M. LE DOCTEUR DESORMEAUX
1° ÂNESTHESIE. - PLAIES. - FISTULES.
a. Anesthésie locale. — Êther. — M. Desormeaux emploie fréquemment l'anesthésie locale, mais seulement quand il s'agit de parties du corps parfaitement isolées et dont l'épaisseur est relativement peu considérable (doigt — orteil). Les résultats que cette méthode lui a donnés pour les régions plus volumineuses ne lui ont pas paru très-satisfaisants. Le mélange réfrigérant de J. Arnolt (glace et sel marin), qui produit incontestablement une modification profonde dans la sensibilité des parties, n'est pas généralement adopté par lui, non pas qu'il lui paraisse insuffisant, mais parce qu'il est sujet à certains inconvénients, tels qu'une réaction inflammatoire très-intense ou même la production d'eschares (surtout si l'action se prolonge assez longtemps) qui ne sont, il est vrai, que superficielles : de plus, l'application de ce mélange est presque toujours très-douloureuse. Il donne la préférence à Yéther projeté sur la partie à l'aide de l'appareil de Richardson (fig. 154) qui donne un jet de pulvérisation sans intermittence ou simplement vaporisé au soufflet.
b. Pansements des plaies. — Glycérolé d'amidon. — Ce chirurgien ne fait que peu usage des corps gras et du cératen particulier, dans le traitement des solutions de continuité. Il emploie plutôt les pansements humides. Le glycérolé d'amidon, étendu sur un linge ou un gâteau de charpie (amidon, 250 gr. traité par l'eau bouillante, puis mêlé à la glycérine, 2 kilogr., trituration), lui paraît un bon moyen; en effet, il entretient une propreté constante, n'est point
(1) 1849, chirurgien du Bureau central; — 1856, hospice de la Maternité; — 1859, hôpital de Lourcine; — 1860, hôpital Cochin; — 1862, hôpital Necker.
irritant, ne forme pas de magma crustacé en se mélangeant au pus, et favorise la production de bourgeons rosés et non exubérants. De plus, ce glycérolé, qu'il emploie généralement pur, peut, suivant les indications, être mélangé au tannin et à différents extraits qui
Fig. 153. — Pulvérisateur de Richardson.
s'y dissolvent complètement; grâce a ce moyen, on peut appliquer sur les plaies et selon les besoins, des pansements inertes, astringents, antipblogistiques, désinfectants ou coagulants.
Il emploie souvent aussi, dans les cas de traumatisme grave des membres avec plaies, l'irrigation continue. Ainsi M. L. Rey a publié trois observations relatives à un cas de fracture transversale de la rotule droite avec plaie pénétrante de l'articulation, un cas de fracture de l'olécrâne droit avec plaie pénétrante, un troisième de plaie pénétrante de l'articulation radiocarpienne, dans lesquelles l'auteur attribue la guérison au mode de traitement suivi par M. Desormeaux et qui a consisté dans l'irrigation continue avec de l'eau dégourdie (1).
(1) Desormeaux, Union médic, p. 20G, 13 février 1S73.