C. ÉLIMINATION SPONTANÉE DE LA JAMBE, SUITE DE LA GANGRÈNE
saillie des os. — Evidement. — Dans un cas de ce genre que nous avons observé dans son service à la suite de gangrène sénile de la ■jambe droite, la cicatrisation s'était achevée en laissant les deux os faire une saillie qui était la cause d'ulcérations fort douloureuses. — M. Péan est d'avis que, moins l'on touche à ces extrémités osseuses,
Fig. 201. — Gouge.
mieux cela vaut; cependant, pour rendre la cicatrice plus complète et plus régulière, et mettre un terme aux ulcérations, il croit parfois utile de pratiquer l'évidement des os.
Il emploie, à cet effet, soit la gouge ordinaire et le maillet (fig. 201
Fig. 202. — Marteau.
ei 202), soit plutôt la gouge de Legouest, plus petite, plus solide que la précédente, à branche résistante et pesante tout à la fois, et qui
P.OEEPT ETCOLLIN
Fig. 203. — Gouge de Legouest.
peut (fig. 203) servir dans le plus grand nombre des cas. Cette gouge sculpte les os les plus durs, sous l'impulsion de la main, avec une incroyable facilité.
3° PLAIES D'OPÉRATIONS.- HÉMOSTASE.
forcipressure. — Pinces hémostatiques. — Dans le cours de ses opérations, M. Péan ne s'arrête pas à chaque artère divisée pour placer une ligature, il continue après avoir saisi le vaisseau avec
AFFECTIONS KYSTIQUES. 293
une pince qu'il se borne à laisser dans la plaie jusqu'à hémostase complète (1). Les pinces dont il se sert sont les pinces à anneaux
modifiés et à arrêts (fig. 201) , les pinces en T, triangulaires ou losangiques et les serres-fortes droites et courbes (fig. 205) ; à l'aide de pinces à mors de courbures différentes , il fait également pour les tumeurs (tumeurs érectiles principalement) l'hémostasie prévenlive (2).
Fig. 204. — Pinces hémostatiques de Péan.
i, pince hémostatique, modifiée par M. Aubry. — 2, pince hémostatique en T. — 3, pince hémostatique losangique. — 4, pince hémostatique triangulaire à coins ronds. — 5, pince hémostatique triangulaire.
Fig. 205. —
Serres-fortes droites et courbes.
4° AFFECTIONS KYSTIQUES.
a. spina-bifida. — Ponction. • — Badigeonnage au collodion. — Compression légère. — Le procédé qui expose le moins à l'entrée de l'air dans la cavité rachidienne et auquel M. Péan a recours de préférence est la ponction simple avec un trocart fin, suivie immédiatement après de l'application d'une couche de collodion élastique; une
(1) Deny et Exchaquet, De la forcipressure ou de l'application des pinces à Vliémostasie chirurgicale, 1875.
(2) Voir le service du professeur Verneuil.
légère compression est également exercée sur la poche. Si le liquide se reproduit, comme cela est d'ordinaire, quelques jours après il renouvelle la ponction. Si la tumeur s'affaisse, il réapplique du collodion à mesure qu'elle diminue. Il est clair que ce procédé ne peut réussir que dans les cas les plus simples et qu'il échoue, comme tous les autres, quand le kyste renferme une partie du centre nerveux confondue avec ses parois.
b. KYSTE SYNOVIAL, GANGLION DU POIGNET ET DE LA FACE DORSALE DU
pied. ■ — Ponction sous-cutanée, compression. — M. Péan n'a qu'une médiocre confiance dans l'application des topiques résolutifs et dans l'emploi des vésicatoires répétés ou de la compression et de l'écrasement. Comme ces kystes contiennent lé plus souvent une sorte de gelée de coing ou de groseille, cette masse ne sort pas aisément par la canule du trocart, aussi la ponction suivie de l'injection iodée n'est guère applicable, à moins de volume considérable de la tumeur. . — Après avoir fixé et tendu le plus possible le kyste, en faisant prendre à la partie une position forcée qui varie selon la région à laquelle on a affaire, il pratique dans son intérieur une ponction sous-cutanée avec un bistouri étroit et en déplaçant la peau qui recouvre la tumeur; par des pressions exercées sur cette dernière il en fait sortir l'intérieur et, immédiatement après, il exerce une compression (rondelles d'amadou — ouate) qu'il laisse à demeure un temps illimité, à moins qu'il ne survienne des accidents inflammatoires. Il a soin, afin d'avoir un point d'appui pour la compression, de placer la main ou le pied (doigts ou orteils étendus)
Fig. 206. — Palette ou attelle palmaire digitee.
Fig. 207. — Semelle pour soutenir la plante des pieds.
(fig. 206 et 207) sur une petite palette qui peut, suivant les besoins, se prolonger plus ou moins haut sous forme d'attelle pour l'avantbras. Nous l'avons vu également opérer de cette façon un kyste synovial ou ganglion de la face dorsale du pied gauche, datant de six semaines chez un jeune homme de trente ans qui en rejetait la cause sur son métier de trotteur. — Il est à craindre, si on ouvre ou si