ARTHROPATHIES DANS LES AFFECTIONS MÉDULLAIRES OU RAGHIDIENNES
Les arthropatbies du tabès et de la syringomiélie ont une importance prépondérante dans le groupe des troubles trophiques articulaires par leur fréquence autant que par leur gravité. Celles dont il nous reste à parler sont des faits beaucoup moins communs et encore imparfaitement étudiés. Au cours d'une foule d'affections du système nerveux central on peut en effet voir éclore des arthropathies, qui toutes ont été mises indistinctement sur le compte de l'affection cérébrale ou médullaire en cours.
11 est probable que parmi les arthropathies sommairement interprétées comme étant d'origine centrale, quelques-unes reconnaissaient une pathogénie tout autre. Il s'agissait par exemple de malades porteurs d'eschare, de plaies suppurant abondamment, ou encore de sujets dont les poumons, ou les voies urinaires étaient infectées. Gomment ne pas songer chez ceux-là à des arthrites secondaires, comparables aux divers rhumatismes infectieux? 11 n'en est pas moins vrai que la plupart des cas paraissent être une conséquence de la lésion centrale, sans que d'ailleurs le mécanisme en soit pour cela bien élucidé.
Les affections cérébrales ont ici une petite part. On voit de I
ÀRTHROPATEÏES D ORIGINE NERVEUSE 4"i{
temps à. autre chez des hémiplégiques par hémorragie, ou ramollissement, des épanchements peu abondants, séreux ou séro-sanguinolents se produire dans le genou, persister indéfiniment, ou disparaître au bout d'un certain temps. Chirurgioalement ces faits sont de nul intérêt.
Les myélopathies, en dehors du tabès et de la syringomyélie, ont donné lieu à de nombreuses manifestations articulaires, peu variées d'ailleurs dans leur expression et dans leur siège. C'est toujours d'épanchement séreux, plus ou moins teinté de sang, qu'il s'agit, avec ou sans attitude vicieuse consécutive. par paralysie du triceps et rétraction des fléchisseurs. On a vu ces faits se produire dans diverses myélites, la maladie de Friedreich, l'hématomyélie, la tuberculose de la moelle (Schlesinger), l'atrophie musculaire progressive. (Londes) et Lemaire (Th. Nancy, 1901) en a fait une bonne revue.
Il est plus intéressant de noter les cas observés au cours de lésions chirurgicales. Ces derniers ont été l'objet de travauxrécents dignes d'attention, de Morandeau (Th. Paris 1899), de Delprat (Th. Paris, 26 oct. 1899), de Ghipault (Soc. Neurologie, ■1er fév. 1900 et État de la chirurgie nerveuse, 1902).
On a observé de ces arthropathies au cours du mal de Pott (Charcot, L anne longue, Vincent, Chipault, Ménard. (Le mal de Pott, 1900). Il y a lieu de se demander maintenant si quelquesunes ne doivent pas être attribuées au rhumatisme tuberculeux, dont les Lyonnais sont entrain d'élargir sans cesse le domaine.
Les tumeurs du rachis ou des méninges (Chipault) seraient encore susceptibles de retentir sur les articulations du membre inférieur.
Enfin les traumatismes rachidiens ouverts ou fermés ont plus d'une fois provoqué ces lésions articulaires, ainsi les coups de feu (Lannelongue), les coups de couteau, comme en témoigne l'observation déjà vieille de Viguès (Moniteur des hôpitaux 1855), celles plus récentes de Joffroy et Salmon, Kirmisson (Soc. Chir. 1885), les fractures (Alessandrini, Morandeau, Delprat, Chipault) .
Lasymptomatologie est assez terne et tout se borne en gêné-
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rai à la constatation d'un épanchement survenu plus ou moins brusquement quelques jours après la lésion.
Encore faut-il avoir soin d'écarter la possibilité d'une lésion traumatique concomitante quand il s'agit d'un traumatisme par chute.
Les lésions sont surtout congestives, mais la radiographie, dans un cas encore unique, avait apporté à Chipault la preuve delà possibilité des déformations osseuses.
Les déviations secondaires par rétractions tendineuses sont susceptibles d'être très prononcées, dans le cas de survie prolongée, et conjointement avec quelques altérations des surfaces articulaires.
On peut être alors amené à une intervention tardive, pratiquée dans un but orthopédique, comme l'a fait avec succès M. Jeanmel, qui pratiqua dans un cas d'arthropathie consécutive aune myélite la résection des deux genoux (Arch. prov. de Chirurgie, 1er août 1893).