LE DOCTEUR ARM. DESPRÉS
l’articulation au milieu de la plaie. — La désarticulation du genou,
pour le moins, ne pourrait être acceptée que dans les cas où le traumatisme de la jambe, avec fracas des os et délabrement des parties
molles, ne siège qu’à la partie inférieure de ce membre, et n’a aucun retentissement sur le genou : encore, dans ce cas, faut-il que le sujet soit jeune et vigoureux.
Il admet assez volontiers l’indication de la désarticulation du genou dans les cas de tumeur néoplasique du tibia : c’est la méthode de Smith (deux lambeaux, un antérieur long et un postérieur court) qu’il choisit. Nous donnerions plutôt la préférence à la méthode elliptique qui permet de recouvrir bien plus facilement les condyles fémoraux au niveau de chaque extrémité du diamètre transversal,' et qui comprend également à la partie postérieure un petit lambeau musculaire ayant pour effet de combler l’espace inter-condylien. M. Després croit qu’au point de vue delà prothèse, la désarticulation du genou est loin d’offrir plus d’avantages que l’amputation de la cuisse au tiers inférieur.
Quant aux désarticulations accompagnées de résection des condyles, à la suite de blessures par armes à feu du genou, elles sont fréquemment pratiquées par les chirurgiens américains, mais elles n’offrent pas de grande différence avec les amputations de cuisse suscondyliennes et, au point de vue du résultat, elles ne semblent pas être bien supérieures à l’amputation de la cuisse en bas.
h. fractures de IA jambe. — Attelle plâtrée immédiate. — M. A. Després dans ces fractures ne fait usage ni des gouttières qui ont le désavantage de déterminer de la roideur arLiculaire du genou et du cou-de-pied, ni des pointes de Malgaigne, ni des pelotes à compression de Laugier, ni de l’attelle de Dupuytren. Il reconnaît de grands
t'ig. 426. — Gouttière en linge plâtré de Herrgott.
avantages aux gouttières moulées en fd de fer de M. Sarazin (fig. 427), et à la gouttière en linge plâtré de Iiergott (fig. 426), mais il préfère de beaucoup l 'attelle plâtrée de Maisonneuve avec certaines modifications relatives à la préparation de la bande et aux Gillette.— Chirurgie journ. 32
moyens de déligalion de l’appareil (1). Quelle que soit la fracture de jambe, toutes les fois que les désordres ne sont pas tels qu’il faille amputer, on peut appliquer l’appareil plâtré de la manière suivante
F/'g. 427. — Appareil de Ch. Savazin.
(fig. 427 et 4 28) : on taille dans une pièce de grosse tarlatane de 50 centimètres de large une longueur qui égale le double de la hauteur,
Fig. 428. — Attelle plâtrée immédiate maintenue par trois coUrroies élastiques, Appareil à fracture de la jambe vu de profil.
depuis la tubérosité antérieure du tibia jusqu’à la plante du pied : on plie la bande en plusieurs doubles, de manière à faire une bande
Fig. ,429. — Le même appareil, vu de face.
de 8 à 10 centimètres de large ; réduction de la fracture que l’on fait maintenir par un aide; on délaye dans un vase en terre du plâtre moulu dans de l’eau simple (l’eau gélatinée ou salée ne \aut pas mieux, selon lui, que l’eau simple) à la température ambiante
(1) A. Després, Bull. gin. de tliérap. méd. et chir., 15 octobre 18 1 3.
ou un peu tiède ; le plâtre lié, on chiffonne la bande de tarlatane déployée, on la trempe dans le vase et on l’imprègne bien de plâtre; cela fait, on retire la tarlatane et .
on la plie en plusieurs doubles, comme précédemment; le membre bien tenu, le chirurgien place la bande-plâtre en appliquant le milieu sous la plante du pied et en faisant remonter lefe deux chefs en dedans et en dehors de façon à les coller sur la jambe. Il ne doit pas faire remonter la bande jusqu’au genou, ni même dépasser les tubérosités du tibia.
Pendant la dessiccation de l’appareil (un quart d’heure), le chirurgien presse dans un sens ou dans l’autre, de façon â corriger le déplacement et à renforcer l’attelle avec du nouveau plâtre ; on polit et on arrondit les bords avec une spatule. Enfin, M. Després place trois courroies de tissu élastique munies de boucles, une au niveau de la fracture, une au-dessous, la troisième au-dessus : la peau où porte chaque courroie est protégée par une compresse. Cet appareil que l’on doit surveiller pour éviter les eschares n immobilise ni le genou ni le cou-de-pied, permet aux malades de se coucher comme ils veulent , maintient les fragments, et laisse toute latitude pour le pansement des plaies.
i. fracture de cuisse. — Appareil américain. — 11 préfère pour ce genre de lésion l’appareil américain (fig. 430), qui est un perfectionnement de l’appareil de Desault, modifié par Boyer. (Longue attelle coudée en bas avec crochet et vis; — bandage de corps, sous-cuisse pour la contre-exten-
Fig.