‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 39 sur 213 · HOMME, FEMME · texte numérisé non relu

HOMME, FEMME

a. Inflammation des vésicules séminales. — Antiphlogistiques. Térébenthine. — Ce chirurgien lui attribue, comme symptômes, les douleurs incessantes qui poussent les malades à uriner toutes les 10 minutes, la contraction musculaire du col non améliorée par l’usage des bougies, le pissement de sang et surtout la douleur très-vive provoquée par l’introduction du doigt dans l’anus jusqu’aux vésicules séminales, et l’expulsion de caillots de blanc d'œuf dans les urines. Il combat celle affection (1) par un traitement antiphlogistique, des quarts de lavements laudanisés, des bains de siège trèsprolongés et des balsamiques, térébenthine 2 grammes par jour.

b. Gommes. — Emplâtre de Vigo. Traitement mixte. — Iodure de potassium et onctions avec l’onguent napolitain, tel est le traitement à prescrire avant l’ouverture des gommes et en vue de la possibilité de leur résorption qui s’eflectue parfois sans presque laisser de traces : s’il se produit des ulcérations, on se contente d’appliquer des cataplasmes et d’attendre la chute des eschares : une fois la chute des parties mortiifiées effectuée, panser la plaie restante avec un emplâtre ou des bandelettes de Yigo. On peut remplacer l’usage simultané de l’iodure de potassium et des frictions mercurielles locales par celui du sirop de Gibert. M. Yerneuil a appelé récemment l’attention sur ces gommes péri- articulaires dont le siège a lieu de préférence dans les bourses séreuses (genou, coude, cou-depied, hanche) : elles peuvent, si elles ne sont pas soumises à un traitement approprié, déterminer des accidents du côté de l’article correspondant. Tou t récemment ce professeur a exposé ce traitement, à propos d’une discussion à la Société de chirurgie sur l’ostéo-sarcome articulaire ; il s’agissait d’un cas qu’il avait observé et dans lequel la présence de gommes volumineuses avait, par suite d’ulcérations nombreuses et d’épanchement plastique abondant, donné le change et fait croire tout d’abord à une tumeur de mauvaise nature : le traitement spécitique fut heureusement employé et jugea la nature de l’affection à laquelle on avait affaire.

c. Décuirure du périnée. — Avivement et sutures sans toucher à la

(t) Yerneuil, Journ. méd. et ch. pratiq., janvier 1874.

AFFECTIONS DU PÉRINÉE ET DES ORGANES GÉNITAUX

muqueuse rectale. — Lorsque la déchirure est incomplète, qu’elle est de date récente et n’a pas une étendue trop considérable, il ne pratique pas tout d’abord l’opération, il attend et se contente de maintenir au contact les lèvres de la plaie à l’aide de serres-fines : nous croyons, dans ce cas, que les grosses serres-fines à mors plats et larges recouverts d’amadou de Marcellin Duval peuvent trouver leur indication : c’est ainsi que nous les avons employées avec succès chez une dame dont la déchirure, suite de l'accouchement, s’était arrêtée en avant de l’anus et était par conséquent incomplète : ces serres-fines, en effet, ne sont pas pourvues de dents, et, n’agissant que par simple pression (fort énergique du reste), ne lacèrent pas les tissus et ne produisent pas d’eschares; — nous ne savons pas pourquoi vraiment elles ne sont pas plus employées dans les hôpitaux pour la réunion des plaies ou comme moyen de forcipressure.

Dans le cas de déchirure complète, il faut recourir évidemment à une restauration, mais nous croyons qu’il faut se garder d’opérer trop tôt : plus on attend, moins la perte de substance à réparer est considérable, et on doit laisser la nature diminuer la brèche autant que possible.

M. Verneuil est un de ceux qui ont apporté dans le traitement des

déchirures périnéales des modifications du plus haut intérêt.

