‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 93 sur 147 · LE DOCTEUR ARM. DESPRÉS · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR ARM. DESPRÉS

des lavages. C'est là une sage pratique, mais nous ne pensons pas cependant que toute ouverture de ces tumeurs, produite par le chirurgien, détermine inévitablement la suppuration et des complications graves du côté des tendons. M. Alph. Guérin n'hésite pas, d;ins cerlains cas, à ouvrir ces cavités et emploie le pansement ouaté qui lui a donné des guérisôns sans la moindre roideur. M. Boinet a obtenu également des succès à la suite d'injection iodée, et nous avons vu notamment, à l'hôpital Lariboisière, M. Tillaux guérir complètement une jeune fille, sans aucune adhérence des tendons, par une ponction faite avec le trocart et suivie d'injection iodée. Opérer dans tous les cas est évidemment un abus, rejeter d'un autre côté l'intervention chirurgicale dans certains autres, nous semble aussi une pratique un peu trop exclusive.

pansement des plaies. — Pansement de Lisler. — M. A. Després ne croit pas que ce mode de pansement donne autre chose que les

Fig. 4G4. — Pansement par occlusion à bandelettes.

Fig. 405. — Suture entortillée.

Fig. 4GG. — Tord-fil de Cogh-Hill.

autres méthodes et soit suivi de guérisôns plus rapides et plus complètes : les bons résultats qu'il fournit sont en partie dus à ce que ce pansement comporte l'emploi du drainage que nous étudions depuis longtemps dans la thérapeutique des plaies ; il ne le rejette

fias, mais il le place sur le môme pied que les autres modes de pansement.

Fig. 467. — Instrument de Vidal {de C'assù) pour retirer les corps étrangers du conduit auditif interne.

Fig. 4G8. — Curette articulée de J. Leroy d'Etiolés.

Fig. 4 69. — Pince de Borna-.

font. (Les pinces fermées vues de profil.)

a, canule terminée par les branches de la pince; c, qui s'écartent par leur élasticité; bb, tige qui passe dans la canule et est armée d'un anneau destiné à serrer les mors de la pince; d, mors de la pince ■vue de face.

Il emploie souvent pour les plaies qui doivent se cicatriser par

deuxième intention le pansement par occlusion (fig. 464) à bandelettes de diachylon séparées de Chassaignac, c'est un pansement rare excellent. Dans les plaies, à réunion par première intention, c'est la suture entortillée (fig. 465) ou la suture avec les fils métalliques dont il se sert ; dans ce dernier cas, pour tordre les chefs, il fait usage de l'instrument de Cogh-Hill (fig. 466).

corps étranger de l'oreille (haricot). — Crochet de la pince articulée. — Les injections répétées sont incontestablement le procédé le meilleur et le plus inoffensif pour chercher à extraire les corps étrangers auriculaires, aussi doit-on y avoir recours de préférence et surtout si ces corps ont une consistance ferme ; mais il n'en est pas de même pour les végétaux qui gonflent par l'humidité comme les haricots. M. A. Després conseille dans ces cas d'avoir recours au crochet fin de la pince articulée, comme il en a fait usage dans deux cas et avec succès, plutôt que de se servir de l'instrument de Vidal (de Cassis) (fig. 467) ou de la curette articulée de Leroy d'Étiolés (fig. 468). Il suffit de piquer l'extrémité visible du corps avec ce crochet pour que, le péricarpe faisant obstacle, l'instrument ramène le corps étranger à l'extérieur ; il n'y a, pour le malade, ni douleur ni contusion à redouter. Nous recommanderions également à cet effet la pince de Bonnafont (fig. 469) dont les mors c terminés par un double crochet à dents de rat d pénètrent dans le corps étranger : ces mors, qui sont rapprochés par un coulant ab, présentent, à la partie postérieure, deux anneaux servant à les mouvoir.

On peut aussi improviser le crochet avec l'extrémité recourbée d'une épingle, saisie à l'aide d'une pince à écrou : c'est ainsi (1) que le Dr Bozeront a pu retirer un grain de maïs de l'oreille d'un enfant, que la pince ni les injections n'avaient pu faire sortir. L'obstacle dépassé, on fait basculer le petit instrument et l'on tire.

Le docteur Cruber, s'appuyant, d'autre part, sur une série d'expériences sur les fruits à gousse que les enfants s'introduisent si souvent dans les oreilles, a démontré que, de tous les astringents, le sulfate de zinc en solution en produit le resserrement et une diminution de volume : il conseille la solution suivante :

Sulfate de zinc 30 centigrammes.

Eau de chaux diluée Il) —

il) A. Després, Journ. de méd. et de dur. prat., juin-juillet 1S73.

Page 1