OSO HOSPICE DE LÀ SALPÊTRIÈRE. — LE DOCTEUR CR. PÉRIER
gature élastique queM. Périer a recours dans les tumeurs cancéreuses ou les cysto-sarcomes du sein bien limités chez les femmes âgées où il y a toujours grand intérêt à ménager l’écoulement du sang. L’opération, d’une grande simplicité d’ailleurs, consiste à traverser la base de la tumeur avec un fil de caoutchouc dont on serre ensuite les anses au-dessous de broches préalablement introduites. La tumeur, qui conserve dans les premiers jours une teinte rouge, devient livide, se gangrène et finit par tomber ; la suppuration est réduite à son minimum et, lors de la chute de la masse mortifiée, la cicatrisation est déjà bien avancée et s’achève sous un pansement simple alcoolisé. C’est ce procédé qu’il a mis en usage à la Salpêtrière chez une vieille femme âgée de 84 ans très-affaiblie, emphysémateuse qui portait depuis 24 ans un cysto-sarcome du sein de la grosseur du poing, mobile et se détachant par son seul poids des parties sous-jacentes.
L’emploi de la ligature élastique est, selon lui, préférable chez les vieillards à toute autre méthode : non-seulement on peut par ce moyen conjurer les pertes de sang que donne l’instrument tranchant, mais la cicatrisation est plus rapide qu’avec le galvano- ou thermQ-cautère, dont M. Périer fait fréquemment usage pour l'exécution de ses opérations; enfin elle n’exige point l’anesthésie. Il recommande de porter d’emblée à son maximum la striction des fils élastiques pour n’avoir pas à les resserrer les jours suivants, ce qui évite de raviver les souffrances de la malade.
fracture du crane avec enfoncement. — Trépanation. — Chez les enfants les dépressions traumatiques de la voûte crânienne gué- . rissent souvent sans laissera leur suite autre chose que leur trace extérieure; aussi M. Périer ne croit pas indispensable en ce cas de faire une intervention hâlive. Mais si à une température élevée vient se joindre une dépression du pouls, une céphalalgie de plus en plus intense et des vomissements, s’il survient surtout des attaques épileptiformes, il pense qu’il faut appliquer le trépan: chloroformisation; incision cruciale suffisante pour mettre à nu le foyer de la fracture; trépan : enlever une première rondelles puis successivement des demi-rondelles jusqu’à ce qu’on ait assez de jour pour enlever les aiguilles et remettre à l'aide d’une élévation le fragment enfoncé de niveau avec la voûte.
C’est la conduite qu’il a tenue et avec succès chez la petite malade
dont il a lu l’observation à la Société de chirurgie (1). Dans ce cas, il existait une particularité, savoir : que la table interne n’était pas brisée au môme niveau que le reste de la paroi : elle formait une. fracture à part. Abstraction faite des esquilles, il y avait deux fragments : l’un superficiel plus large ; l’autre profond plus petit : le premier continuait avec Ja voûte par son côté externe; le fragment profond au contraire adhérait par son côté inLerne à l’encadrement de la dépression. Le fragment superficiel, en l’enfonçant, avait nécessairement pressé sur le fragment profond, tout près du point d’attache de ce dernier, et l’avait dressé à angle droit sur la face interne de la voûte. Il attribue à l’action de ce fragment ainsi redressé les phénomènes observés avant l’opération.
pansement des tlaies. — Chlorcil. — Huile phéniquée. — Acide salicylique. — Outre le pansement alcoolisé, M. Périer fait souvent usage de la solution aqueuse de chloral au 100e qu’il considère comme un bon agent de désinfection. Il a également expérimenté l’usage de l 'huile phéniquée qu’il emploie comme topique dans certains cas et en ayant soin de recouvrir la compresse qui en est imbibée par un morceau de toile gommée : c’est surtout à la Pitié qu’il en a fait usage :
Acide pliénique 10 grammes.
Huile d’olive 80 —
et principalement dans les cas de resection ou évidement des os. Il attribue une action antiputrescible à ce mode de pansement qui exerce aussi sur la plaie osseuse et cutanée une modification propre à hâter la cicatrisation. Ses expériences ne son t pas assez nombreuses cependant pour qu’il puisse en tirer des conclusions définitives.
Enfin, à l’exemple de Tiersch de Leipzik, il a aussi mis en pratique le pansement à Y acide salicylique qui a le grand avantage de ne point avoir l’odeur pénétrante et désagréable, quoi qu’on en dise, de 1 acide pbénique : il s’en sert soit en poudre, soit en solution (2 ou 3 centièmes) pour panser ou laver les plaies, mais il n’est pas entièrement fixé sur la vertu réellement antiseptique de cette substance. Il la aussi employé à l’intérieur, mais sans résultat bien marqué.
(1) Périer, Bull, de la Société de chirurgie , 1er mars 1870.