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d'autres jointures, mais les circonstances sont naturellement beaucoup moins favorables et l'on ne peut percevoir constamment ce signe avec netteté. On peut tenir pour certain cependant que l'épanchement ne fait jamais défaut.
L'épanchement est susceptible de rétrocéder partiellement pour augmenter plus tard, diminuer encore, sans jamais disparaître tout à fait.
Dès ce moment l'articulation est habituellement déjà le siège de mouvements anormaux.
Cette laxité ne saurait s'atténuer. Bien au contraire les désordres anatomiques s'aggravant sans cesse, l'instabilité de l'articulation ne peut que s'accentuer davantage.
On peut se livrer à un examen très minutieux sans provoquer lasouffrance. Malgré l'étendue des lésions que laisse supposer un tel épanchement, s'accompagnant de mouvements anormaux, de craquements articulaires, d'attitude vicieuse, on voit avec surprise les malades exécuter les mouvements les plus étendus, se lever, marcher avec des claudications effrayantes sans accuser aucune douleur. L'affection est indolente à peu près complètement.
Il arrive un moment où les difformités sont extraordinaires. La jambe se porte dans un valgus ou un varus invraisemblable, et la possibilité de la marche avec de telles dislocations paraît la réalisation du plus étrange paradoxe. Mais l'impotence est liée plus encore à l'incohérence de l'action des muscles qu'à l'-état de l'articulation, et L'on voit des malades tirer un parti presque inconcevable d'articulations conplètement désorganisées. Il se produit des subluxations, des luxations, ou du moins des déplacements très étendus intracapsulaires, dont la réduction s'opère avec une facilité extrême, et presque toujours spontanément. Ces pseudo-luxations se rencontrent particulièrement à l'épaule et à la hanche.
L'usure et la résorption des os entraînent non seulement des attitudes vicieuses, mais des raccourcissements vrais de plusieurs centimètres.
Tôt ou tard d'ailleurs les progrès de la destruction articulaire joints à ceux de la maladie primitive finissent par entrai-
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ner une impotence complète. Le malade devient un triste infirme, alité définitivement si les arthropathies occupent les deux genoux ou les deux hanches.
La forme hypertrophique suppose une réaction différente des tissus qui entrent dans la constitution de l'article, une déchéance moindre, une évolution plus lente. Nous ignorons encore si cette marche spéciale doit être attribuée au terrain sur lequel évolue la maladie, si les arthritiques y sont plus prédisposés.
Ici donc interviennent des néoformations osseuses et cartilagineuses qui par leurs proliférations désordonnées bouleversent la configuration des extrémités osseuses, de l'articulation, de la région tout entière et changent l'attitude et l'aspect des membres. Les attitudes vicieuses ne diffèrent pas essentiellement de celles qui ont été signalées précédemment, elles sont toutefois d'une manière générale moins excessives et moins étranges, et s'accompagnent d'une mobilité anormale bien plus restreinte. Localement la difformité est plus irrégulière, caractérisée par la présence de masses dures entourant ou englobant les extrémités osseuses. Il est souvent impossible de reconnaître, de retrouver ces dernières, de déterminer ce qui leur appartient respectivement. La recherche des mouvements détermine la production de craquements et de frottements rudes. Contrairement à ce qu'on observe dans la forme atrophique il arrive que les mouvements soient limités, en raison de l'imbrication, ou du développement des productions ostéophytiques. Il y a généralement peu de liquide. L'atrophie des muscles périarticulaires est parfois assez prononcée dans cette forme, alors qu'elle est peu accentuée dans la précédente.
Il arrive que Ton note chez certains sujets la coexistence des deux formes, ainsi d'un côté l'arthropathie sera hypertrophique, alors que sur une jointure d'un autre membre elle sera atrophique. 11 semble même que certaines articulations aient une tendance à faire de l'hypertrophie alors que d'autres adopteraient plus volontiers l'évolution du type atrophique. Ainsi ce dernier est très habituel à la hanche et à l'épaule.
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Il est bien plus intéressant encore de voir les deux processus juxtaposés dans la même jointure, la dystrophie se traduisant dans certains points par un processus de destruction rapide, alors que d'autres parties deviennent le siège d'hypertrophies considérables. D'ailleurs il est bien certain que dans l'appréciation clinique de la fréquence des formes hypertrophiques, on peut être aisément induit en erreur. Nombre d'artropathies sont pseudo-hypertrophiques en ce sens que la néoformation osseuse est insignifiante, par rapport aux transformations de la synoviale, de la capsule des parties molles périarticulaires. GelleSrci sont parfois très épaissies, et forment autour de l'articulation une gangue rigide, véritable blindage, rendant tout examen illusoire en ce qui concerne l'état du squelette. On peut s'en assurer d'une part par l'examen de certaines pièces provenant d'amputations, d'autre part en faisant appel aux ressources nouvelles que nous apporte la radiographie. Ce fait s'observe notamment chez les sujets qui marchent, et fatiguent et traumatisent sans cesse l'articulation malade. Du reste dans l'épaisseur de ces coques fibreuses si dures se développent secondairement des plaques cartilagineuses ou osseuses. Il n'est pas démontré que la forme hypertrophique malgré les alliages plus haut mentionnés, conduise tardivement à l'atrophique; on ignore en un mot si ces végétations ostéophytiques sont susceptibles de se résorber comme les os eux-mêmes sur lesquels elles sont implantées, si elles sont transitoires ou permanentes. 11 n'est pas déraisonnable de supposer que ces arthropathies où la production d'os est très abondante tiennent dans une certaine mesure à l'arthrite sèche, qu'il s'agit même d'une sorte d'arthrite sèche évoluant chez des tabétiques. Ce sont d'ailleurs là des faits en somme assez rares dans le tabès que ces artropathies hypertrophiques.
Marche. — L'évolution, quelle que soit la forme atrophique, ou pseudo-hypertrophique, ou même hypertrophiante est la désorganisation rapide ou lente, mais certaine et sans rémission, de l'articulation. D'ailleurs l'affection primitive continue