‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 66 sur 147 · GL · texte numérisé non relu

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de cette même branche donne attache au lien opposé. Il suffit de presser sur la branche supérieure qui supporte le tenon pour dégager celui-ci et ouvrir la pince.

La contre-extension se fait sur un point fixe à l'aide de cour-

Fig. 282. — Pince à échappement de Nélaton pour la réduction des luxations à l'aide de la moufle.

roies rembourrées. Elle doit porter sur le tronc ou sur les membres par des surfaces larges, convenablement garnies d'ouate ou de tout autre remplissage afin d'éviter les froissements. L'extension est appliquée sur le membre luxé et s'exécute au moyen de bracelets de cuir épais et solides matelassés et garnis de peau de chamois. Une bande de flanelle est d'abord enroulée autour du membre placé dans la position qu'il doit garder pendant toute l'opération. Ainsi l'avant-bras sera fléchi à angle droit, et les doloirs de la bande remonteront jusqu'à l'aisselle, d'où l'on conduira un jet de bande au poignet pour empêcher tout mouvement d'extension de l'avant-bras. Le bracelet sera mis au-dessus de l'épicondyle et de l'épitrochlée et fortement serré avec des cordes dont on enroulera les extrémités sur des bâtons arrondis, afin d'exercer une constriction plus énergique. Il doit être échancré en avant pour s'adapter à la saillie de l'avant-bras fléchi : latéralement il supporte deux anneaux d'acier auxquels se fixent des w métalliques, destinés à recevoir une anse de corde se continuant avec le reste de l'appareil.

Nous avons vu, il y a cinq ans, dans son service, une femme de cinquante-neuf ans chez laquelle des tractions modérées suffirent à amener la réduction de la tête numérale : la malade fut envoyée au Vésinet et revint au bout de quelques jours avec un épanchement de sang énorme partant de l'aisselle, envahissant le bras et s'é-

HOPITAL LARIBOISIÈKE. — LE DOCTEUR PANAS.

tendant même jusqu'au bassin : il y avait eu anévrysme diffus par rupture de Tarière axillaire; la ligature de l'artère fut pratiquée en dehors des scalènes, une eschare se forma, se détacha et laissa sortir une quantité énorme de caillots : la malade était alors en bonne

Fis. 2S3.

Fig. 284.

Alèze en cravate servant à faire la contre- Serviette en cravate servant à faire la contre extension bi-latérale dans l'appareil du Dr Hen- extension uni-latérale dans l'appareil du Dr nequin modifié, en comprimant les racines des Hennequin modifié. — Elle comprend en anse la deux membres dans les anneaux formés par le racine du membre, prend ses points d'appui eontournement des chefs de l'alèzc. sur l'ischion, le pubis et la crête iliaqu'e et se

trouve fixée à la tète du lit par une corde.

voie de guérison. Nélaton a pratiqué aussi la même opération, mais avec insuccès. A cette époque M. Panas relatait neuf cas de ce genre dans la science, dont deux guérisons.

c. fracture de la cuisse. — Appareil à extension continue du £)v Hennequin. — M. Panas donne la préférence à l'appareil de M. Hennequin que nous avons décrit dans le service de M. Désormeaux et que la figure 285 représente ici appliqué. La figure 280 représente l'appareil modifié dans lequel M. Hennequin (1) a ingénieusement remplacé les pelotes G, H, I par la simple serviette en cravate, lacs contre-extenseur AB Y (fig. 28i et 2SG) et le bracelet et lamolletière par la servietteEen 8 de chiffre dont l'anneau supérieur embrasse le tiers inférieur de la cuisse, et l'anneau inférieur la partie supérieure de la jambe.

(1) Hennequin, De l'extension continue dans te traitement des fractures décaisse, 1 vol., 1877.

Fig. 285. — Appareil du Dr Hennequin, vu appliqué. A, gouttière armée d'une tige coudée D. — D, tige coudée portant deux pelotes G et H. — G, pelote externe (point d'appui de la contre-extension sur la fosse iliaque externe). — H, coussin en boudin, interne (point d'appui de la contre-extension sur les branches horizontale et descendante du pubis). — I, coussin en croissant, inférieur (point d'appui de la contre-extension sur l'ischion). — d, bracelet (point d'appui de l'extension sur les condyles du fémur). — ê, molletière à'rigole (point d'appui de l'extension sur la face postérieure du mollet).

