‹ Chirurgie oculaireChapitre 37 sur 108 · Fragments d’ophthalmologie, Paris · texte numérisé non relu

Fragments d’ophthalmologie, Paris

MM. Volkers et Ilolm L’innocuité que présente un pareil tatouage, exécuté dans un but optique pour masquer une pupille artificielle, démontre surabondamment combien des confrères qui n’ont jamais pratiqué cette opération ( Giraud-Teulon ) jugent mal la question lorsqu'ils veulent assimiler l’incorporationdu charbondansla cornée aux effets des corps étrangers.

Nous exécutons très souvent le tatouage sur des yeux désorganisés au plus haut degré; il est évident qu’en les colorant nous ne prétendons pas leur donner ainsi un brevet qui les garantisse de tout accident ultérieur susceptible de dériver de leur désorganisation même. Aussi, lorsqu’un œil qui a été autrefois tatoué réclame, pour des complications survenues plus tard, l’énucléation, le spécialiste est-il exposé, comme le prouve la discussion qui a eu lieu à la Sociélé de chirurgie, à ce que, par une fausse interprétation des faits, on charge sa conscience de cette opération, en l’accusant d’avoir provoqué des accidents dont le tatouage est, bien entendu, absolument innocent.

Le traitement des opacités de la cornée par Yabrasion, que Saint-Yves avait déjà pratiquée dès 1722, n’est plus guère usité depuis que l’on a pu se renseigner sur la nature des taches cornéennes, et qu’il a été reconnu que le tissu cicatriciel qui les constitue pénètre en général à une très-grande profondeur au delà de la surface de la cornée; en sorte qu’en ayant recours à l’ablation, dont les conséquences ne sont nullement insignifiantes quand on doit attaquer une couche aussi épaisse, on n’obtient d’autre résultat que de remplacer les parties enlevées par une nouvelle couche de tissu cicatriciel qui n’est guère plus diaphane que l’ancienne.

La seule exception à faire à cette règle serait dans le cas où le tissu cicatriciel, pénétrant peu profondément, devrait en majeure partie son défaut de transparence à un dépôt de sels métalliques ou calcaires. Evidemment on peut obtenir

Abrasion des opacités cornéennes.

1. Die Therap. Bedcutung des Tœtowirens. Kiel, in-4°, p. 19, 1876.

Ablation des staphylomes partiels.

ici, par la substitution d’une couche cicatricielle dépourvue de tout dépôt, une transparence bien plus considérable. Il arrive même, à la suite de traitements irrationnels, que des dépôts très-épais, formant une sorte de coquille qui ne s’implante guère au delà de la couche épithéliale, peuvent être enlevés aisément avec une curette, ou séparés sous forme d’un feuillet à l’aide d’une spatule ou du tranchant d’un couteau de de Graefe.

Ce qu’il faut surtout éviter, lorsqu’on pratique l’abrasion, c’est que la reconstitution de la couche la plus superficielle de la cornée se fasse dans une période de sécrétion morbide de la conjonctive. Ainsi que M. CasLorani , sans connaître l’immigration cellulaire, l’a déjà démontré en 1862, l’opacité s’accuse d’autant plus que la sécrétion conjonctivale est elle-même plus marquée. Aussi devra-t-on faire usage, après toute abrasion, des pansements antiseptiques, des instillations d’ésérine et de la compression ; il sera aussi indiqué de prendre un soin tout particulier pour le nettoyage répété de l’œil opéré.

Malgré les avantages que donnent ces précautions exactement prises, nous déconseillons l’abrasion chaque fois que l’on ne réussit pas à soulever l’opacité, en quelque sorte, comme une pellicule, et qu’on se trouve dans l’obligation d’entamer la cornée pour y pratiquer une véritable plaie. Dans ce dernier cas le malade n’aura guère de chances de tirer quelque bénéfice de l’opération, même si on arrive à détourner autant que possible l’immigration cellulaire venant du dehors.

Lorsqu’il ne s’agit plus de cicatrices plates, mais ecta tiques, les diverses opérations de staphylome trouvent alors leur application. Il a été question ailleurs de l’excision d’un lambeau cornéen pour combattre le staphylome pellucide '. Nous aurons maintenant à nous occuper de l’ablation des staphy-

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