PARIS
Fig. 498. — Fumigateur simple /Je Galante. A, chaudière supportée par un cercle métallique 6 fixé au-dessus d'une Lampe à alcool C ; (I, m, bouchons en caoutchouc vulcanisé; e, /', tubes conducteurs; l, thermomètre indiquant le degré de chaleur; K, canule; M, poire insuftlatrice en caoutchouc vulcanisé, ayant une prise d'air en o.
avec la poudre de sucre et de calomel (à parties égales) comme on le pratique souvent, se contente de les toucher à plusieurs reprises différentes avec la solution de nitrate d'argent (parties égales) :
AFFECTIONS DES OS ET DES ARTICULATIONS. K6o
il n'emploie pas non plus, à cet effet, la solution saturée de chlorure de zinc.
c. plaques muqueuses de la gorge. ■ — Gargarisme au sublimé. — Sirop de sublimé. — Ces plaques ne sont pas cautérisées par lui, comme les précédentes. Il emploie simultanément le gargarisme au sublimé (10 cent, pour une décoction de 300 gr.) et le sirop de sublimé, qui n'est du reste que la liqueur de Van-Swieten dans laquelle l'eau a été remplacée par du sirop (25 milligr. par cueillerée).
Il se sert également de fumigations analogues à celles décrites dans le service de M. Horteloup, pratiquées à l'aide du fumigateur simple de Galante (fi g. 498) sans thermomètre.
d. pemphigus. — Iodure d'ammonium. — Lorsque cette maladie est arrivée à sa dernière période (pér. foliacée) dans laquelle elle se caractérise par des croûtes minces ou plutôt des lamelles situées sur un fond érythémateux, M. Dubrueil emploie soit le badigeonnage avec la teinture d'iode, soit l'iodure d'ammonium.
h'iodure de potassium ainsi que le sirop de Gibert sont aussi employés par lui, dans les accidents précédents, suivant la période de la syphilis.
M. LE DOCTEUR Théoph. ANGER (I
a. luxation de l'épaule. — Traction continue élastique. — Ayant remarqué que, dans ce genre de traumatisme, des tractions relativement peu considérables, 40, 30, même 10 kilogrammes suffisent parfois pour amener la réduction des luxations de l'épaule, tandis qu'on n'obtient rien avec un poids de 100 kilogrammes mal dirigé, MM. Th. Anger etLegrosont cherché à appliquer la traction élastique à la réduction des luxations et ont pleinementréussi : c'est en 1866 dans le service de Nélaton que le premier essai a été fait sur un malade
(1) 1872, Chirurgien du Bureau central; — 1876, hospice de Bicêtre; — 1S77. hôpital de Lourcine.
atteint de luxation de l'épaule. Voici quelle est lamanière de procéder (1).
Pour établir la contre-extension, on fixe à un des montants du lit en fer d'hôpital les deux chefs, croisés derrière le cou du malade, d'un drap plié en cravate et passant sous l'aisselle par son milieu. Pour faire l'extension, on applique comme d'ordinaire à la partie inférieure du bras une alèze dans l'anse de laquelle s'introduit un tube de caoutchouc, gros comme le petit doigt, long de 6U centimètres et qui va se fixer à l'autre montant du lit : il suffit, pour doubler ou tripler la puissance de ce tube, de le replier autant de fois sur lui-même. Cette excellente méthode, que nous avons employée nous-mêmes, bon nombre defois, non-seulement dans le cas de luxation, mais contre les ankyloses, a pour effet de combattre la résistance des muscles. La traction opérée à l'aide de ces tubes ne doit guère être prolongée au delà de 15 à 25 minutes dans la même séance : passé ce temps, le malade ne peut plus la supporter. C'est ainsi que M. Th. Anger avec quatre tours parvint sur un individu athlétique à réduire une luxation intra-coracoïdienne, datant de 48 heures, et ayant résisté la veille à des tractions vigoureuses pratiquées par trois aides ; 25 minutes de traction élastique avaient suffi pour vaincre la résistance musculaire.
b. luxation de l'astragale (complète en avant et en dehors). — Tractions continues par les bandes de caoutchouc. — Malade étendu sur son lit, contre-extension faite au moyen d'une alèze passée dans la cuisse. — Il place des bandelettes de sparadrap autour du pied et il fixe la bande de caoutchouc au niveau de leur entre-croisement sous la voûte du calcanéum. Sur le malade dont M. Th. Anger a lu l'observation à la Société de chirurgie (13 janvier 1875), après 12 minutes d'une traction modérée, sentant que la force musculaire était épuisée, il a appuyé le genou sur la tête de l'astragale, en tenant la jambe d'une main et de l'autre l'avant-pied, et il a entendu bientôt le craquement caractéristique indiquant que la réduction était obtenue : dans ce cas, les suites furent des plus simples et aujourd'bui le malade marche parfaitement bien.
Nous devons faire remarquer que l'emploi du caoutchouc dans la réduction des luxations est un véritable procédé de douceur qui n'a absolument rien d'effrayant ni de douloureux dans son application. La seule chose dont se plaint le patient est une sensation de fatigue et d'épuisement, et c'est là justement le moment qu'il
(1) Th. Anger et L. Legros, Nouvelle méthode pour réduire tes luxations (Luxation intra-coracoïdienne), Gaz. des hôp,, 1866, p. 295.
faut choisir pour faire la coaptalion. Ce moyen, aussi sûr qu'inoffensif, est appelé, dans bon nombre de cas, à remplacer le chloroforme qui malheureusement, et surtout dans lescas de réduction de luxations, est loin d'être exempt de danger.
c. fractures des membres. — Extension continue avec le caoutchouc. — M. Th. Anger a également préconisé remploi de cet ingénieux moyen contre les fractures pour prévenir le raccourcissement, et cela indifféremment sous formes de lanières, de bandes, de tubes, pourvu qu'on détermine une traction permanente et continue. Cette application convient non-seulement aux fractures récentes, mais encore à celles déjà un peu anciennes, mais dont la consolidation n'est pas encore assez avancée pour désespérer de les réduire. Il a employé le même moyen dans les fractures de jambe afin de corriger le déplacement primitif ou consécutif des fragments, même après plusieurs mois, alors'qu'il existait encore de la mobilité entre les fragments. Dans ces cas compliqués, outre l'extension continue destinée à surmonter la résistance musculaire, il est indiqué d'appliquer sur les extrémités brisées des tractions latérales
Fig. 499. — Traction continue appliquée à une' ankylose angulaire du genou.
A, traction horizontale au moyen de l'anse de sparadrap ; B, traction verticale descendante appliquée sur la saillie du genou au moyen d'une écharpe; C, échancrure du matelas pour laisser passer la ficelle de la traction verticale; D, tube de caoutchouc pour la contre-extension.
en sens inverse, de manière à corriger le déplacement suivant l'épaisseur. Ce chirurgien insiste tout particulièrement sur la petite quantité de traction qu'il faut développer. Dans toutes ces observations, on remarque qu'un seul tube de