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CHAPITRE Vlll

ITLCÉRATIONS DU RECTUM

Aucune autre muqueuse n'est plus souvent que la muqueuse du rectum le siège d'ulcérations. Le fait n'est pas très difficile à expliquer : pour qu'une plaie se répare, il importe en effet que non seulement des éléments jeunes se produisent en quantité suffisante, mais encore que ces éléments dits embryonnaires, qu'ils soient issus des vaisseaux par diapédèse ou qu'ils naissent de cellules conjonctives, trouvent des conditions favorables à leur vie et à leur développement. Or, nombreuses sont les causes qui dans le milieu ano-rectal s'opposent à leur évolution complète.

En première ligne prennent place l'infection continuelle de la plaie et son défaut d'immobilité.

L'infection a lieu par toutes les variétés de micro-organismes qui pullulent à l'état normal dans le rectum, ou par ceux que des circonstances accidentelles ont introduits dans le tube digestif, tels le bacille de Koch, le gonocoque, etc.

A ce contact incessant de matières septiques, s'ajoutent encore, pour entraver le travail de réparation, la contraction intestinale et surtout le frottement de matières fécales plus ou moins dures, intervenant comme agents de traumatisme aussi bien que d'inoculations. D'autres circonstances favorisent les effets des inoculations : ces circonstances dépendent essentiellement de l'état anatomique et physiologique antérieur des tissus, de l'état trophique local, de l'intégrité des vaisseaux par exemple, ou du bilan général de la nutrition. S'il est vrai que parmi ces dernières données étiologiques, la plupart sont applicables à toute surface tégumentaire, il faut reconnaître que, par la fréquence de ses altérations vasculaires, le rectum tient la première place. On s'explique donc que chez un grand nombre de sujets, toute atteinte portée à l'intégrité du revêtement muqueux de l'anus et du rectum, puisse être l'origine d'un

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ulcère, que toute rectite, que toute plaie, aboutissent fréquemment à un processus ulcéreux. En revanche, si la réunion communément observée de causes multiples, explique la grande fréquence des ulcères ano-rectaux, elle rend plus diflicilc leur classification : devant une pathogéiiie complexe, il est moins aisé de démêler la part prédominante qui revient à tel ou tel facteur étiologique, d'autant que la cause spécifique, qui a primitivement déterminé la perte de substance, a pu ensuite perdre toute spécificité et ne laisser derrière elle qu'un ulcère banal.

On rencontre dans le rectum : 1® des néoplasmes ulcérés ; 2® des ulcérations tuberculeuses ; 3® des ulcères syphilitiques ; 4** des ulcères de nature vénérienne, non syphilitiques ; 5® des ulcérations au cours ou à la suite de quelques entérites, telles que la dysenterie, certaines entérites des pays chauds, etc., attribuables à des agents microbiens spécifiques; 6® des ulcérations dues à Faction de certains substances toxiques; 7® enfin, toute une classe d'ulcères qu'on pourrait qualifier de simples^ s'il est entendu par là qu'aucune substance spéciale, aucun agent microbien autre que ceux qui banalement habitent l'intestin, n'est rendu responsable de leur développement.

Tableau des ulcérations rectales.

10 Néoplasmes ulcérés.

>- , . i U.brightiques.

U. toxiques... ; -- • w /

^ f U. par le sublime.

U. syphilitiques.

-- , . ^ Chancre mou.

2* U. spécifiques { U. par agents I U- vénériens ^ filennorrhagie.

microbiens | u. de la fièvre typhoïde, étrangers nor- < u. tuberculeuses, malement ï u, dysentériques, au rectum. \ U. de certains entérites coloniales.

U. par dystro- \ U. des cachectiques,

phie générale. \ U. des vieillards.

3* U. simples, c'est-à- 1 u^ p^p dystro- )

dire déterminées ou 1 p^ie bçale. ) ^' variqueuses.

entretenues par les ^ ^ traumati- ( Fissure à l'anus, plaies ulcéreuses de

ques. ( Tanus.

U. liées à Ten- \ , ,. ^ ^ . .. -, ,,.

I U. par corps étrangers. Ententes lollicu-

microorganismes ha< bitant normalement le rectum.

térite rectale

nie reciaie / , .

, . \ laires, etc.

vulgaire. ;

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