DU PIED
a. Anévrysme spontané de l’axillaire. — Compression indirecte intermittente. — Avant de recourir à la ligature, M. Verneuil essaie d'abord Y attitude forcée du bras, et si cette position ne donne aucun résultat, la compression de l’artère sous-clavière : il comprime ce vaisseau avec un sachet de plâtre ou une pelote moulée dans le creux sous-claviculaire: le malade peut exercer lui-même la compression continue sansse fatiguer et sans le secours d’aucun aide. Chez un malade (1) observé et traité par lui à Lariboisière en 1866, la tumeur avait diminué d’un tiers, six semaines après; les battements étaient faibles et le souffle doux, la tumeur devint dure et mobile et, du volume d’une orange qu’elle avait, elle arriva à cinq centimètres de diamètre; le malade quitta l’hôpital pour continuer cette compression chez lui.
b. Hypertrophie ganglionnaire. — Emploi du thermo-caul'ere. — Histologiquement, M. Verneuil (2) distingue six variétés de ces tumeurs ganglionnaires, savoir : 1° hypertrophie des follicules clos;
2° dégénérescence fibro-plastique ; 3° sarcomes exactement embryoplastiques; 4° squirrbe; 3° encéphaloïde ; 6° cancer primitif pur. Cette dernière est de toutes la plus rare, la première est la seule qui i soit susceptible de guérison complète, par ablation de la masse (il fait généralement usage du thermo-cautère), les S autres variétés récidivant, soit sur place, soit ailleurs, et se généralisant d’une façon fatale. - s
c. Ongle incarné. — Pansement à l'ouate. — Ce professeur pratique l’anesthésie locale soit avec l’éther (appareil de Richardson), soit avec le mélange de glace et de sel marin : ablation de l’ongle sans avoir recours à l’abrasion du bourrelet ulcéré. Immédiatement après ■ l'opération, M. Verneuil recouvre directement la plaie d’une couche d’ouate entourant tout le pied, maintenu solidement serré comme dans le pansement de M. A. Guérin (3). Lorsque la compression est fortement exercée, les douleurs, qui se sont manifestées après la suppression de l’anesthésie, secalmentet, dès le lendemain, l’opéré peut se tenir debouL et marcher, il peut même faire un travail, pourvu qu’il ne soit pas trop fatigant. Le pansement est laissé à de- -
(1) Verneuil, Gaz. hehdomad., n° 35, 1873.
(2) Id., Bu/l. de la Soc. de chir., 1§"2.
(3) Voyez le service de Al. le D1 A. Guérin.
AFFECTIONS DE L’ANUS ET DU RECTUM-
meure et n’est enlevé que si les douleurs reparaissent : sinon, on n’y touche pas pendant huit ou dix jours, au bout desquels il n’est pas rare de trouver la cicatrisation complètement achevée. Il suffît à ce moment de protéger la matrice de l’ongle et de la recouvrir avec un linge enduit de glycérine.
M. LE DOCTEUR Léon LABBÉ (1)