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EMPLOI OU CAUTÈRE PAQUELIN

L’emploi du cautère Paquelin se généralise de plus en plus et l’expérience nous montre chaque jour, n’en déplaise à notre excellent collègue le Dr Després, quelles précieuses ressources renferme cet excellent instrument pour la pratique chirurgicale. Bien des chirurgiens, M. Yerneuil (2) entre autres, qui en est un des plus chauds partisans, en ont fait de nombreuses applications (trachéotomie, rectotomie, ablation de tumeurs de la face, de la bouche, du pharynx, de la langue, du cou, du tronc, des membres, tumeurs érectiles, hémorrhoïdes, ponction d abcès, ignipuncture des collections tuberculeuses du testicule, etc.). M. Th. Anger l’a appliqué avec succès, dans la taille médiane, pour les sections des parties molles (3), et M. Yerneuil l’a également employé deux fois pour la même opération ; M. Tillaux a pratiqué une fois avec lui la désarticulation scapulo-humérale et M. Péréol vient de s’en servir pour l’empyème. MM. Krishaber, Denucé (4), Ch. Poinsot (de Bordeaux) (3), Mauriac (de Bordeaux), et d’autres chirurgiens français et étrangers nous ont également fait part de leurs résultats.

M. Gillette en fait également un fréquent usage pour l’exécution

(1) 1875, chirurgien du Bureau central; — 1876-77, Hôpital temporaire; suppléance ii Necker, à Saint-Antoine et à Beaujon.

(2) Voyez le service du professeur Yerneuil.

(3) Th. Anger, Bull, de la Soc. de chirurgie, juillet 1877.

(4) Denucé, ibid., avril 1877.

(5) Poinsot, ibid., 31 juillet 1877.

ti0 BUREAU CENTRAL. — LE DOCTEUR P. GILLETTE.

de ses opérations : dans deux trachéotomies, il a obtenu pour 1 une d elles une hémostase absolue, moins complète pour l’autre •

1 la mis en pratique aussi pour la rectotomie, pour l’ablation des tumeurs de la mâchoire, du cou, de la vulve et en a obtenu la p upart du temps, les meilleurs résultats. Il ne regrette qu’une chose, c est que cet instrument ne puisse remplacer l’anse galvano-

desS(umeursU,SqU l1 CSt impossible de Appliquer à froid à la base

Les conditions nécessaires pour obtenir un bon fonctionnement

u thermo-cautère et éviter qu’il ne s’encrasse et vous laisse en chemin, sont les suivantes :

I Mettre peu d’essence minérale dans le flacon ;

2° Maintenir le platine dans la flamme de la lampe pendant une minute sans faire jouer la soufflerie, puis soufllerdoucement jusqu’à ce que le cautere atteigne le rouge vif; celte température atteinte, retirer le cautère de la flamme : il es! amorcé et l’on pourra, désormais, suivant .'a vitesse du mouvement imprimé à l’insufflation à volonté, soit l’entretenir à un degré de chaleur constante {le rouge sombre, on s en souvient, est le degré hémostatique), soit en élever ou en abaisser la température, en un mot accommoder instantanément la chaleur de l’instrument aux exigences de l’opération ;

3° L opération terminée, porter le cautère au rouge vif afin de brûler les produits qui se sont déposés sur les parois internes et externes du platine et, pendant qu’il est en pleine incandescence, séparer brusquement le manche de l’instrument du tube de caoutchouc qui le relie au récipient;

4° Laisser refroidir librement le cautère pour l’éteindre, ne jamais le plonger dans l’eau.

Le reproche que feraient certains chirurgiens à l’emploi de cet* instrument serait de produire des eschares consécutives assez étendues (d). M. Paquelin y répond (2) par une lettre : « J’ai consulté, dit-il, M. d’Arsonval qui se sert quotidiennement de mon instrument dans ses vivisections du Collège de France, au laboratoire de M. Cl. Bernard, et voici ce qu’il m’a répondu : Opérez au rouge sombre, distendez de chaque côté la peau de la région sur laquelle vous opérez, laissez le moins longtemps possible l'instrument en contact avec les téguments, c’est-à-dire opérez à petits coups et vous n’aurez que des eschares insignifiantes ou même des plaies se cica-

(1) Discussion à la Société de chirurgie, 1877.

