M. LE DOCTEUR DEMARQUAY
a. fracture de la clayiccle. — Opportunité de l'appareil. — M.'Demarquay ne pense pas, dans le traitement de ces fractures, que le chirurgien soit toujours libre d’employer ou de ne pas employer d’appareil. — En effet, s’il est des cas qui puissent être laissés à la discrétion du chirurgien (fracture sans déplacement considérable, sans complication), il en existe d’autres où l’intervention est utile aux jeunes femmes chez lesquelles on doit éviter la difformité, d’autres enfin où elle est indispensable : ce dernier cas se présente :
1° Quand on a affaire à des fractures s’accompagnant de douleurs parfois intolérables, qui sont dues à la disposition vicieuse des fragments et qui ne cèdent qu’à une réduction opérée puis maintenue et à l’immobilisation complète du bras ;
2° Lorsqu’il est à craindre de voir un des fragments percer la peau par une extrémité acérée.
La variété d’appareil à appliquer varie selon le cas présent. On doit faire un choix en rapport avec le plus ou moins de facilité du maintien de la réduction. On peut également essayer, pour obtenir une bonne coaptation et surtout pour la fracture de l’extrémité externe avec déplacement (ce qui est rare), l’appareil que ce chirurgien a imaginé pour les luxations de la clavicule.
b. LUXATION DE LA CLAVICULE PRÉ-STERNALE. — Appareil spécial.
L’appareil construit par M. Demarquay est une combinaison des bandages moulés avec le mécanisme des moyens de pression directe. — Un plastron de cuir rigide doublé d’une peau douce A
(1) 1852, chirurgien du bureau central ; — janvier 18G0 à 15 février 18G0, maison d'accouchements ; — 15 février 18G0 5 21 juin 1875, maison municipa e c santé. Décédé le 21 juin 1875.
affections OSSEUSES ET ARTICULAIRES. 4H
(fig. 336), exactement conformé sur le moule de plâtre du sujet, embrasse la base du cou, les épaules et la partie supérieure de la poitrine. — Ce plastron ne détermine aucune gêne, car il est léger et bien régulièrement adapté; il se boucle en arrière. — L’élévation dubras seule est empêchée, et cela fort heureusement, mais les autres mouvements sont libres. — Enfin, ce plastron supporte l’agent de pression directe qui consiste dans un ressort d'acier courbé en arc situé obliquement au-dessus de l’épaule malade, et s’étendant depuis la région scapulaire postérieure jusqu’au niveau de l’extrémité sternale de la clavicule. Le bord postérieur de cette lame élastique est rivé à la surface du plastron derrière l’omoplate. Son bord antérieur supporte une pelote BC dirigée d’avant en arrière et mobile sur son axe par une articulation à pivot central. Cette pelote BC, concave ou convexe selon le besoin, traverse un trou pratiqué dans le plastron pour appuyer directement sur l’os luxé; afin d’éviter tout déplacement en haut, l’appareil est assujetti au corset ou au pantalon à Laide de bretelles élastiques (1).
Fig. 336. — Appareil de Demarquay pour la Fig. 337. — Énucléation interne de contention des luxations de lu clavicule. l'astragale.
c. luxation sous-astragalienne avec i’laie. — Extirpation de l astragale. — Si la tête astragalienne est expulsée de l’articulation,
(1) Demarquay, Appareil contentif des luxations de l'extrémité interne de la clavicule {Bull, de l’Acad. de.méd., 1865, t. XXX, p. 1173).
fait saillie à travers les téguments déchirés (fig. 337), et que la totalité du corps de l’os ait perdu ses connexions avec les autres surfaces articulaires environnantes (véritable énucléation de l’as-
Fig. 338. — Daviers de forme américaine.
