‹ Chirurgie du rectumChapitre 6 sur 45 · DU DIAGNOSTIC DES AFFECTIONS DU RECTUM · texte numérisé non relu

DU DIAGNOSTIC DES AFFECTIONS DU RECTUM

En général, le malade atteint de maladie du rectum le sait et l'indique immédiatement au chirurgien qui n'a qu'à déterminer la nature de l'affection pour laquelle on vient le consulter. Toutefois il est bonde rappeler que, dans quelques cas, le malade ignore le siège de l'affection déterminant les troubles dont il souffre, et, par suite, n'attire pas directement l'attention du médecin sur la région malade, 'd'autant que quelquefois, par suite d'un sentiment de pudeur mal comprise, il omet de mentionner les petits symptômes qui auraient mis sur la voie. Le fait se présente en particulier chez la femme, où l'on peut croire aune affection utérine alors que c'est le rectum qui est en cause. Aussi toutes les fois qu'il y a le plus petit doute sur le siège exact de la .maladie, faut-il procéder à l'examen direct du rectum. Celui-ci est commandé d'une manière absolue dans tous les cas d'obstruction intestinale, un cancer du rectum pouvant jusqu'alors être passé inaperçu. Il doit être aussi pratiqué, comme le recommandent AUingham et Bail, lors de certains symptômes assez vagues, tels que diarrhée matinale persistant pendant un temps assez long, alternant avec des attaques de constipation, dyspepsie flatulente, pesanteur pelvienne, douleur sourde le long du sacrum, etc.

Ce ne sont toutefois là que de rares exceptions, et il suffit de laisser le malade exposer les divers accidents qui l'inquiètent pour être à demi renseigné sur la nature de l'affection dont il est atteint. Pour arriver à un diagnostic précis, il faut cependant faire un interrogatoire raisonné et un examen direct aussi complet que possible.

Interrogatoire. — L'interrogatoire doit porter principalement sur les phénomènes douloureux, les écoulements anormaux, les saillies anormales, l'état des fèces expulsées, la manière dont se font les garde robes.

1** Douleur, — Il ne suffit pas de savoir que le malade souffre de la région, il faut savoir dans quelles conditions se produit la douleur. Est-ce à propos de la défécation ou en dehors de la défécation ? D'une manière générale, les douleurs en rapport avec la défécation sont liées à des lésions de l'anus ; celles indépendantes de la défécation, à des lésions plus haut situées, dans le rectum. Les douleurs qui se produisent à propos de la défécation peuvent apparaître au moment même où elle a lieu: elles sont alors directement causées par le passage du bol fécal sur une ulcération, une hémorrhoïde enflammée, etc.; ou, au contraire, commencer au moment de la défécation pour augmenter progressivement, atteindre leur maximum un quart d'heure après, et persister pendant une à deux heures ; ce sont ajors des douleurs causées par des crises de contracture douloureuse du sphincter, liées presque toujours à l'existence d'une fissure.

Dans quelques cas, ce n'est pas à proprement parler de douleurs que se plaint le malade, mais d'une sorte de plénitude douloureuse, avec sensation de corps étranger, fausse envie de garde-robes.

2** Écoulements anormaux, — Y a-t-il écoulement de sang, de pus ou de glaires ?

L'écoulement de sang^ pour acquérir la valeur d'un signe à peu près certain de maladie du rectum, doit présenter un caractère spécial, celui de sang rouge non mélangé aux matières. 11 peut couler au moment de la défécation : c'est le plus souvent un signe d'hémorrhoïdes ; ou en dehors des défécations : c'est alors le plus ordinairement un signe d'ulcération ou de néoplasme.

L'écoulement de pus a une grande importance. Lorsqu'il se produit constamment, il est en rapport avec une lésion locale, fistule suppurante le plus souvent ; lorsqu'il n'a lieu qu'à intervalles, sous forme de garde-robes, soit de pus mêlé à des matières fécales, soit de pus simplement, il correspond à l'évacuation d'une cavité suppurante plus haut

Page 1