(?) Paquelin, Bull. gén. de thèrap., 30 juin 1877.

emploi du cautère paquelin. 711

Irisant par première intention. Tel est le résultat de mes expériences sur les lapins. » Sur les lapins, c est possible , mais, malgi é toute la sympathie que nous avons pour cet instrument, nous doutons que

Fig. 628. — Cautères Paquelin. — A, cautère cylindro-conique. — B, petits couteaux pour les opérations délicates ( trachéotomie ). — C, pointe à ignipuncture. — D, poiftte très-fine pour les tumeurs érectiles.

sur l’homme on obtienne, avec son emploi, des réunions par première intention, car toute plaie produite par le feu donne inévitablement des eschares, quelque minces qu’elles soient.

M. Paquelin a bien voulu nous communiquer les figures de certaines espèces de cautère, imaginées par lui et qui ne sont pas encore connues : on voit par là qu’on pourra les varier à l’infini. Ce sont :

7,2 BÜRES" - LG DOCTEUR P. GILLETTE.

I ” Pour l’ensemble des ligures 628 : le cautère cylindre-conique A

Fig. 629. Cautères Paquelin. — A, cautère courbe ù grand diamètre transversal pour l utérus. — B, cautère courbe à petit diamètre h ansversal (polype naso-pharyngien).

Fig. 630. — Cautère Paquelin. — Ciseaux droits et courbes dont une lame est en acier et s'applique à froid.

de petits couteaux pour les opérations délicates telles que la tiw

chéotomie (B), le cautère pointu (G) à ignipunclure, le cautère à extrémité encore plus pointue (D) pour le traitement des tumeurs érectiles ; les cautères courbes à grand diamètre transversal (Fig. 629 A), pour agir sur le col utérin, à petit diamètre transversal (B) pour les polypes naso-pharyngiens, enfin les ciseaux (fig. 630) droits et courbes (pour les tumeurs pédiculées et les héinorrhoïdesj dont une lame est en acier et peut s’appliquer à froid.

a. arthrite surruRÉE de l’épaule. — Resection de la tête humérale. — Dans bien des scapulalgies suppurées,il est permis d’espérer, on peut même obtenir une guérison, et cela surtout chez les enfants, sans opération : mais dans beaucoup d’autres cas, la suppuration fournie par les os nécrosés est telle que l’économie, déjà épuisée par une affection à marche lente, ne peut plus résister et ne tarde pas à succomber à l’hecticitéi En pareil cas, il est impossible de compter sur l’élimination spontanée et on serait blâmable si on s’en tenait à l’expectation. Il faut de toute nécessité intervenir afin de de tarir la source du pus et de chercher à rendre au malade

un membre utile, en un mot, faire de la vraie chirurgie conservatrice.

Chloroformisation. — Pour pratiquer cette resection, M. Gillette ptéfèie le procédé de Langenbeck et de Malgaigne qui découvre bien mieux la tête humérale que les incisions externe ou postérieure dans lesquelles on est gêné par la présence de la saillie acromiale. — Incision verticale de 15 centimètres environ faite en avant et en de- V ans : rePousser le’tendon de la longue portion du biceps en dedans après avoir incisé toute l’épaisseur du deltoïde : section des brides qui retiennent encore la tête humérale à la cavité glénoïde. — Proéger les parties molles profondes avec une petite attelle: — faire basculer en avant et en dehors l’extrémité humérale, que l’on saisit *'d ®,de la Pmce-davier si commode du Dr Farabeuf (fig. 631 et 632), et la réséquer dans une étendue variable avec celle de la lésion soit avec la scie à chaîne, soit mieux avec la scie à main - Tels sont es principaux temps de l’opération. Explorer le vaste cloanue avec e oigt, et s il reste des fongosités tapissant la cavité glénoïde l la voûle acromio-claviculaire, les ruginer fortement. Établir à la par te poslérteure de l'épaule une contre-ouverture par où o fa sortir un gros dram traversant toute celte cavité.

Pendant l’opération, M. Gillette fait usage des pinces hémosla-

tig. 631. Davier à resection, du Dr Farabeuf. Une double articulation permet de saisir les os petits ou volumineux sans fatiguer les doigts,

7 la

tiques appliquées sur les artères qui donnent et retirées au bout de quelques minutes .sans avoir besoin de faire aucune ligature.

Bourrer l’intérieur de la cavité avec une masse de charpie imbibée d’alcool pur et maintenir l’avant-bras dans la demi-flexion et le bras dans l’immobilité par l’application d’une gouttière plâtrée prenant tout le moignon de l’épaule et descendant jusqu’au poignet. Ne lever l’appareil qu’au bout de trois jours : puis laver la cavité avec l’alcool pur et panser avec la charpie trempée dans un mélange à parties égales d’alcool et de glycérine neutre. Surveiller l’appareil plâtré de peur qu’il n’exerce une trop forte compression sur quelque point du corps; n’enlever le drain qu’au bout d’un mois.

