C. EXPLORATION DE l'aRRIÈRE-CAYITÉ DES FOSSES NASALES. — RM
noscope. — Une pince relevant la luette et portant à son extrémité un miroir réflecteur qui permet d'explorer l'arrière-cavité des
(1) Voyez le Service du professeur Eichet, fig. 9.
fosses nasales a été imaginée par M. Duplay (1) : cet instrument se
Fig. 235. — Polype de l'oreille. Ligature.
Fig. 236. — Rhinoscope de S. Duplay.
compose de deux longues branches coudées (fig. 236) : l'une fixe se (1) Duplay, Bull, de l'Acad. de méd., t. XXXIV, p. 1066, 9 nov. 1869.
termine par un miroir dont l'inclinaison peut être modifiée à volonté ; l'autre agissant à l'aide d'un double levier sur la première fait mouvoir un anneau placé en avant du miroir et destiné à relever la luette et le voile du palais. Le miroir recouvert de l'anneau mobile, étant introduit derrière le voile du palais jusqu'au contact de la paroi pharyngienne postérieure, une pression exercée sur les longues branches de l'instrument fait agir l'anneau mobile qui se relève et s'écarte en même temps, repoussant en avant la luette et le voile du palais. Avec un bon éclairage, on peut voir alors sur le miroir l'image de la partie postérieure des fosses nasales, les ouvertures des trompes d'Eustache et la face postérieure du voile du palais.
5° CONTUSIONS. - AFFECTIONS OSSEUSES, ARTICULAIRES ET PÉRI- ARTICULAIRES
a. coxalgie suppurée. — Résection de la hanche.
S'opposer, au
début, le plus possible à la suppuration par l'immobilité de la jointure dans l'extension en employant le procédé de la traction continue par des poids. M. Duplay entoure la jambe jusqu'au genou de
237. — Appareil à extension continue de Hogden pour les fractures compliquées du membre inférieur.
bandelettes de diachylon qui forment des anses à Ta plante du pied (fîg. 237), à ces anses est nouée une corde munie d'une poulie : c'est là tout l'appareil. — La traction diminue les effets de la contraction
réflexe qui tend à presser l'une contre l'autre les surfaces de l'articulation malade : la douleur diminuant, la contraction elle-même a moins de tendance à se produire. — Cette immobilisation partielle ne doit s'appliquer qu'à la période aiguë de la maladie : plus tard, on ne peut suivre les mêmes errements, alors on a recours aux différents appareils appropriés (i). — Quand on est arrivé à la période de suppuration, il est dangereux de s'en tenir à l'expectation, il faut intervenir ; l'ouverture des abcès et le drainage ne sont pas suffisants où la résection peut rendre les plus grands services, et on doit s'y résoudre, sauf contre-indication locale ou surtout générale. — M. Duplay est donc partisan de cette opération, et il s'appuie sur les statistiques qui ont été fournies : M. L. Le Fort (2) donne dans son Mémoire sur soixante-douze opérés quarante-deux guérisons, c'est-à-dire 58 p. 100 de succès contre vingt-neuf morts. — Dans le jeune âge les résultats sont encore meilleurs; malades âgés de cinq à dix-neuf ans, quarante-quatre guérisons pour quaranteneuf opérations ; dans un dernier numéro du Journal d'Edimbourg M. Annandale fournit quatorze guérisons sur vingt-deux cas opérés.
b. luxation du coude complète en arrière. — Procédé du genou. — M. Duplay donne souvent la préférence à la méthode du genou qui est très-commode, parce que le chirurgien, pour la pratiquer, n'a besoin d'aucun aide. — Le chloroforme n'est pas indispensable. Pour opérer, on applique le genou sur la face antéro-inférieure du bras et-on étend fortement l'avant-bras en le fléchissant. Ce procédé réussit si bien, que chez l'enfant il suffit non pas d'employer le genou, mais d'appliquer le poing en avant de l'extrémité antéroinférieure de la région brachiale.
c. fracture de la rotule. — Extension forcée. — Pour obtenir le contact des fragments, M. Duplay n'a pas recours généralement à l'usage des griffes de Malgaigne. Il place le membre dans l'extension forcée de la jambe sur la cuisse et le maintient dans l'élévation enattachant, à l'aide de lacs, le pied aux tringles supérieures du lit du malade. — L'ouate et une bande roulée laissant le genou libre, pour qu'on puisse y appliquer des résolutifs, complètent ce simple appareil.
d. OSTÉITE ET NÉCROSE DU GRAND TROCHANTER FÉMORAL. — Affection
simulant la coxalgie (évidement). — M. Duplay fend les diverses
(1) Voir le service de M. le Professeur Verneuil.
(2) L. Le Fort, De. la résection de /'articulation coxb-fémorale dans les cas de coxalgie et de plaies par armes à feu (Bull, de l'Acad. de méd., 1860, tome XXVI, p. 126), et De la résection de la hanche dans les cas de coxalgie et de plaies par armes à feu. Paris, 1861, in-i".
fistules avec la sonde cannelée et le bistouri, pratique l'évidement de la partie externe de l'extrémité supérieure du fémur et éteint plusieurs cautères actuels sur les surfaces saignantes.
Fig. 238. — Ciseau.
Pour faire cet évidement, il se sert du ciseau, de la gouge et du maillet (fîg. 238, 239, 240). Il emploie également à cet effet la pince
Fig. 2-39. — Gouge.
gouge de Nélaton (fig. 241) qui permet d'agir avec beaucoup [de force et de précision. Elle se compose de deux branches entrecrôi-