‹ Chirurgie du rectumChapitre 28 sur 45 · KC · texte numérisé non relu

KC

Fio. 97. (Obs. LIX. Préparation de M. Soubdille.) — Rétréoisimnicnt tuberculeux, e.p.y 6pithélium pavimenteux stratifié. — p., papille?. — u., ulcération. — m., muqueuse. — s. m., BOUS-muqueuse. — e,l., espaces lymphatiques infiltrés. — c., capillaires. — /•*•, follicule tuberculeux.

implantation sur le derme muqueux, est constitué par des cellules cylindriques disposées sur une seule couche. Au-dessus de cette couche cylindrique existent des cellules polyédriques volumineuses, dentelées sur leurs bords, ayant un gros noyau contenant un ou plusieurs nucléoles. Un grand nombre de ces noyaux sont le siège d'un travail actif de karyokinèse. Sur quelques points, plusieurs cellules sont vésiculeuses. Ce sont là des modifications rencontrées à chaque fois qu'un épithélium se trouve au voisinage d'un foyer inflammatoire. En se rapprochant de la surface libre, ces cellules se chargent de nombreuses gouttelettes d'éléidinc et s'aplatissent peu à peu. A la surface même, elles n'apparaissent plus que sous la forme de lamelles aplaties, se disposant en plusieurs

couches superposées, se colorant en jaune par le picro-carmin et sans noyau appréciable. En somme, on se trouve en présence d'un véritable épidcrme développé à la place de répilhétium cylindrique normal.

En un point de la préparation, Tépithélium pavimenteux a lui-même disparu ; le derme, mis à nu, exubérant, infiltré, parcouru par des capillaires nombreux, présente la constitution des bourgeons charnus : c'est une ulcération superficielle du rectum.

En même temps que Tépithélium a subi ces modifications profondes, les glandes en tubes ont complètement disparu, et sur les nombreuses coupes que nous avons pu examiner, il est impossible d'en rencontrer le moindre vestige.

Au-dessous de la couche d'épithélium pavimenteux stratifié, le derme muqueux est infiltré dans toute son étendue par des cellules embryonnaires ; il envoie dans l'épaisseur de l'épithélium des papilles longues et grêles, formées de fibrilles délicates séparées par d'abondantes cellules rondes. Au centre de ces papilles, on constate de fins capillaires.

La musculariê mucosœ, comme les glandes en tubes, a totalement disparu.

La couche sous-muquettse se confond, sans aucune ligne de démarcation, avec la muqueuse elle-même. Cette tunique sous-muqueuse, constituée à l'état normal par une mince couche de tissu conjonctif très lâche, contenant de nombreux vaisseaux artériels et veineux, est ici métamorphosée en une couche épaisse de tissu conjonctif fibreux, où Ton ne rencontre que des capillaires. Sur les coupes, on constate nettement que l'augmentation d'épaisseur des parois rectales est due à l'hypertrophie de cette tunique. Ce tissu conjonctif est séparé en lobules par des capillaires à direction tantôt parallèle à la surface libre de la coupo, tantôt plus ou moins oblique, s'anastomosant ensemble et formant des mailles larges et irrégulières. Ces capillaires sont accompagnés dans toute leur étendue par des traînées de cellules embryonnaires. Celles-ci, au niveau des carrefours anastomotiques des capillaires, s'accumulent en plus grand nombre et forment de véritables nodules périvasculaires.

Cette infiltration n'est pas seulement localisée au pourtour des vaisseaux, elle existe aussi, mais bien moins accentuée, dans toute l'épaisseur de la sous-muqueuse dissociant les faisceaux conjonctifs qui la composent.

En un point de celte couche sous-muqueuse ainsi hypertrophiée, presque immédiatement au-dessous de ce qui paraît correspondre au derme muqueux, existe un follicule tuberculeux composé, formé par une agglomération de cellules embryonnaires. Au centre du tubercule, ces cellules se colorent moins vivement; plusieurs ont pris le type épitbélioïde. On y trouve surtout des cellules géantes typiques, dont le nombre varie, suivant les préparations, de 2 à 8 ou 10. A la périphérie, ce follicule tuberculeux se continue, sans limite bien précise, avec les tissus voisins. Sur certaines préparations, on constate très nettement que le nodule s'est formé autour d'un vaisseau dont la lumière est obstruée par de la matière caséeuse.

Nous avons tenté, à l'aide des méthodes d'Erlich et de Frânkel, la recherche des bacilles dans les cellules géantes ; mais nous n'avons pu obtenir de résultat satisfaisant à ce sujet. En l'absence de résultat positif de ce côté, nous avon» inoculé deux cobayes.

