AFFECTIONS DE L’ÉPAULE ET DU CRANE- - AMPUTATIONS
a. frottement sous-scapulaire. — Thérapeutique obscure. — - Électricité. — Prothèse. — M. Terrillon, dans son travail sur le frottement sous- scapulaire et le Développement d'une bourse séreuse accidentelle sous l'omoplate, a attiré l’attention des chirurgiens sur une
affection mal connuede beaucoup d’entre eux et inconnue à un nombre
encore plus grand : entre les faits produits par l’auteur, il y a certains traits communs dont les principaux sont la nature des frottements, le sens des mouvements qui les provoquent le mieux, l’abaissement du moignon de l’épaule pendant l’inaction des membres supérieurs, ainsi que l’écartement du bord spinal de l’omoplate de la cage thoracique, enfin le siège ordinaire des craquements au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate. L’étiologie de cette singulière affection reste obscure, car il n’est rien moins démontré que ces craquements ont toujours pour cause le développement d’une bourse sous-scapulaire. Or, la thérapeutique se ressent de cette lacune et est également très-obscure. M. Terrillon inclinerait à pencher vers l’influence des mouvements professionnels : dans un cas, un appareil prothétique a soulagé instantanément le malade et lui a rendu possible l’exercice de son métier.
b. luxation de l’épaule. — Tractions élastiques continues. — Celte méthode (1) inspire une grande confiance à ce chirurgien qui l’a employée avec succès un certain nombre de fois. On peut même dire qu’aujourd’hui, selon lui (2), elle est passée dans la pratique courante. Elle est d’une application facile et cause peu de douleur au malade. Elle supprime les dangers des tractions trop énergiques, puisqu’il suffit généralement chez un adulte de 10 ou 15 kilogrammes et assure les mômes avantages que la chloroformisation, sans que l’on ait à craindre les accidents qui surviennent quelquefois inopinément dans le cours de l’anesthésie la mieux dirigée.
Il adopte, à l’égard du chloroforme appliqué à la réduction des luxations, pleinement et sans réserve, la pratique de M. Gosse'in : c’est toujours une chose sérieuse que de chloroformiser un malade, et l’on ne doit avoir recours à l’anesthésie chirurgicale dans le traitement des luxations récentes que lorsque tous les autres moyens ont échoué. On se tromperait, du reste, si l’on croyait que
(1) Voy. le service de M. le Dr Tli. Anger.
(2) Terrillon, Th. agrégat., 1S75.