‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 112 sur 147 · HOPITAL SAINTE-EUGÉNIE · texte numérisé non relu

HOPITAL SAINTE-EUGÉNIE

M. LE DOCTEUR 0. LANNELONGUE (i

à. tumeur du testicule. — Ligature de l'artère spermatique . Dangers de la castration. — La cassation est sans contredit une opération grave, malgré l'affirmation d'un chirurgien qui dit qu'avec l'écraseur linéaire elle n'a jamais été suivie d'accidents entre ses mains. Sur neuf opérations de ce genre pratiquées par M. Verneuil (2) il y a eu deux morls : une par hémorrhagie, phlegmon et résorption purulente, l'autre par tétanos le 13e jour : dans deux autres cas, la mort a été imminente. — Nous pensons avec M. 0. Lannelongue que l'une des causes principales du danger de la castration est la ligature en masse du cordon. Non-seulement ce procédé, en étreignant les nombreux filets qui entrent dans la constitution de ce dernier, expose aux accidents tétaniques, mais encore il est loin d'être toujours un moyen hémostatique infaillible. Quelle que soit la force que l'on mette à serrer tous les éléments du cordon, le lien se relâche peu à peu, et l'hémorrhagie a tendance à se produire par les vaisseaux centraux qui ont échappé à l'action du fil et souvent par l'artère spermatique elle-même.

M. 0. Lannelongue a renoncé à la ligature en masse depuis qu'il a observé, à la suite de cette méthode, trois faits d'hémorrhagie dont l'un s'est terminé par la mort. Dans ce dernier cas (service de Denonvilliers, 1865) il s'agissait d'un myome du testicule : une double ligature faite avec un fil très-fort fut apposée solidement sur le cordon spermatique que l'on coupa dans l'intervalle ; dans le COUif) 1863, Chirurgien du Bureau central; — 1873, Hospice de Bicêtre ; — 1875, Hôpital Sainte-Eugénie.

(2) Verneuil, Bull, de la Soc. de chir., septembre 18CG.

Gillette. — Chirurgie journ. +0

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rarit de la journée, une hémorrhagie se déclara, se répéta les jouis suivants, el le malade finit par succomber. La ligalure isolée de chacun des vaisseaux du cordon est plus sûre et n'est pas beaucoup plus difficile.

M. 0. Lannelongue, pour se mettre à l'abri des dangers de la castration, et dans le but de déterminer une atrophie de la tumeur testiculaire, a pratiqué, à Bicêtre, la ligature de l'artère spermatique, du même côté, chez un homme de 49 ans : cette tumeur très-dure, de nature squirrheuse à marche rapide (elle datait de 4 ou o mois), avait presque la grosseur de deux poings d'adulte : au bout d'un an, la masse avait diminué au moins des 4/5. Cette ligature n'offre du reste aucune difficulté sérieuse : une incision est faite sur le trajet funiculaire, et, une fois la gaîne fibreuse commune ouverte, on se trouve sur les éléments du cordon : on voit alors l'artère spermatique entre deux groupes de veines un peu dilatées, l'un plus volumineux antérieur, l'autre postérieur plus mince. En comprimant légèrement le cordon en arrière, où se trouve le canal déférent, on exagère la saillie du vaisseau artériel qui est isolé et autour duquel on passe un fil à l'aide de l'aiguille de Deschamps : chez le malade que nous avons observé, la petite plaie ne tarda pas à se cicatriser; pendant les quelques jours qui suivirent l'opération, il survint un gonflement œdémateux et une sensibilité exagérée du scrotum; mais bientôt l'équilibre circulatoire se rétablit, et on vit manifestement la tumeur, en devenant de plus en plus dure, entrer dans une période de décroissance qui s'accentua de jour en jour.

L'idée de faire la ligature de l'artère spermatique pour chercher à atrophier les néoplasmes volumineux du testicule est relatée dans Harvey (1) qui la pratiqua, dit-il, dans un cas avec succès; mai;; nous ne savons pas s'il avait réellement affaire à une tumeur maligne.

Celte ligalure fut également préconisée par Mayor pour la guérison du sarcocèle ; enfin Maunoir, toujours dans le but d'atrophier la glande séminale dégénérée, plaça une double ligalure sur l'artère spermatique, et divisa cette dernière dans l'intervalle ; il conseille aussi, après la ligature, de faire la section complète du cordon.

b. FISTULES ANO-rÉRINÉALES et URÉTURO-PÉRINÉALES ; INDURATIONS

du périnée. — Resection de tous les tissus indurés. — Cautérisations. — Lorsqu'il n'existe qu'une ou deux fistules ano-périnéales complètes

(\) Harvey, Traité de la génération.

mais qu'elles remontent assez haut pour faire craindre l'hémorrhagie si on venait à les opérer par le procédé classique, M. 0. Lannelongue préfère employer (fi g. 560 et 561) la chaîne d'écraseur dont l'inlro-

Fig. 500. — Traitement des fistules anales par l'écrasement linéaire. A, main de l'aide relevant la fesse ; B, écraseur auquel est attachée une extrémité de la chaîne ; C, main droite de l'opérateur dont l'index est dans l'anus, D; E, ouverture de la fistule par laquelle passe la chaîne attachée au fil conducteur et tenue de la main gauche de l'opérateur F (Chassaignac).

duction est parfois assez laborieuse, mais qui met plus sûrement à l'abri de l'écoulement sanguin.

Dans le cas de fistules uréthro-périnéales multiples, s'accompagnant de nombreuses indurations ayant résisté aux moyens ordinaires et déterminant chez le malade des phénomènes locaux et généraux, assez grands pour compromettre l'existence, M. 0. Lannelongue emploie, à l'exemple de Voillemier (1), l'excision ou resection d'une portion du périnée, et voici comment il procède : une fois que le calibre de l'urèllire a été rétabli à peu près complètement, il place dans ce canal la plus grosse sonde en gomme élastique qui puisse y être introduite, et, mettant le malade dans la position de la taille, il commence par inciser sur la sonde cannelée le trajet fistuleux le plus long et le plus central. Disséquant alors

(1) Lannelongue, Gaz. hebdom., 1874, n° 379.

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