‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 15 sur 213 · M. LE DOCTEUR CUSCO · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR CUSCO

a. ÜLÉPHARO-miMOSis. — Nouveau procédé de canthoplasiie. — On sait que l'ancienne méthode appliquée conLrc le blépharo-phimosis

(1) Voir service du Dr F. Guyon.

(?) 1848. Chirurgien du bureau central. — 1802. Hôpital Lariboisière. — 18i2. Hôtel-Dieu.

affections OCULAIRES. 37

(paupières non suffisamment fendues) consiste à pratiquer, le plus souvent à l’aide de ciseaux, une simple incision à l’un des angles de l’œil, l’angle externe généralement : les deux nouveaux bords s’écartent d’eux-mêmes; le chirurgien augmente alors cet écartement en les renversant en dehors; puis, afin d éviter la récidive, il fixe, au moyen de quelques points de suture, tout au fond de la plaie et le plus près possible de la nouvelle commissure produite par l’incision, un petit lambeau de la conjonctive.

M. Cusco a remarqué que la canthoplastie pratiquée de cette manière ne donne pas toujours le résultat que l’on veut obtenir, et que le rétrécissement de l’ouverture palpébrale se reproduit de nouveau et nécessite une seconde et môme une troisième tentative; aussi, ce chirurgien a-t-il modifié le procédé classique et adopté le suivant, qui est fort ingénieux. Voici les temps de l’opération (œil du côté gauche par exemple).

1er temps : Taille du lambeau. — - Le chirurgien, tendant successivement la. peau des paupières à mesure qu’il en pratique la section, taille, à l’aide de deux incisions qui divergent à partir de la commissure palpébrale externe, un petit lambeau cutané triangulaire à base tournée en dehors, à sommet interne, c’est-à-dire répondant à l’angle externe des paupières. Ces deux incisions ont chacune 1 cent. 1/2 à 2 cent, de longueur, ce qui fait que la base du lambeau, qui représente un triangle isocèle, a également 2 centimètres.

2e temps : Dissection du lambeau. — A l’aide d’une pince, on soulève le sommet interne de ce lambeau que le bistouri dissèque peu à peu jusqu’à la base.

3° temps : Section de la conjonctive. — Un bistouri boutonné sectionne de dedans en dehors le cul-de-sac externe de la conjonctive.

4“ temps : Fixation du sommet du lambeau au fond de la plaie. — Ce dernier temps est le plus délicat de tous et nécessite une immobilité complète de la part du malade, sous peine, pour le chirurgien, de voir échouer son opération. Il consiste à fixer, par un seul point de suture, le sommet du lambeau ainsi taillé et disséqué, au fond de la plaie, en prenant avec lui le cul-de-sac conjonctival que le 3° temps a en quelque sorte reculé en dehors. — M. Cusco a vu constamment ce nouveau mode de canthoplastie élargir d’une façon définitive les paupières, sans nécessiter une nouvelle opération.

b. Glaucôme. — Iridectomie. — M. Cusco ne compte guère sur la médication antiphlogistique qui fait perdre un temps précieux, ni sur les purgatifs. La paracentèse de la chambre antérieure de l’œil

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ne procure au malade qu’un soulagement momentané, en raison delà diminution de tension qui n’est seulement que passagère: elle doit donc céder le pas à Yindectàmie qu’il faut pratiquer le plus près possible du début de l’affection.

Dans la forme aiguë, où la perle de la vision est si rapide, M. Cusco la pratique moins dans le but de rétablir cette vision (ce qui est très-aléatoire) que dans celui de faire cesser la tension intra-oculaire, et par conséquent les douleurs auxquelles cette dernière donne lieu.

Il opère le plus tôt possible dans la forme chronique, non pas pour rendre la vue meilleure, mais pour conserver au malade le degré d’acuité visuelle qu’il possède encore et pour faire disparaître l’élément douleur. Il étend cette excision, qui est fort large, jusqu’au bord pupillaire.

c. Choroïdite. — Thérapeutique hygiénique et médicale. — Le repos est indiqué et doit être appliqué indistinctement à toutes les variétés. Émissions sanguines locales et générales dans les exemples de choroïdite congestive et exsudalive et calomel à l’intérieur. Les collyres n'ont aucune action et ne doivent être employés dans aucun cas, à moins de complication. Dans la forme atrophique, l’organe doit être condamné au repos le plus absolu.

d. Cataracte. — Kératotomie. — Extraction linéaire modifiée. — M. Cusco n’opère pas les deux yeux le même jour ; il attend d’abord la maturité de la cataracte. Préférant l’extraction, il fait, à l’aide du couteau étroit de de Gi afe, l’incision linéaire aux dépens de la partie supérieure de la cornée ; il pratique ensuite une large excision de l’iris par deux coups de ciseaux. Cette ouverture est, dit-il, toujours assez large pour permettre, après la discision de la capsule, la sortie du noyau. Si, après celle extraction, il reste encore quelque parcelle de la substance corticale, il cherche à effectuer le nettoyage de la pupille en exerçant de légers mouvements de pression sur les paupières, mais ce n’est qu’exceptionnellement qu’il introduit des curettes pour éclaircir complètement le champ pupillaire. L’extraction faite de celle manière ne donne jamais de sang, comme cela arrive parfois au moment de l’opération de de Griife.

Polypes du larynx. — Arrachement au moyen de la pinte laryngée. — M. Cusco, afin de permettre l’examen facile du larynx, commence par établir la tolérance physiologique , c’est-à-dire

habitue le malade au contact de l’instrument, touche fréquemment le voile du palais avec un corps mousse quelconque et recommande au malade d’introduire à différentes reprises son doigt au fond de la gorge.