tragale), M. Demarquay pense qu’il est plus opportun d’avoir recours à l’ablation de l’astragale en entier qu’à la résection simple, par la raison que, si on en conservait une partie, cet os jouerait évidemment le rôle d’un corps étranger. La manœuvre opératoire est, du reste, des plus simples : il suffit d agrandir la plaie a\ec e bistouri, de saisir l’astragale avec un fort davier (tig. 338), de le dégager des attaches ligamenteuses qui le retiennent encore
au squelette et de l’enlever de la plaie. Si on a le soin de ménager les tendons et l’artère pédieure l’opération se fait aisément et presque sans hémorrhagie.
cl. coxalgie a la troisième période. — Débridements multiples. — Si les lésions articulaires (carie, nécrose, etc.) sont très-prononcées, M. Demarquay pense que le malade ne peut tirer bénéfice d’une résection qui est par elle-même une opération très-grave. Il se contente de pratiquer tout autour de l’articulation malade des contre-ouvertures multiples, de faire des injections détersives et de condamner le malade au repos le plus absolu.
a. varicocèle. — Méthode de Ricord. — M. Demarquay emploie d’une façon presque exclusive la méthode de M. Ricord (fig. o, p. 6), qui produit une section lente des veines du cordon et leur oblitération consécutive. Ce procédé met le malade à l’abri de la phlébite qui est un des accidents les plus à craindre après cette opération. — Elle ne devient dangereuse que si, dans le passage des fils, on a transpercé une veine; elle est, au contraire, à peu près inoffensive si, dans chacune des anses, on a le soin de comprendre, avec le paquet veineux, le tissu conjonctif ambiant.
b. rétrécissement de l’urètüre. — Cautérisation. — Porte-caustique spécial. — Bien que ce ne soit pas la méthode qu’il préconisa dans la plupart des cas, M. Demarquay a imaginé, pour pratiquer cette cautérisation, un porte-caustique analogue à celui de Lallemand (fig. 339 et 340), auquel il a ajouté une petite sonde à robinet, cbf, qui permet de faire (fig. 3 40) , immédiatement après la cautérisation, une injection d’eau froide et de se rendre compte, par l’issue de l’urine, du moment où on arrive dans la vessie.
c. piiimosis. — Fixation du prépuce. — Excision. — Serres-fines. — - M. Demarquay pense, à l’exemple de M. Chassaignac, qu’afin de sectionner en même temps et au même niveau la peau ainsi que la muqueuse, et de se mettre à l’abri du glissement des deux feuillets l’un sur l’autre, il faut toujours commencer par fixer et tendre le prépuce : à cet effet, il a l’habitude de se servir de deux pinces à torsion qu’il introduit entre le gland et le prépuce et avec lesquelles il saisit ce dernier dans deux points opposés.
Une fois ce premier temps effectué, il traverse la peau et la muqueuse de deux 01s qui servent les fixer, il excise à l’aide du bistouri, puis il termine en fendant avec des ciseaux le restant de la
muqueuse jusqu’à la rainure glando-préputiale. — Serres-fines. Pour qu’on puisse espérer obtenir la réunion par première inlen-
Fis. 339. — Mandrin ue ta ng. üiu. — y*'
sonde à cautériser et uréthral de Démarquai/. de Demarquay. 1
porte-caustique de Lallemand.
Lion, il faut de toute nécessité arrêter complètement l’écoulement sanguin. Lorsque la section porte trop près du filet, cet écoulement peut même devenir une véritable hémorrhagie. Ce chirurgien a
cité (1) un exemple de cette nature, qu’il a observé à l’hôpital du Midi et dans lequel une hémorrhagie, dont la cause avait été la section du frein, fut assez inquiétante pour menacer la vie du malade.