Au-dessous de ce follicule, le tissu fibreux devient plus dense. A la limite profonde de sous-muqueuse, on ne rencontre pas de tunique musculaire. Ce fait est-il dû simplement à ce que la portion enlevée pour l'examen histologiquc ne comprend pas toute l'épaisseur du rectum, ou bien les fibres lisses ont-elles été entraînées dans la même débâcle

nÉTnÉGISSEMENTS INFLAMMATOIRES 281

qui a fait disparaître celle de la muscuîaris mucosœ f Pour le momctit, il est impossible do se prononcer.

Nous avons négligé jusqu*ici de parler de Tétat des vaisseaux; cette étude mérite cependant de fixer notre attention.

Un fait qui frappe au premier examen des coupes, c'est le peu de degré de vascularisation. Tandis qu'à l'état normal, on trouve dans la sous-muqueuse des vaisseaux, artérioles et veinules, très abondants, ici on en note l'absence à peu prés complète. En effet, sur plus de 50 préparations, nous en avons seulement trouvé deux on l'on pût constater une artériote, ù la limite profonde de la sous-muqueuse. Cette artériole, d'ailleurs, ne présente pas d'altérations appréciables. Les seuls vaisseaux qui existent sont les capillaires que nous avons signalés plus haut, leur lumière est étroite, leur paroi cellulaire est un peu gonflée et ils sont entourés sur tout leur trajet par une véritable gaine de cellules rondes. Les deux cobayes inoculés présentent en février des lésions manifestes de tuberculose (noyau casécux local, ganglions caséeux, etc.).

Dans cette observation très complète, il ne peut s'élever aucun doute. M. Sourdillc, pour confirmer les résultats toujours discutables do Thistologie, a pris soin de recourir à la méthode des iik>culations. D'accord avec Texamen microscopique, les recherches expérimentales ont montré qu'on se trouvait bien en présence d'un processus tuberculeux.

Dans un autre cas, dont l'observation clinique manque, il s'agissait d'un rétrécissement considéré comme syphilitique et pour lequel M. Gérard-Marchant fit une rectotomie externe; les lésions dilTéraient de celles de l'observation que nous venons de relater, mais on y trouvait, de même, des lésions histologiquement tuberculeuses.

Obs. LX.— Examen histologique, par M. Sourdille, d'un fragment de rétrécissement extirpé au cours d'une rectotomie par M. Gérard-Marchant.

Les modificalions histologiqucs diffèrent complètement de celles que nous avons décrites dans l'obscrxation précédente. Ce qui domine, c'est l'infillration généralisée de la sous-rauqueuse, dont l'épaisseur est considérablement augmentée.

La muqueuse (w), à part une légère infiltration par des cellules embryonnaires, a consené son aspect normal, et ne présente pas d'épaississement notable. Dans toute l'étendue de la coupe, la couche d'épithélium cylindrique ainsi que les glandes de LieberkUhn se retrouvent dans un état d'intégrité parfaite.

La muscularis mucosœ (c. m.) est très apparente ; quelques-unes des fibres musculaires lisses qui la composent sont dissociées par des cellules rondes ; cependant cette couche n'est pas altérée dans sa disposition ni dans ses éléments essentiels.

C'est surtout dans la soits^muqmuse («. m,) qu'on constate les lésions les plus marquées. Au lieu d'être constituée comme dans l'observation précédente, par une couche épaisse de tissu fibreux, elle est au contraire formée par du'tissu conjonctif jeune où l'on rencontre en abondance des cellules fusiformes.

Ce tissu conjonctif sous-muqueux est, dans toute son étendue, le siège d'une infiltration

RETRECISSEMENTS

(iifTuso, généralisée, mais qui se circonscrit par places pour donner lieu à des follicules tuberculeux (/. t.). Ces follicules siègent dans toute l'épaisseur de la sous-muqueuse; on en trouve immédiatement au-dessous de la mM«cMZari«mM^o«rF, qu'ils refoulent et semblent envahir en partie; d'autres occupent la partie moyenne de cette couche; d'autres enfin sont situés à sa partie la plus profonde; les follicules sont formés de cellules embryonnaires tassées les unes contre les autres, se colorant bien à la périphérie, mais présentant dans les parties centrales une affinité bien moindre pour les mêmes réactifs colorants. Dans tous ces follicules on voit un nombre considérable de cellules géantes. L'infiltration tuberculeuse, pour être plus marquée au niveau de la tunique sous-

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