Fig. 286. — Appareil du Dr Hennequin modifié, vu appliqué. C, C, attelles latérales sur lesquelles s'enroule uu drap fanon formant gouttière. — D,atteiuantérieure maintenue comme les précédentes par trois lacs bouclés. — A, B, Lacs eontre-extenseurs en cravate dont les extrémités se croisent en Y. — E. serviette en cravate et en 8 de Ctuttre dont l'anneau supérieur embrasse la cuisse et l'aYincau inférieur la jambe en flexion au tiers. — 4K, poids faisant L'extension. — SS', bandes de suspension. — G, gouttière en hl de fer pouvant remplacer la gouttière artificielle formée par le drap faiiou et les attelles latérales. - P, poulie de réflexion pouvant se fixer au dossier d'une chaise.

d. désarticulation TiBio-TARsiENNE. — Appareil de M. Itainal. — L'appareil simple et solide de M. Itainal, dont il s'est servi dans un cas présenté à la Société de chirurgie (1), se compose d'une molletière en cuir moulé, lacée sur la jambe, et fixée à deux attelles latérales d'acier qui s'articulent sur un étrier terminé par une semelle. Cette dernière, également en acier, est recouverte de liège simulant exactement la forme du pied. La forme du talon est évidée, de façon à pouvoir loger l'extrémité du moignon, lequel prend son point d'appui sur un coussin dont la hauteur sert à suppléer au raccourcissement du membre. — Les mouvements de flexion et d'extension du pied artificiel sont obtenus au moyen de deux bandes élastiques se croisant sur le cou-de-pied, et embrassant à la fois le bas de la jambe et le pied artificiel. Un ressort placé sur la semelle au niveau de l'articulation métatarsienne maintient la pointe du pied légèrement relevée et facilite la marche.

a. tétanos. — Traitement mixte. — M. Panas a employé souvent le chloral parla voie digestive et à haute dose; mais il est loin de considérer ce médicament comme un spécifique; il aurait plutôt tendance à faire usage d'un traitement mixte composé de bains de vapeur, ^injections hypodermiques, de chlorhydrate de morphine (10 à 15 centigrammes par jour) et de bromure de potassium (8 grammes par jour).

b. névralgie trifaciale. — Ne'vrotomie intra-buccale du nerf buccal. — L'opération est indiquée pour les névralgies rebelles et datant de longues années. La bouche est tenue largement ouverte : Vécarteur des joues de Liier (fîg. 289) peut dans cette circonstance rendre service. De plus, la bouche est bien éclairée à l'aide par exemple de Y abaisse-langue réflecteur de Ricord (fig. 287). L'index gauche est porté au milieu du bord coronoïdien de la branche du maxillaire : il pratique parallèlement à son ongle une incision verticale de la muqueuse de 2.centimèlres et demi de long, commençant au milieu de la dernière molaire (2) supérieure jusqu'à l'inférieure correspondante : division des fibres du buccinateur, et, après avoir recherché

(1) Panas, Bull, de la Soc. de chir., 1er mars 1876.

(2) Panas, De la section du nerf buccal yar la bouche. — Règles opératoires à suivre. — Opération chez une femme. — Note lue à l'Académie de médecin», séance du 23 déc. 1873. Arch. gén. de méd., févr. 1874, 1, p. 181, et Union medicute, 1874.

Gillette. — Chirurgie journ. 24

avec un petit crochet mousse (fig. 288) le nerf qui se dirige d'arrière en avant, le chirurgien en fait la section ou l'excision avec des ciseaux courbes, sur le plat et à pointes mousses. Il suffit de tordre l'artériale qui l'accompagne pour arrêter Thémorrhagie.

c. délire alcoolique. — Chloral et morphine. — Il emploie beaucoup le chloral dans le délire alcoolique, suite de traumatisme (de

Fig. 287. ^- Abaisse-langue articulé, avec réflecteur et porte-bougie articulés.

3 à 6 grammes par jour). Le calme lui parait se rétablir avec d'autant plus de rapidité, qu'on joint à l'usage de ce médicament l'usage

. Fig. 288. — Érigne mousse à une branche.

des injections sous-cutanées de morphine à une dose bien plus modérée que dans le cas précédent (1 à 2 centigrammes de chlorhydrate).

d. paralysie du nerf radial (par compression). — Courants électriques continus. — M. Panas (1) a insisté sur un mode particulier de paralysie partielle du nerf radial, par compression, produite fréquemment dans une attitude habituelle pendant le sommeil ; certaines personnes, en effet, s'endormant en plaçant leur tête sur le coude fléchi à angle droit. Dans cette position, tout le poids de la tête' reposant sur la face externe du bras, le coude et l'avant-bras étant appuyés par leur face interne sur un plan résistant (sol, table, etc.), il en résulte une compression du nerf radial dans le point où celuici, émergeant de la gouttière de torsion de l'humérus, devient superficiel dans une étendue de 8 à 9 centimètres, placé entre le long

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