M. Gillette a présenté à la Société de chirurgie un homme de 54 ans (1) opéré par lui par ce procédé et chez lequel le résultat avait été très-satisfaisant. Tous les mouvements se passaient dans 1 omoplate, celui d abduction était seul limité. 11 soulevait des fardeaux lourds.

b. TUMEUR DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE. — ReSCCtlOll partielle du maxillaire. — Emploi du thermo cautère Paquelin. — Usage de la sonde de Blandin et de la scie à main. — M. Gillette emploie le thermo- cautère pour sectionner les parties molles. Voici comment dans la resection partielle du maxillaire inférieur (parties molles envahies également) il a réglé l’opération dans un cas • d’épi thélioma enlevé par lui chez un homme de 68 ans (2).

Premier temps. Circonscription de la tumeur (parties molles) par le thermo-cautère. — Dans ce temps veiller à ce que le couteau soit conslammenlchauffé au rouge sombre ; n’intéresser lamuqueuse buccale et gingivale que dans les derniers moments pour éviter

l'effusion du sang dans l’arrière-gorge, si toutefois elle vient à se produire.

Deuxième temps. Section du maxillaire. — Division de la muqueuse buccale. — Pour pratiquer celte resection, M. Gillette préfère de beaucoup se servir, au lieu de^la scie à chaîne, de la sonde de B andin (fig. 633) et de la scie à main. 11 introduit rapidement cette sonde (bien commode dans les resections), pour la partie postérieure de bas en haut, pour la partie antérieure de haut en bas (après avoir enlevé les deux dents correspondantes) derrière le corps de l’os et le

‘ 2! Gillette’ nww/™ ? DulL de la Sociélé de c/u>., 10 janvier 1877.

de médecine \le P a aü ù / 1 e™°'caulere dms Ablation des tumeurs ( Société

sectionne facilement avec une petite scie h main. Il ne communique de ceLte façon aucun ébranlement à la mâchoire.

Ti oisieme temps. Pèdicuhsation de la tumeur. — Emploi de l'écraseur. — Ces deux premiers temps ont pour effet de pédiculiser la masse qui ne tient que par sa partie profonde au plancher de la

Fig. G33. — Sonde ù resection de Blandin.

A, articulation permettant dos mouvements de flexion.

bouche : il passe alors une anse d’écraseur derrière les sections osseuses et termine l’opération sans écoulement sanguin notable. Préalablement, avoir soin d’attirer et de fixer la langue hors de la bouche avec un fil pour éviter la rétraction et par suite l’asphyxie. Les deux figures (fig. 634 et 635) représentent la tumeur enlevée, vue d’un côté par sa face externe, de l'autre par sa face interne.

c. résection du maxillaire supérieur. — Procédé de Nélalon. — C’est le procédé de Nélalon côtoyant le rebord orbitaire pour suivre le sillon naso-génien qu’applique M. Gillette : il se sert de la scie à chaîne pour sectionner le pont osseux malaire (fig. 636), et de la pince de Liston pour couper l’apophyse montante et la voûte palatine.

d. coxalgie. — ■ Appareil de Bouvier. — L’appareil en cuir moulé de Bouvier (fig. 637 et 638) lui paraît très-commode pour la coxalgie ne s’accompagnant pas de fistule ou d’abcès. Il immobilise presque aussi bien que l’appareil de Bonnet et ne condamne pas tout le corps à une immobilité des plus absolues.

e. corps étranger du genou. — Opération de Desault. — M. Gillette ne saurait vulgariser cette méthode et préconiser dans tous les cas de ce genre l’extraction directe du corps étranger, ce qui peut exposer à des accidents dont on a plus d’un fois enregistré les funestes ré-

sultats dans la science. Toutefois l’opération de Goyrand d’Aix qui

met incontestablement à l’abri de ces accidents est loin d’être tou-

l'ig. Q5. — Meme tumeur vue par sa' face interne.

jours facile, et nous voyons dans bon nombre d’observations l’opérateur qui avait d'abord pour but de faire préalablement passer le

Résection du maxillaire supérieur.

1 o * 637. Appareil contentif de Boa-

VM- pour le traitement de la coxalgie C', Valves ouvertes avaut l’application.

fi.8* 638. — Appareil contentif ,/e Bouvier pour le traitement de la coxalgie.

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