HOPITAL DE LA PITIE. — LE DOCTEUR LEON LABBÉ
dans l'urèthre comme pour l'opération de la taille, passage du trocart à droite, puis à gauche (de la peau jusque vers la cavité rectale) permettant de faire cheminer la chaîne à travers la canule et de la faire ressortir par l'anus ; écrasement de ces ponts rectaux. — Circonscrire l'anus avec le couteau galvanique et remonter aussi haut que possible; délimiter la hauteur à laquelle s'arrête le produit morbide dont on enlève successivement les segments avec des chaînes d'écraseur, après avoir attiré en bas toute la partie inférieure du rectum ainsi disséquée.
b. Tumeur hémorhiîoidaire végétante. — Tumeur fibreuse pédiculée. — Écrasement linéaire. — C'estsurles difficultés qu'on éprouve parfois à bien établir le diagnostic, et par suile les indications thérapeutiques dans le cas de tumeurs intra-rectales, qu'insiste principalement M. L. Labbé. Il est toujours, selon lui, nécessaire^ indispensable même, non-seulement de pratiquer le toucher, mais encore, lorsque ce dernier ne donne pas un résultat satisfaisant, d'engager le malade à faire des efforts de défécation séance tenante. Nous l'avons entendu citer les deux exemples suivants à l'appui de cette assertion :
a. Le toucher n'avait rien dévoilé chez un homme se plaignant de pesanteur anale, d'écoulement sanieux et séro-sanguinolent. On lui fait faire des efforts de défécation et on voit sortir une énorme tumeur hémorrhoïdaire végétante, en forme de crête de coq, qui avait produit chez lui une anémie considérable.
(à. Un homme venu de Lyon prétend que chaque jour, depuis dix ans, il sort de l'anus, pendant la défécation, une tumeur volumineuse. On pratique le toucher qui ne vous révèle absolument rien ; on engage le malade à aller à la selle et on voit en effet venir faire issue une énorme tumeur fibreuse piriforme pédiculée, mais à large base. Pour faire rentrer sa tumeur, cet homme est obligé de la masser pendant près d'une demi-heure en la pressant en divers sens sur l'angle d'un meuble.
Une fois le diagnostic bien établi, la thérapeutique est des plus simples. C'est la ligature ou l'écrasement linéaire que choisit M. L. Labbé en produisant une striction lente et graduée. Si le pédicule est trop large, il le traverse avec un trocart, ce qui lui permet d'en pratiquer la section à l'aide de deux écraseurs qui agissent simultanément. — On pourrait en ce cas utiliser, selon nous, avec avantage la ligature élastique dont les chirurgiens anglais font actuellement un grand usage.
3° AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES ET DU PÉRINÉE (HOMME ET FEMME).
a. Rétention d'urine. — Ponction capillaire aspiratnce. — A l'exemple de M. Gosselin, ce chirurgien croit que ces ponctions faites avec l'aspirateur de Dieulafoy peuvent même être répétées sans aucun accident dans les cas où les rétrécissements profonds rendent le cathéterisme impossible. Il se sert du trocart d'un tiers de millimètre : une fois la vessie vidée, retirer la canule-trocart brusquement et appliquer, si l'on veut, un carré de baudruche avec collodion.
b. Épithélioma du col utérin . — Emploi de la galvano-caustique thermique. — Il fait usage du fer rouge, largement appliqué surtout dans les épithéliomes sessiles (en plaque) à peine saillants, et le préfère en tout cas à l'emploi du caustique de Filhos dont se servait Amussat père. Le cautère actuel est, du reste, un bon moyen complémentaire quand on a opéré soit avec l'écraseur linéaire, soit avec la galvano-caustique. Il est presque toujours indispensable d'y avoir aussi recours, si on a procédé avec l'instrument tranchant qui permet une dissection plus minutieuse et plus complète, mais qui a l'inconvénient de donner lieu presque toujours aune hémorrhagie plus ou moins abondante. Ce chirurgien est enfin peu enclin à employer la ligature lentement serrée de M. Courty, de Montpellier, parce qu'elle provoque le plus souvent des douleurs prolongées.
Il préfère de beaucoup l'usage de l'anse galvano-caustique thermique qui permet
Fig. 1 15. — Anse coupante du porte-cautère électrique.
A, barillets d'ivoire sur lesquels s'enroulent les chefs terminaux du fil de platine ; B, anse coupante; C, coulant à l'aide duquel on ouvre ou ferme le circuit; D, insertion sur le porte-cautère .ordinaire des colonnes métalliques qui prolongent les tiges inférieures ; E extrémités auxquelles s'adaptent les fils de la pile ; G, fil de platine disposé en forme de cautère olivaire .
HOPITAL DE LA PITIÉ