‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 134 sur 147 · M. LE DOCTEUR J. LUCAS CHAMPIONNIÈRE · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR J. LUCAS CHAMPIONNIÈRE

1° PLAIES. - FIÈVRE TRAUNIATIQUE-

a. pansements des plaies. — Méthode a" A. Guérin. — Pansement de Lister. — M. L. Championnière, un des premiers, a attiré l'attention (2) sur l'excellent mode de pansement à l'ouate de M. A. Gu'rin. Il l'a mis souvent en pratique et en a obtenu, comme nous tous, de bons résultats.

Ce pansement, comme le dit M. Championnière, répond à trois indications fondamentales :

Il agit d'abord comme pansement rare ;

En second lieu, l'air arrive au contact de la plaie tamisé par l'ouate;

Enfin il agit comme compression élastique.

(1) 1874, Chirurgien du Bureau central; — Suppléant a l'hôpital Lariboisière.

(2) L. Clianipionnière, Journal de méd. et de chir. prat., juillet 1871.

Cette dernière condition n'est pas la moins importante : on sait en effet que la compression jouit de propriétés antiphlogistiques puissantes : elle constitue de plus un obstacle absolu au pus, s'il a quelque tendance à fuser dans les gaines. De plus, les parties enfermées sont constamment maintenues à la température du corps absolument à l'abri de toutes causes de refroidissement. D'une grande commodité, il permet dès le premier jour le transport facile des opérés, il supprime, avec les manœuvres de chaque jour, les douleurs inévitables du traitement après les opérations; il supprime l'emploi d'aides exercés, enfin il constitue une pratique absolument simple, constamment la môme, et ne demande que l'emploi, de substances que l'on trouve partout ou que l'on peut facilement se procurer.

Ce mode de pansement, préconisé par M. A. Gruérin (1), est applicable aux amputations, aux plaies confuses, aux fractures compliquées de plaies, aux plaies articulaires; mais une précaution qu'il ne faut pas négliger est d'examiner chaque jour avec soin la température du malade : le thermomètre est le guide le plus sûr qui vous dise s'il faut laisser en place ou retirer le pansement. C'est une condition sur laquelle insiste avec raison M. L. Championnière, et nous ne manquons jamais d'y satisfaire chaque fois que nou: appliquons ce pansement. Ce chirurgien croit qu'il y aurait aussi avantage à employer une ouate désinfectée. Ce serait, selon lui,, une garantie de plus. Il a employé, avec un certain succès, de l'ouate trempée dans une solution d'acide phénique à 25 p. 100. Plusieurs chirurgiens allemands, Thiersh entre autres, recommandent beaucoup une ouate imprégnée d'acide salicylique. Il n'a pas encore d'expérience pour ce produit, mais il est évident, à priori, surtout pour ceux qui ne mettent qu'une petite quantité d'ouate à la fois, que cette application ne peut être qu'excellente.

Il reconnaît donc au mode de traitement de M. A. Guérin de grands avantages, mais c'est surtout pour le pansement de Lùter (méthode antiseptique) dont il s'est montré le zélé défenseur en France depuis plusieurs années, qu'il conserve toutes ses préférences. Il l'a étudié à sa source, et, désirant faire partager son enthousiasme pour la pratique du chirurgien d'Edimbourg, il lui a dédié l'excellent petit livre qu'il vient de produire sur la chirurgie antiseptique (2).

(1) Voyez le service de M, le Dr A. Guérin.

(2) L. Championnière, Chirurgie antiseptique, principes, mode* a' application et résultats du pansement de Lister, avec fig., 1876-

702 BUREAU CENTRAL. — LE DOCTEUR J. LUCAS CllAMPIONNIÈRE.

La théorie de ce mode de pansement ou plutôt de cette méthode repose sur l'effet pernicieux que les germes atmosphériques déterminent : ils provoquent la suppuration, la putréfaction du sang eL celle des liquides animaux et par ce processus ils engendrent les complications des plaies.

Le chirurgien, dit le chirurgien d:Édimhourg dans son langage pittoresque, doit voir les germes dans l'atmosphère, comme nous voyons les oiseaux dans le ciel! Tel est le point capital qui permet d'éviter les accidents des plaies.

Outre l'accès des germes, éviter l'excès de tension dans les tissus et faciliter l'écoulement des liquides en excès, éviter l'irritation directe de ces tissus vivants et la présence de corps étrangers (fil à ligature).

Pratique du pansement :

Propreté minutieuse. Plonger tous les instruments, les éponges dans un hain fermenticide phéniqué ;

Purifier les mains de l'opérateur et des aides ;

Jet phéniqué pulvérisé se répandant dans l'atmosphère des opérations et des pansements.

!Eau 1000 gr. ; „. . . . • .

° l Champ opératoire nettoyé.

Ac Dhéiiia ) Instruments.

ac. pneinq. ... j p

Cristallisé, j ^ °'-f ^P011^-

Eau 1000

Solution aqueuse faible.

V0/100 ) Ac. pliéniq.

Cristallisé

Mains.

I Lavages.

25 gr. / Pulvérisation.

Appareil à pulvéï'isation. — Appareil analogue à celui de Richardson ou pulvérisateur à vapeur de Lister qui marche seul par le moyen d'un jet de vapeur qui pulvérise l'eau comme le courant d'air la pulvérise dans l'appareil de Richardson. M. L. Championnière a fait construire par M. Collin un appareil plus puissant et moins fatigant. C'est le même appareil que celui de Richardson (tig. 624) avec tubes de verre, tel qu'on le trouve à la maison Gharrière : seulement le flacon porte trois tubes recourbés au lieu d'un seul : on peut les faire diverger un peu de telle sorte que les trois jets pulvérisés couvrent un espace considérable. Le système du soufflet avec un ballon intermédiaire régularisateur est le même, mais ces parties de l'appareil sont beaucoup plus volumineuses : le soufflet aplati est mis à terre et se manœuvre avec le pied.

Une fois l'opération achevée, continuer à entretenir autour de la

Fig. 624. — Pulvérisateur se manœuvrant par la pression du pied.

plaie une atmosphère antiseptique à l'aide de la gaze antiseptique, élément essentiel du pansement.

Protective. — Le pansement devant dégager constamment de l'acide phénique, on recouvre la ligne de réunion et les parties dénudées qui doivent être mises à l'abri de son action incessante et irritante, par le protective, taffetas vert gommé modifié qurn'arien de fermenticide, qui joue simplement le rôle de protecteur et qui se prépare en prenant de la soie huilée commune qu'on enduit sur ses deux faces d'une très-mince couche de vernis copal : lorsque ce vernis est sec, on applique sur les deux faces, à l'aide d'un pinceau, une très-mince couche du mélange :

Dextrine ■

Amidon pulvérisé •

Solution froide d'acide phénique à 2 1/2 p. 100.

7 parties.

Le protective mouillé préalablement dans l'eau phéniquée faible est placé sur la plaie et ne la dépasse que très-peu.

Gaze antiseptique et mackintosh. — Cette gaze, de consistance de

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