LE DOCTEUR TRÉOPH. ANGER
caoutchouc, rarement deux ont largement suffi pour maintenir la réduction.
M. Eug. Bœckel (1) a appliqué aux fractures démembres et à la coxalgie la traction continue au moyen de l'appareil à sparadrap qui a été appliqué en premier par Gilbert (fig. 499 et 500)
Fig. 500. — Détails de l'application de l'anse de sparadrap.
A, bande de sparadrap formant anse ; B, traverse en bois, un peu échancrée sur les côtés, qui écarte les deux chefs de l'anse des malléoles et donne insertion au crochet auquel se fixe l'extension; C, bandes circulaires de sparadrap qui fixent les deux chefs de l'anse.
de Philadelphie, et après lui par bien des chirurgiens américains : Volckmann (de Halle) et de Mœschede ont vulgarisé cette méthode qui, bien qu'elle ne prenne son point d'appui que sur la peau, est très-efficace et a l'avantage de n'exiger aucun appareil mécanique spécial coûteux et difficile à se procurer: — avec du sparadrap, une poulie et une ficelle on peut facilement l'improviser et l'adapter à des sujets de toutes les tailles.
d. genu-valgum. — Appareil à traction élastique. — Ce chirurgien ne croit pas avec M. Lannelongue que cette déformation soit la maladie des misérables, il en a observé chez des enfants riches et il insiste particulièrement sur ce fait que, cinq ou six fois, il a rencontré {'existence simultanéee du pied-bot et du genu-valgum : il
(l) E. Bœckel, Des applications de la traction continue au moyen de l'appareil à sparadrap (Bull. yen. de thérapeutique, 30 nov. et 15 déc. 1875).
croit donc que le genou a tendance à devenir cagneux chez les enfants atteints de pied-bot. Il cherche à combattre cette complication à l'aide d'appareils qui ne diffèrent que par l'emploi d'une ceinture en coutil très-légère et l'insertion aux tiges externes de deux élastiques qui font l'abduction et tirent le genou en dehors : il a fait adapter à son appareil, suivant le conseil de Malgaigne, une semelle plus épaisse en dedans qu'en dehors. Selon lui, le redressement du pied fait de bonne heure a pour avantage de prévenir la cagnosité du genou. Quoi qu'il en soit, cette concomitance du genu-valgum et du pied-bot n'est pas un fait démontré d'une façon irrécusable.
cancer de la langue. — M. Th. Anger, dans sa thèse d'agrégation (I), reconnaît comme variété la plus fréquente et de beaucoup
LEftlLLE.OEL.
Fig. 501. — Ablation partielle de la langue, procédé Jaeger. La langue est fendue suivant son axe avec quelques coups de ciseaux, et il ne reste plus qu'à jeter une chaîne d'ècrasehr transversalement sur la base de la partie à abattre.
l'épithelioma (papillaire ou interstitiel). La méthode (fig. SOI et 502) par l'écrasement linéaire, soit pour l'ablation partielle, soit pour l'ablation totale, est le procédé qu'il préconise le plus, avec la ligature
(1) Th. Anger, Du cancer de la langue, th. agrég. Paris, 1872.
S70 HOPITAL DE LOURCINE. — LE DOCTEUR TDÉOPn. ANGER.
extemporanée, pourvu que la langue ait gardé sa mobilité, que la production morbide n'en dépasse pas les limites et que l'applica-
Fig. 502. — Amputation de la totalité de la langue par la méthode de l'écrasement
linéaire.
lion de l'instrument ne soit pas rendue impossible par la saillie du maxillaire.