Fig. 342. — Pohjpe utéro-fo/liculaire à long pédicule.'
a > grandes lèvres ; b, clitoris ; c, petites lcvres ; d, bord ment de 1 hymen; /", corps du polype (Boivin et Dugès).
antérieur de l’orifice du vagin
; e, seg-
d. urétérotomie externe. — Conducteur spécial. — M. Demarquay pratique cette opération par une incision transversale ou curvi igné analogue à celle de la taille prérectale : il fait usage (pour ur t rotomie sur conducteur) d’un conducteur ingénieux (fi<r. 341) qui remplit le triple but d’être explorateur, de diriger la marche du
(1) Demarquay, Bull, de la Soc. de chir., 18C9.
il 6 MAISON MUNICIPALE DE SANTÉ. — LE DOCTEUR DEMARQUAY.
bistouri et d'aider à introduire une sonde dans la vessie après l’opération. Il se compose d’une sonde sur laquelle se monte un curseur olivaire cannelé, ce qui permet d’inciser, sur sa cannelure, le rétrécissement, et pointue à son extrémité vésicale.
e. polype fibreux utérin. — Écrasement linéaire du pédicule. —
Si le pédicule est très-étroit, il emploie la torsion; s’il est plus large mais accessible aux doigts, il préfère l’écraseur linéaire. Dans un cas que nous avons observé dans son service en 1873, le polype s’étant gangréné sur place et faisant saillie dans le vagin, M. Demarquay n’attendit pas l’expulsion spontanée, de crainte d’infection putride. Il en pratiqua l’extirpation. A la suite de l’opération, la malade eut une pelvi-péritonile suppurée dont le foyer se vida soit par le vagin, soit par le rectum, et elle finit par guérir.
f. polype utéro-folliculaire. — Torsion. — Cautérisation. — Ecrasement. — Dans cette variété (fig. 342), si le polype a un pédicule long et grêle, M. Demarquay emploie soit l’excision avec des ciseaux^ courbes, soit la torsion suivie de la cautérisation du point d’implantation avec un ou deux boutons de feu (1). Écrasement linéaire si le pédicule est plus volumineux. Surveiller l’état de la cavité utérine et, quelle que soit la facilité avec laquelle s’effectue l’opération, éviter de la pratiquer dans le cabinet du chirurgien, llepos.
g. kyste de l’ovaire. — Trocart-hthotome . — Cet instrument, peu employé de nos jours, que M. Demarquay a fait construire est composé d’un gros manche terminé : 1° par un trocart-canule dont le robinet coudé se trouve au niveau du talon de l’appareil; 2° par une branche du lithotome caché, représenté ouvert sur la figure.
Fig. 343. — Lithotonie de Demarquay.
Cet instrument (Gg. 343) permet de faire la ponction, de laisser écouler le liquide et, si on le juge nécessaire, d'agrandir l’ouverture en faisant jouer la lame du lithotome.
k. met rite hémorrhagique . — Curette de Récamier. — L'abrasion de la cavité utérine par cetLe curette (Gg. 344) a passé aujourd’hui dans la pratique. M. Demarquay en a obtenu les meilleurs résultats
(1) Martin, Essai sur les tumeurs folliculeuses hypertrophiques , Th. inaug., 1859 ; Traité clinique des maladies de l’utérus, par Demarquay et O. Saint-Vel. I ans, ;
ô la maison de santé. D'ordinaire, l’opéralion est suivie d’un écoulement minime de sang'.
Fig. 344. — Curette de Rècàmier.
i. abaissement utérin. — Pessaire en raquette. — C’est du pessaire de M. Hervez de Chégoin (fig. 34o), dit en pelle ou en raquette, que
se sert M. Demarquay contre les abaissements légers ou déviations de l’utérus. Il ne lui a jamais occasionné de mécompte, et il présente, selon lui, de grands avantages. C’est surtout dans les cas de rétroversion (fig. 346) que ce pessaire lui paraît indiqué. Toutefois, son application doit être précédée, pendant un certain nombre de jours, par celle d’un pessaire de corne à lige plus longue.
— 11 emploie également le pessaire à air (fig. 343) engimblelte, muni d’un robinet et dans lequel on fait passer de l’air au moyen de la poire en caoutchouc.
j. cancer du col utérin. — Flèches de pâte de Canquoin. — Lors-