PLAIES. - AFFECTIONS DU RECTUM
a. Pansement des plaies. — Balnéation. — Au moment de la blessure, ne point chercher à faire un diagnostic anatomique trop approfondi de la lésion, quand la chose n'est pas indispensable. Ce diagnostic scientifique ne doit jamais venir qu'en seconde ligne : repos, immobilisation, hyponarthécie, pansements rares.
Il n'emploie presque jamais le cérat, le diachylon, les cataplasmes, les éponges, la charpie : il se contente de laver la solution de continuité au moyen d'un jet d'eau alcoolisée, camphrée, fourni par un tube de caoutchouc aboutissant à un seau suspendu à une tringle du lit du malade. Il évite de toucher, de sonder la plaie, de faire saigner les bourgeons charnus, et, avant de se servir des instruments (pince à anneau, sonde cannelée, sonde de femme), il a soin de les tremper dans l'alcool camphré pour se mettre le plus possible à l'abri de l'érysipèle ou de l'infection purulente.
Le pansement rationnel, dit par balnéation, consiste simplement dans l'application d'une ou de plusieurs compresses bien fines trempées dans l'eau additionnée ou non d'alcool camphré et maintenues constamment humides et à la même température par un morceau de tissu imperméable (toile gommée, toile de caoutchouc laminé) qui empêche l'évaporation, et permet de renouveler le pan-
sèment, si besoin est, sans provoquer aucune souffrance chez le
malade. — Bonne hygiène.
b. RÉTRÉCISSEMENT DU RECTUM. —
Électrolyse. — M. Le Fort a fait usage de ce moyen et avec succès dans un
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Fig. 152. — Trembleur de l'appareil de Trouvé, représenté au double de su grandeur.
La bobine B se compose d'un fer doux formé d'une feuille de tôle excessivement mince, roulée en hélice et entourée d'un tube de cuivre graduateur dont on voit la tête en 0. Le fil inducteur et le fil induit sont bout à bout. Le premier forme six couches, le second dix-huit. La pile étant placée sur son couvercle, et les deux rhéophores aboutissant aux boutons M et M' de la bobine on obtient l'interruption à l'aide d'un trembleur très-ingénieux, qui est remarquable par la précision avec laquelle il fonctionne et par le petit volume qu'il occupe.
La pièce A (fig. 152) est en contact, en fer doux articulé à l'une de ses extrémités et soulevé à l'autre par un petit ressort en platine. La longueur active de celui-ci est réglée par une goupille entraînée par un levier mobile qu'on pousse soit vers L, soit vers V. Dans le premier cas, l'excursion du contact étant plus grande, les oscillations deviennent plus lentes ; dans le second cas, l'excursion étant plus petite, les oscillations deviennent plus rapides et la vitesse du trembleur devient plus grande. L'extrémité inférieure de la bobine porte quatre boutons qui permettent d'obtenir des effets variés. Les boutons I' et J' donnent l'extracourant de deux couches (fig. 151); ceux qui sont marqués I et 1' donnent l'extra-courant complet; les boutons I et J donnent le courant induit seul, enfin les boutons } et I' donnent l'ensemble des deux courants. Les interruptions isolées se font à la main. Pour cela on enlève la pince P', et on appuie le pôle de la pile Fig. 151. — Appareil Volta faradi- directement sur un petit bouton que porte la bobine
que de Trouvé, monté pour fonc- entre M et M'. Les chocs correspondent aux interrup-
tionner(l/2 gr.). . tions du courant.
cas où le rétrécissement très-dur situé à 9 ou 10 centimètres de l'anus n'eût été atteint qu'avec peine par une autre méthode.
Une canule en gutta-percha (1), contenant deux fils de cuivre faisant saillie à sa surface, fut introduite pendant la nuit, pendant 10 à 12 heures, et les fils mis en communication avec 4 éléments de Trouvé (pile Irès-commode à étui en caoutchouc durci appelée pile hermétique) (fig. loi et 152), formée d'un cylindre en zinc et d'eau chargée de 3 grammes de hisulfate de mer cure qui ne fonctionne que lorsqu'on la renverse de façon à ce que le couvercle soit en bas. L'autre poli était appliqué sur le ventre. Les fils produisaient de petites eschares en même temps que le cône agissait comme dilatateur. Après un mois, la malade sortit de l'hôpital comme guérie.
Paralysie réflexe. — Atrophie. — Contractures. — Courants continus faibles. — Cette paralysie réflexe peut s'observer du côté des muscles de l'épaule, du bras ou de l'avant-bras, soit à la suite d'une simple contusion, soit à la suite de luxation de l'épaule même sans qu'il y ait lésion directe des nerfs du plexus brachial par la tête de l'humérus. M. Le Fort aurait tendance à l'expliquer par un trouble trophique sous la dépendance d'un phénomène d'ordre réflexe et se caractérisant par une atrophie graduelle des masses musculaires qui peut être portée extrêmement loin. Il emploie, en pareil cas, le traitement par la faradisation ou courants continus faibles avec un grand nombre d'éléments dont l'effet immédiat ne donne même pas lieu à la moindre contraction musculaire. C'est encore à ce mode de thérapeutique qu'il s'adresse dans certaines variétés de pied-bot qui ne sont pas justiciables de la ténotomie, parce qu'elles sont dues à une altération du tissu musculaire donnant lieu à une paralysie atrophique ou à des contractures.
(1) Le Fort, Bullet. de la Soc. de chir., février 1873.