HOPITAL DE LA MATER NITÉ-COCHIN. — LE DOCTEUR POLAILLON
1 épliploon, il est lié en un ou plutôt en plusieurs paquets et fixé entre les points de suture; — quant au pédicule, il est maintenu au niveau de la paroi abdominale par deux tiges métalliques qui 1 embrochent et logé entre l’extrémité inférieure de l’incision et le point le plus inférieur de la suture. Il panse enfin par occlusion : pour cela, deux bandes de tarlatane sont glissées sous les extrémités des épingles (à droite et à gauche) ; une couche de collodion élastique est étendue par-dessus la suture et une nouvelle bande de tarlatane est appliquée sur cette couche de collodion. Puis, ce dernier n’étant pas encore desséché, une épaisse pièce d’ouate est collée sur le tout. Il obtient ainsi un pansement par occlusion qu’il laisse plusieurs jours en place ; une large bande de flanelle est modérément serrée autour de l’abdomen.
Les jours suivants, il lui est possible de retirer les fils et les épingles de la suture, tout en laissant .cette couche de collodion adhérente à la peau et formant sur la paroi abdominale comme une véritable plaque protectrice.
d. accouchement. — ■ Emploi de l'hydrate de chloral comme sédatif des douleurs. — On a déjà annoncé à plusieurs reprises que l’hydrate de chloral était capable de modifier d’une façon heureuse les douleurs de l’accoucbemenL et de rendre l’enfantement presque indolore. M. Polaillon a essayé ce moyen dans un certain nombre d’accouchements et a communiqué en 1876 le résultat de ses recherches à la Société de médecine de Paris.
Il a administré le chloral en petits lavements, dissous ordinairement dans l’eau, quelquefois dans du lait, à la dose de 2 à 3 grammes pour 60 grammes de véhicule. Selon la sédation produite, selon que le lavement était gardé ou en partie rejeté, on donnait un second lavement au bout d’une demi-heure ou d’une heure et quelquefois un troisième lavement.
La quantité de chloral ainsi administré a été :
de 2 grammes dans 3 cas
Mais la quantité réellement absorbée n’a pas excédé en moyenne 4 ou 5 grammes, en raison du rejet d’une partie des lavements.
Dans lous les cas, le médicament a été donné pendant les dernières heures de la période de dilatation ou pendant la période d’expulsion II est habituellement bien supporté. Chez quelques femmes les contractions deviennent manifestement moins douloureuses sans diminuer de fréquence ni d’énergie, et le travail se termine a peu près dans le délai ordinaire. Mais il y a des femmes chez lesquelles le chloral fait cesser les douleurs et en même temps arrête les contractions utérines, de telle sorte que la paitie fœtale reste dans l’excavation ou à la vulve sans pouvoir se dégager. __ sur 18 cas d’administration du chloral, 5 fois on a été obligé de terminer l’accouchement par une application de forceps.
M. Polaillon pense, d’après ses propres observations, que les femmes chez lesquelles le travail est ainsi ralenti et arrêté par le chloral sont en nombre plus grand que celles chez lesquelles le travail suit son cours avec un amoindrissement plus ou moins marqué de douleurs. Il en résulte que si le chloral est un sédatif des douleurs utérines, c’est à la condition d’agir en même temps sur la fibre musculaire dont la contraction est d’abord ralentie, puis arrêtée. D’après l’opinion de ce chirurgien, on peut faire usage du chloral dans les cas où il s’agit de modérer l’excitabilité excessive du muscle utérin ou de calmer des douleurs produites par des contractions trop énergiques, mais on doit en rejeter l’emploi dans les accouchements normaux.
e. rétrécissement du bassin. — Craniotomie , céphalolripsie. — Pour perforer la lête de l’enfant, M. Polaillon n’emploie ni les ciseaux de Smellie (fig. 510), ni ceuxdeNægelé (fig. 511), mais bien le perfora-
Fig. 510. — Ciseaux de Smellie avec leur gaine protectrice.
teur de M. Blot (fig. 512) qui a la forme d’un fer .de lance et dont on écarte les deux lames en pressant sur une bascule, D. La figure 513 montre ce premier temps de l’opération pratiquée seulement avec l’instrument de Nægelé. L’instrument de Guyon (trépan), déjà
584 IIOPITAL DE LA MATER NITÉ-COCIIIN — LE DOCTEUR POLAILLON. décrit, lui paraît aussi très-commode. — Il conseille alors d’attendre
Fig. 511. — Ciseaux cle Nægclé.
quelque temps, les contractions utérines pouvant à elles seules
Fig. 512. — Perforateur de B lot.
achever l’accouchement; si elles sont insuffisantes, comme cela
Fig. 513. — Crâniotomie pratiquée à l'aide du perforateur en forme de ciseaux
( Nxgelé et Creuset).
arrive presque toujours, il pratique la céphalotripsie et broie la tête
soit avec le céphalotribe de Blot (flg. 514) soit avec celui de M. Depaul (fig. 515). Le premier a des branches qui se rapprochent par une
Fin- 51 1. Céphalotribe de Blot. Fig. 515. — Céphalotribe de Depaul.
a, Chef à pignon s’engrenant ayec la chaîne;
b, c, cl, supports entre lesquels passé la chane e, articulation branches; f, cuillers.
vis fixée à une extrémité, s’engageant dar.s , autre et munie d’un crou rapprochant ces branches à volonté.
M PolailInrfTcf A" ligature élastique. — D’une façon générale, est peu partisan de l’intervention chirurgicale en pa-