INFLAMMATIONS
Phlegmon de la main et de l'avant-bras. — Incisions suivant le trajet des vaisseaux. — D'après ce professeur (2), les lymphatiques du membre supérieur jouent un rôle beaucoup plus important qu'on ne l'avait jusqu'ici supposé. Tous ces phlegmons ou abcès seraient (3) le résultat d'une angioleucite suppurée des troncs lymphatiques profonds de l'avant-bras. Les collections purulentes du reste ont un siège absolument fixe : elles correspondent exactement au trajet des artères principales du membre, radiales, cubitales, interosseuses : elles fusent, quand elles sont abandonnées à elles-mêmes, dans tous les sens et dissèquent les différentes couches de l'avantbras. Il est indiqué de les ouvrir de bonne heure et de faire pour
(1) Duplay, Bull, de la Soc. de chi>\, 24 novembre 1875.
(2) Dolbeau, Bull, thërap., 29 février 1872.
(3) H. Chevalet, Des phlegmons angioleucitiques du membre supérieur, th. inaug.,
cela de longues incisions rappelant exactement celles qui sont recommandées pour pratiquer méthodiquement la ligature des artères du membre. De cette façon, on est certain de rencontrer la gaine où se trouve le pus et on évite la blessure des gros troncs.
L'incertitude du diagnostic faisait qu'on différait trop longtemps dans la crainte de plonger le bistouri au hasard dans une région très-vasculaire. Par le procédé de M. Dolbeau, on a un moyen sûr d'aller rechercher le pus, alors que la fluctuation est encore trèsdouteuse. Ce professeur, généralisant cette manière de voir, serait disposé à croire que ce qu'on appelle les abcès de la gaîne du biceps, de la gaîne du couturier, ne sont que des angioleucites tronculaires profondes suppurées.
a. Ectropion. — Hétêroplastie. — M. Le Fort a essayé une fois avec un plein succès la transplantation d'un lambeau comprenant tout le derme pris chez le malade lui-même et complètement détaché, sur une surface cruentée préparée à dessein au niveau de la paupière. Voilà comment il a conduit cette opération auto-hétéro-plastique : il pratique sur la paupière, de façon à réduire l'ectropion, une incision horizontale aux extrémités de laquelle tombent deux autres incisions verlicales: il résulte, après la dissection et le retrait du bord libre de la paupière, une surface saignante, sur laquelle il fixe, sans employer de suture, mais seulement à l'aide des bandes collodionnées, un petit lambeau détaché entièrement, comprenant toute l'épaisseur du derme et qu'il a emprunté à la face externe du bras.
b. Entropion. — Trichiasis. — Excision linéaire. Mouvement de bascule de la paupière. — L'arrachement des cils qui se pratique avec une petite pince (fig. 138) dont les mors recourbés se terminent par une surface plate n'est la plupart du temps qu'une méthode pal-
(t) 18G3, chirurgien du Bureau central; —1865, hôpital du Midi; —1867, hôpital Cocliin; — 1872, hôpital Lariboisière; — 1872, hôpital Beaujon.
liative. La physiologie pathologique du trichiasis est facile à saisir et conduit au mode de thérapeutique employé par M. Le Fort. Le début se fait par la blépharite chronique qui intéresse les bulbes pileux. Ces derniers s'atrophient, se rapetissent et en se rétractant attirent peu à peu les cils en arrière. Le contact des cils sur la
Fig. 138. — Pince à an-ackement des cils.
face antérieure de la cornée détermine le blépharoptose (clignement des paupières) qui, par le fait du retournement des cils, devient lui-même la cause de l'irritation du globe oculaire. De plus il vient s'ajouter encore un phimosis palpébral qui exagère le renversement du bord libre en dedans. M. Le Fort enlève une portion linéaire, non pas de ce bord libre, mais de la face antérieure de la paupière, et il réunit les deux bords de la solution de continuité par une suture, de façon à faire éprouver un mouvement de bascule antérieur à cette paupière.
c. Kérato-conjonctivite chronique à répétition. — Tonsure conjonctivale. — M. Le Fort emploie volontiers, après avoir épuisé tous les moyens préconisés contre cette affection rebelle, la tonsure conjonctivale suivie ou non immédiatement du badigeonnage avec la solution au nitrate d'argent dont Furnari ne manquait pas de faire un usage constant. Pour que cette tonsure ait quelque chance d'avoir un résultat un peu efficace, il pense avec juste raison qu'il est nécessaire de la répéter sur le même œil un certain nombre de fois et de ne point se contenter d'une seule opération.
g?. .Blessure de l'œil (Plaie de la cornée). — Compression. Atropine. Cautérisation. — Dans ce cas, généralement, les lèvres de la solution de continuité sont plus ou moins saillantes en avant, parce que l'orifice tend toujours à s'ouvrir en raison de la tension intra-oculaire. La première indication est donc d'exercer à la surface du globe de l'œil une légère compression qui s'oppose à ce que l'ouverture de la plaie cornéenne s'agrandisse. — En pareille circonstance, souvent l'iris, perdant sa coloration normale, devient le siège d'une inflammation et va se fixer au fond de la plaie de la cornée ; il y a, par conséquent, une seconde indication à remplir : empêcher la hernie de ce diaphragme: on y satisfait par l'emploi de collyre à l'atropine. Dans ces kératites traumaliques, la photophobie est en général modérée, et, en tout cas, bien moindre que
dans les kéralites spontanées: il n'y a donc aucune indication d'urgence à remplir à cet égard. Enfin M. Le Fort ne serait pas éloigné de croire à l'efficacité d'une légère cautérisation des lèvres de la plaie cornéenne.
e. Glaucome aiguë. — Paracentèse scléroticale. — Selon M. Le Fort, cette affection ne serait qu'une hydropisie de la séreuse qui sépare la choroïde de la sclérotique : cette lésion en explique du reste tous les symptômes. Il rejette donc les théories de de Grœfe et de
Fig;. 139. — Coutecncx lancéolaires.
Fis