Pour pratiquer l’examen laryngoscopique, M. Gusco s’assoit devant le malade également assis et laisse parvenir au fond de la bouche un faisceau de rayons de lumière solaire dont on dirige aisément le foyer à l’aide d’une lentille enchâssée dans un trou pratiqué sur une vitre de l’une des croisées de l’hôpital ; puis, faisant ouvrir la bouche le plus largement possible, il saisit la langue avec une compresse sèche pour l’attirer hors de la cavité buccale (fig. 18). Comme le chirurgien a besoin de sa main droite pour manœuvrer

Fig. 18. — Luryngoscope cle Krishaber.

s ~ f 0menl de ''°réraUon- n ™>t que le malade

ai^ fnu 'm me1dfUrerSaianSue avec une de ses mains. -

sa ? spira io„PMer ré8U'ariser le pl"s PossiWe le rhylhmé de respiration, M. Cuseo saisit de la main gauche le m.roir carré le

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trempe dans l’eau tiède (fig. 20), l’essuie et l’introduit d’emblée sans saccade, de façon à ce que son bord inférieur, n’appuyant que sur la base de la luette, fasse à peu près avec le plan horizontal de la langue un angle de 45°. Le point de repère qu’il cherche immédiatement

Fig. 19. — Pince de Cusco.

Fig. 20. — Un jeu de trois miroirs carrés .

est l’image de l’épiglotte qui se trouve renversée et par conséquent sur la partie la plus élevée du miroir ; la glotte est sous-jacente. Si du premier coup il n’a pas pu reconnaître ces particularités, il imprime à la petite glace de légers mouvements de rotation, mais toujours suivant un axe transversal représenté en quelque sorte par le bord inférieur du miroir, sans produire d’inclinaison latérale. M. Cusco préfère, comme méthode thérapeutique, V eu- vachement ou Y excision.

Il se sert d’une pince ou d’une paire de ciseaux destinés à agir par les voies naturelles et qui sont construits sur le môme principe.

’ AFFECTIONS DES VAISSEAUX. — AFFECTIONS DES OS. il

Chacun de ces instruments est composé d’une branche courbe totalement fixe et d’une branche courbe totalement mobile (fig. 19) : cette dernière possède deux écrous, l’un qui la réunit à la branche fixe, le second, situé un peu en arrière, qui permet un mouvement de bascule, l’un sur l’autre, des deux leviers brisés dont se compose cette branche mobile ; à leurs extrémités se trouvent des mors plats ou légèrement dentelés pour la pince, et de petites lames coupantes et mousses à leurs pointes pour les ciseaux. — Un petit rebord saillant, situé sur le côté non tranchant de la lame de la branche fixe, permet, quand on a sectionné le polype, de l’enlever et d’éviter par conséquent sa chute dans les voies respiratoires. Quant à l’écartement et au rapprochement des mors ou des lames, ils correspondent à celui des anneaux qui terminent les autres extrémités des branches.

Anévrisme spontané de la fémorale (mixte externe, segment inférieur). — Ligature du vaisseau au-dessus du sac. — M. Cusco commence toujours par essayer la compression mécanique totale et intermittente de l’artère ; il se sert de l’appareil de M\ Broca (1). S’il ne voit pas d’amélioration, que la tumeur grossisse, devienne le siège de quelques douleurs et que les symptômes auxquels elle donne’ lieu fassent supposer qu’il s’est effectué une nouvelle déchirure du côté des membranes internes et un amincissement plus grand de la tunique externe, M. Cusco, craignant de voir survenir un anévrisme diffus, à la suite de la rupture complète de cette dernière membrane, se décide à intervenir et pratique la ligature de la fémorale parla méthode d’Anel, c'est-à-dire au-dessus de la tumeur, au niveau de la partie inférieure du triangle de Scarpa.

Fracture de la jambe. — Appareil inamovible. — Hyponarthécie. — M. Cusco, dans le but d’éviter la tuméfaction œdémateuse du membre, les douleurs qui en sont la conséquence et les soubresauts.de tendons, emploie presque toujours l’hyponarthécie. C est au hamac qu’il donne la préférence : après avoir attendu quelques jours, il applique généralement unapppareil plâtré (bandes de grosse mousseline pliées et plâtrées) et place le membre dans un

(1) Voir ce service:

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Fig. 21. — Appareil hamac de Scoutetten pour les fractures de la jambe.

hamac (en drap) un peu oblique du côté du malade et qui est sou- j tenu à chacun de ses quatre angles par un cordon se fixant aux tringles du lit du malade. — Un système de nœuds coulants permet d’élever ou d’abaisser facilement le hamac de façon à bien donner au membre l’inclinaison voulue. Au moyen de cette suspension, que •' M. Cusco emploie aussi assez souvent pour la plupart des affec-

tions inflammatoires de la jambe et môme de l’avant-bras, le membre oscille facilement en tous sens. Il ne peut s’effectuer aucune mobilité entre les fragments, eL le patient a la faculté de se remuer dans son lit sans crainte de les déranger. Ce mode de traitement permet aussi au chirurgien de faire une exploration rapide et facile de tout le membre blessé.

Ce mode de traitement est, à peu de chose près, l’analogue de ceux que Scoutetten emploie par l’usage de son appareil hamac (fig. 21) ' destiné aux fractures de jambes.

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