l'existence est du reste contestée par la majorité de ceux qui ont étudié la question. Cripps, qui s'en est récemment fait le défenseur, admet qu'à la suite d'une lésion rectale, source d'irritation constante, il peut se produire une contracture des releveurs (constricteurs du rectum, comme on sait), et qu'à cette contracture peut succéder une rétraction fibreuse du muscle. En un mot, au cours de lésions rectales, on pourrait observer des modifications du releveur absolument identiques à celles qu'on constate dans les muscles de la cuisse, à la suite de certaines lésions du genou par exemple.

Les observations qu'il donne, ne sont malheureusement pour sa théorie nullement convaincantes. Si elles établissent, ce que nous admettons, qu'au début d'un rétrécissement la diminution de calibre du conduit peut

(1) Cbipps (Habbibon). Œ^ dueaseê o/the rectum and aniis^ London, 2« éd., 1890, p. 222.

246 nÊTnÉCISSEMENTS

se trouver très exagérée par le spasme concomitant (1), elles ne prouvent nullement qu'au spasme succède une rétraction du muscle (2).

Quant aux rétrécissements spasmodiques purs, se laissant franchir un jour pour devenir infranchissables le lendemain, nous pensons qu'il est actuellement inutile de nous y arrêter ; il est évident qu'il ne s'est agi là que d'erreurs de diagnostic dues à des observateurs inexpérimentés, qui buttaient de temps à autre avec leur sonde contre un repli de la muqueuse rectale.

Le rôle du spasme nous semble donc devoir être limité aux cas où celui-ci complique un rétrécissement organique ; nous n'avons donc pas à écrire un chapitre spécial sur les rétrécissements spasmodiques (3).

Page 1