HOPITAL DE LA MATERNITÉ-COCIIIN. — LE DOCTEUR POLAILLON
de Malgaigne. — Ce chirurgien emploie le procédé par incision verticale en avant, qui met bien mieux l'articulation à découvert que l’incision en arrière; — longueur variable: il détache la tôle humérale de la capsule et des muscles qui s’y attachent en ménageant, s’il le peut, le tendon du biceps, désarticule en plaçant le couteau perpendiculairement au ligament capsulaire, passe ce dernier en dedans (fîg. 507), protège les parties molles avec une attelle, et scie l’extrémité osseuse avec la scie à chaîne. La scie à chaîne montée sur une arbre de Mathieu peut rendre de grands services.
g. désarticulation de l'épaule. — Procédé de Larrey. Le procédé de Lisfranc (lambeau postéro-externe, taillé par transfixion, désarticulation, puis taille du lambeau antéro-interne) est certainement plus rapide (fîg. 508), mais il donne une surface cruentée
Fig. 508. — Désarticulation de l’épaule par le procédé de Lisfranc.
Fig. 509. — Désarticulation de l’épaule par Te procédé de Larrey ( figure empruntée à Sédillot, méd. opér.).
beaucoup trop étendue : ce n’est donc pas un procédé de choix. M. Polaillon préfère de beaucoup la méthode en raquette de Larrey en se rapprochant (fig. 509) un peu plus de la partie antérieure de : l’épaule — pasMe réunion par première intention, pas de suture; — pansement avec la charpie imbibée d’eau et d’alcool phénique. !
affections des organes génitaux.
a ÉPITHÉLIOMA DE IA verge. - Amputation par les caustiques. - Chez les malades âgés et très-affaiblis et pour lesquels une perte de sang, même minime, seraiL préjudiciable, M. Polaillon, afin d éviter toute hémorrhagie, préfère appliquer le procédé suivant : il commence par introduire une sonde dans l’urèthre, puis il app ique circulairement à la réunion de la partie malade et des parties saines et empiétant sur ces dernières, une traînée de pâte de Vienne et par-dessus une bande de pâte de chlorure de zinc fraîchement piépa rée. Au bout du premier jour, chez un malade opéré par lui à la Pitié, 1870, toute la paroi du canal de l’urèthre fut cautérisée, mais la section des corps caverneux exigea quatre jours ;à la chute de l’eschare, il restait assez de verge, pour diriger le jet de l’urine et on put retirer la sonde.
b. cancer ulcéré de l'utérus. — Chlorure de zinc en flèches.
M. Polaillon traite généralement les ulcérations cancéreuses du col et de la cavité de la matrice par des cautérisations profondes et répétées avec des flèches au chlorure de zinc (voy. service Demarquay). Ce traitement est quelquefois curatif lorsque la maladie est prise au début et que la cautérisation, hardiment faite, peut dépasser les limites du mal. Mais, dans tous les cas, il contribue singulièrement à faire cesser les hémorrhagies et les écoulements sanieux et fétides qui sont un tourment incessant pour les femmes affectées de cancer de l’utérus.
A moins d’une indication spéciale, il préfère de beaucoup ce mode de destruction à l’amputation du col, soit avec la ligature extemporanée, soit par l’anse galvano-caustique, car il permet d’aller atteindre le mal bien plus haut que ces derniers moyens. La cautérisation est d’ailleurs beaucoup plus exempte de dangers que toutes les autres opérations faites avec l’instrument tranchant ou même l’anse galvanique.
c. kystes de l’ovaire. — Ovariotomie, occlusion par lecollodion. — La manière de procéder de M. Polaillon ne diffère pas sensiblement de celle que nous avons déjà exposée (1). Il emploie les fils d’argent pour la suture profonde et les épingles à tête de verre pour la suture superficielle. Un long ül de chanvre est croisé sur ces épingles de façon à rapprocher exactement les lèvres de la plaie. S’il y a de
(1) Voy. Hôpital Saint-Louis.