Appliquant à la périnéorrhaphie le même principe qui domine dans l’opération de la fistule vésico-vaginale par le procédé américain, il avive obliquement la cloison recto-vaginale sans intéresser la muqueuse intestinale toujours moins tolérante que la muqueuse du vagin : celte dernière est également avivée dans l’étendue d’un centimètre à un centimètre et demi environ : il procède ensuite aux sutures métalliques.

1 Une suture entrecoupée pratiquée du côté du vagin en évitant de comprendre la muqueuse du rectum, a pour but de réunir les bords de la cloison recto - vaginale.

2° Pour le périnée, il emploie la suture enchevillée en comprenant une épaisseur de parties molles d’autant plus grande qu’on est plus rapproché de la vulve: c’est là une condition qu’il suit même pour les ptus Jarges déchirures, et il se dispense des incisions libératrices de Die fenbach (convexe en dehors et s’arrêtant à un centimètre en avant < e anus) on de Jobert (plus étendue, convexe en dehors délassant en arriéré l’orifice anal) qui ne lui semblent pas avoir une n fluence bien marquée sur le succès de l’opération.

Ln 1873, dans la séance du 19 février de la Société de chfrurgie

Gillette, — Chirurgie journ. jg

lOi HOPITAL DE LA PITIÉ. — LE PROFESSEUR YERNEU1L.

M. Letennenr, de Nantes, communiquait une observation où l’opérateur a suivi cette méthode avec succès (1).

d. Kyste ovarien. — Injection iodée, ses dangers. — Pour les kystes uniloculaires dont le contenu n’est presque jamais fdant, ce chirurgien proposerait volontiers les injections iodées; cependant il a noté en 1875 un accident survenu à la suite (2) d’une de ces injections, je veux parler de la perforation spontanée consécutive du kyste. Il s’agissait d’un kyste uniloculaire volumineux gauche dont . le liquide s’était reproduit à plusieurs reprises après la ponction * simple et deux fois suivie d’injection iodée proposée par M. Boinet. ' M. Verneuil ayant tenté une troisième injection, les douleurs augmentèrent, une péritonite sur-aiguë entraîna la mort. On trouva à l’autopsie une petite perforation sur le bord gauche du kyste.

c. Fistule vésico-vaginale. — Procédé américain. — Le nitrate d'argent, Y ammoniaque liquide ou la teinture de cantharides n’ont guère été recommandés que pour les fistules de dimension très-petite et surtout après l’opération de la fistule vésico-vaginale, Lorsqu’il reste un pertuis étroit.

Nous nous souvenons avoir vu, pendant notre internat, notre maître Michon, en 1861, à l’hôpital de la Pitié, guérir, par l’application successive de tampons de charpie imbibés d’ammoniaque, une fistule vésico-vaginale assez large pour laisser pénétrer la pulpe du doigt : l’occlusion mit plus d’une année à s'effectuer, mais elle fut complète au bout de ce laps de temps.

Si M. Verneuil emploie l’ammoniaque et la cantharide, c’est uniquement dans les cas de très-petites fistules anciennes ou récentes, dont le trajet est pour ainsi dire épiderme.

Il fait également usage de la teinture d’iode , mais seulement après l’opération, dans le but de modifier le tissu inodulaire en voie de formation-. Or, cette teinture stimule les bourgeons charnus et les vivifie même en modérant la suppuration sans l’arrêter toutefois complètement. Elle favorise, en un mot, dans les cas de retard de la cicatrisation, la réunion secondaire des bords de la fistule opérée.

Il emploie aussi la réunion secondaire après cautérisation à l’aide du thermo-cautère.

Une fois l’opération décidée, afin de mettre les tissus dans l’état le plus favorable, il prescrit un bain quotidien pendant quelques jours et des injections d’eau de guimauve; l’avant-veille on admi-

(1) Letennenr (de Nantes), Déchirure complète du périnée et d’une grande partie de

la cloison rectbvaginale. Opération ; guérison (Unit, de la Société de chirurg., 1873ty«"

(2) Verneuil, Progrès médical, 1875.

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