‹ Chirurgie oculaireChapitre 16 sur 108 · Annales d'oculistique, t. LXXI, p · texte numérisé non relu

Annales d'oculistique, t. LXXI, p

scléro-cornéenne, ce qui est évidemment un avantage, mais l’espoir qu’en plaçant la plaie en haut on permettrait à la paupière de masquer la déformation cornéenne (astigmatisme) qu’entraîne la cicatrisation d’un pareil lambeau est absolument illusoire.

Suivant la description de M. Warlomont , on introduit au bord de la cornée un couteau de de Grciefe de moyenne largeur, à 1 millimètre au-dessus de son diamètre transverse, le tranchant étant tourné en haut et légèrement en avant, de manière que le plan de l’instrument fasse avec celui de l’iris un angle de 20 à 50 degrés. « L’instrument est alors poussé horizontalement et doit sortir en un point correspondant. Cela fait, au moyen de quelques mouvements de scie imprimés au couteau, de façon à lui faire parcourir insensiblement un arc de cercle en avant, on achève la section en sortant à peu près perpendiculairement à la cornée, vers l’union du tiers supérieur avec le tiers moyen de cette membrane,

ou un peu plus haut. Pour en arriver à donner au lambeau une courbure régulière (11g. 18), il faut, dans ce temps de l’opération, se garder d’attaquer la cornée de ses deux côtés à la fois; on doit, au contraire.

relever le couteau par des mouvements alternatifs légers, tantôt du côté de la pointe, tantôt du côté de son talon. » Nous pouvons aussi appliquer à cette section ce que nous avons déjà dit pour la précédente. C’est que des noyaux peu volumineux sortent avec une très-grande facilité par une pareille section, mais que des cristallins compactes doivent exécuter un mouvement de bascule bien autrement complexe que ne le paraît indiquer le dessin qui accompagne la description. Dans ce dessin on représente en effet cette évolution comme si elle se produisait dans un œil dont la chambre antérieure a été conservée et dont la cornée se trouve dans sa position normale. Mais les choses se passent tout autrement, lorsque l'humeur aqueuse s’est écoulée et la pu-

pille contractée : le cristallin vient se placer contre la surface postérieure de l’iris, et celui-ci s’adosse à la cornée.

Dans ces conditions, le mécanisme de sortie, à travers une ouverture périphérique et après excision partielle de l’iris, doit forcément être beaucoup plus simple que le renversement que doit exécuter le cristallin dans le procédé belge. Dans le premier cas une légère pression avec la spatule i suffit pour faire remonter le cristallin avec la plus grande facilité, tandis que dans le second une certaine pression est nécessaire pour refouler le bord inférieur du cristallin en arrière, et pour faire glisser, à travers l’iris pressé contre la cornée, le bord supérieur jusque vers l’ouverture cornéenne assez éloignée de ce bord. Mais, répétons-le, ces considérations n’ont de valeur que pour des cristallins durs et compactes, tandis que pour des cataractes à masses corticales mollasses et abondantes je veux parfaitement reconnaître que « l’issue du cristallin s’opère avec une extrême facilité; qu’il suffit d’exercer une légère pression sur le globe, immédiatement au-dessous de la cornée, avec une curette, ou à travers la paupière inférieure au moyen du doigt. »

Quoiqu’on ne puisse pas admettre que, par suite de la situation moins périphérique des extrémités de la plaie, et de l’éloignement du sommet de la section du bord d’une pupille contractée, 1 iritis est peu à craindre, « car l’iris a été à peine touché l, et il n’y a ni irido-choroïdite, ni ophthalmie sympathique», ce qui empêchera encore celte méthode de se généraliser, c’est qu’elle ne donne, dans les cas d’exagération de la pression, et celle-ci peut se rencontrer avec toutes sortes de cataractes mollasses ou dures, aucune garantie contre les enclavements de l’iris. Car peu importe l’emplacement du sommet de la section relative-

1 . Ou s est donc dérobée la portion d’iris avoisinant section pendant l’issue du cristallin ?

les extrémités

de la

ment au bord pupillaire ; ce qu’il faut considérer, ce sont les extrémités de la section près des points de ponction et de contreponction, qui, après écoulement de l’humeur aqueuse, viennent surtout se mettre en contact avec l’iris.

Ce simple rapprochement des extrémités de la plaie du bord cornôen, si l’on ne fait pas l’excision de 1 iris, ne garantit, pas plus que dans la section de Liebreich, des enclavements ; et j’ai vu ceux-ci déterminer des irido-choroïdites les plus redoutables, des irritations sympathiques et des complications glaucomateuses tardives, sur des malades opérés par des confrères, rares, à la vérité, qui affectionnent ce genre d’opération. Aussi peut-on prédire sûrement que cette méthode ne se répandra pas comme procédé unique, applicable à la cataracte sénile.

Au contraire, l’extraction à lambeau périphérique combinée peut être généralisée, quoiqu’un opérateur soucieux d’arriver au plus haut degré de perfection possible trouvera préférable de réserver, pour l’extraction périphérique simple, les cas véritablement appropriés à la conservation d’une pupille ronde.

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