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ULCÈRES SIMPLES

microbien ou chimique, étranger au conduit a no-rectal. Ces ulcères trouvent donc par définition leur raison d'être dans Faction sur les parois intestinales du contenu ordinaire du rectum et surtout dans Tétat trophique des parois intestinales. Nous opposons le terme d'ulcères simples à celui d'ulcères spécifiques que nous avons appliqué à tous les -ulcères précédents, reconnaissant pour cause l'action de substances ou de micro-organismes spéciaux.

L'ulcère simple succède le plus souvent à une solution de continuité telle qu'un bouton d'herpès (1), une éraillure occasionnée par le passage d'un bol fécal trop dur, par le séjour de corps étrangers (matières fécales durcies dans un repli de la muqueuse, corps durs, irréguliers, avalés (2), etc.), ou encore par un acte opératoire, un traumatisme (3), etc.

Les auteurs allemands insistent tout particulièrement sur la stase des matières fécales comme cause de certains ulcères rectaux, ils qualifient ces derniers d'ulcères par processus décubital (4). Grawitz (5) provoque chez des jeunes chiens la formation d'ulcères en introduisant des tampons d'ouate dans le rectum.

Dans d'autres cas, l'ulcère est le résultat d'une entérite provoquée par un rétrécissement du rectum, ou toute autre cause non spéciale à cette portion du gros intestin (6).

La solution de continuité reste ulcéreuse pour des raisons dont l'importance est variable suivant les cas. Le siège de la plaie joue parfois le principal rôle. Les moindres éraillures du conduit anal guérissent diffi-

(1) Voy. pour ITierpès anal, Leqbndee. Arch. de méd.y 1853, t. II, p. 171, et B. Babié. Du isona périnéo-génital chez les tuberculeux. Ibidem^ 1887, p. 240.

(2) GkBBNB {Berlin, klin, Woch,^ 1891, XXVIII, p. 34) relate robservation intéressante d'une rectite dTsentériforme ayec excoriation de la muqueuse, occasionnée par Tingestion d'akènes dliélianthes. L'ulcération peut encore être causée par un corps étranger séjournant dans le vagin, témoin l'observation publiée par RicOBD [Soc. anat.^ 1846) d'un pessaire qui avait détruit la cloison recto- vaginale. Lisf ranc fit l'extirpation du pessaire par l'anus.

(3) Par les canules de lavement, par exemple. Nobdmank. Ueher UysmatUohe Làsianen der Mastdarm^, Th. de Bâle, 1887.

(4) NiCKBL. Arch.f.path, Anat,, Berlin, 1892, t. VII, p. 279.

(5) Qbawitz. Statistischer und experim. patholog. Beit. z. Périt. Charité Annalen^ t. XI, et Th. de W. SCHEUKEMANN. (Même institut patbol.), 1890, d'après Nickel.

(6) Telles sont les ulcérations folliculaires décrites par Légendes chez les enfants et qui le retrouvent sur toute la longueur du gros intestin et de l'intestin gr^\Q,(Reefierchsi anatomopathoî, et cliniq, twr qwLqwt maladies de l'enfance, Paria, 1846, p. 371.)

cilement parce que durant la défécation la contraction intempestive des sphincters les livre aux violences et aux souillures des matières fécales ; d'autres fois la plaie, située dans Tampoule, échappe à tout frottement brutal, elle ne subit que Faction infectante du contenu, action insuffisante pour s'opposer à la réparation, s'il n'existait pas une raison plus puissante, telle qu'un état général mauvais ou une nutrition locale défectueuse. Nous pourrions donc diviser les ulcères simples en ulcères trophiques et ulcères non trophiques : ceux-ci, à siège intra-sphinctérien, mériteraient le nom de traumatiques, si l'on voulait dire par là qu'ils sont non pas engendrés, mais entretenus par des traumatismes répétés ; ils sont trop connus sous le nom de fissures ou d'ulcères irritables pour qu'on puisse se hasarder à changer leur dénomination. Les ulcères trophiques s'observent dans le cours de certaines dystrophies générales, en particulier chez les vieillards.

Ils s'observent encore et surtout lorsque la nutrition locale des parois rectales est modifiée sinon compromise par la dégénérescence variqueuse des veines. Pratiquement, l'ulcère simple se réduit à deux groupes : la fissure anale, Tulcère variqueux.

1** Ulcères variqueux du rectum et de l'anus (1). — L'ulcère variqueux du rectum a été pour la première fois décrit par Rokitansky (2), qui l'appela ulcère hémorrhoïdal du rectum.

En France, la première mention en est faite par Péan et Malasscz (3) en 187 1 : Cruveilhier en eiïet n'y avait fait aucune allusion. Ceux qu'il décrit se rapportent à la dysenterie ou à la syphilis du rectum. Notre littérature médicale est très pauvre en documents sur ce sujet, que les Anglais et les Américains ont étudié avec plus d'insistance (4).

(1) Voy. sur les ulcérations variqueuses du rectum et de l'anus, QuéNU. Rer. chirurgie, décembre 1892 et mars 1893.

(2) BOKITANSKT. Patlwl. anat,, vol. III, p. 228. <c Aux autres ulcères destructifs de la muqueuse intestinale déjà cités, nous devons ajouter encore une forme d'ulcère de la muqueuse rectale à la région du sphincter et dont la cause est l'inflammation des hémorrhoïdes ; c'est un ulcère à bords irrégulièrement dentelés ; à sa base se voit assez souvent un réseau artériel provoquant des hémorrhagies considérables.

(3) PÉAN et MALA88EZ. Etudes cliniqvcs sur les ulcératlms atiales^ Paris, 1876.

(4) GiBBS. New-York mrd. Journ., 1892, t. II, p. 93-96. — Kblsbt. Annual of tJtf univpr*al medi4J, se., Phil., 1893, D. 14. — CUBLING, Ball,Cbipp8. Diseuses ofthe Rectum^ etc...

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