Wiener med. Zeitschrift , n
Graefe à procéder à celle dilacération, soit au moyen de deux aiguilles suivant Bowman, soit avec une simple aiguille falciforme comme de Graefe l’a conseillé.
Hien que nous soyons encore actuellement bien peu fixés sur les données étiologiques qui, dans chaque cas particulier, ont été l’origine de ce déplacement de la rétine si préjudiciable pour la vue, il est cependant déjà acquis qu’il faut absolument éviter de toucher aux parties sus-jacentes à la rétine, afin de ne pas encore désorganiser le corps vitré, dont l’altération morbide joue un rôle des plus importants dans l'étiologie du décollement.
Tout en admettant la justesse de cette observation, que ce sont principalement les décollements ayant été le siège d’une déchirure au moment où la rétine s’est détachée de la choroïde, qui permettent le mieux aux éléments rétiniens d’èlre conservés, et montrent le moins de tendance à progresser, on devait aussi reconnaître, en considérant la persistance de pareils soulèvements, que dans le simple établissement d’une telle déchirure ne devait pas être cherché le point essentiel de l’opération.
M. Secondi 1 a eu l’idée de combiner ce déchirement avec l’évacuation à travers la sclérotique du liquide sousrétinien, ce que nous avions du reste cherché déjà à obtenir, il y a dix ans, en enfonçant dans la sclérotique un étroit couteau de de Graefe que l’on faisait pénétrer à une suffisante profondeur pour traverser la rétine, de manière qu’en inclinant le couteau sur son axe, on incisait cette membrane et on laissait échapper le liquide sous-rétinien. Incontestablement ces combinaisons multiplient le traumatisme; et ce qui rend surtout leur application difficile, c’est qu’on opère sans contrôle direct sur le point qu’on doit attaquer dans la partie décollée : on reste à la fois dans l’incertitude pour savoir si l’on a réussi à établir une dilacération, et si
1. Cura radicale del dix! a ceo retinico medianle la idrodictiotomia. Genova, in-8°, p. 19, 1878.
l’on n’a pas dépassé, par une déchirure trop élendue, le but proposé.
Une tentative bien justifiée au point de vue étiologique du décollement, était de chercher à procurer au liquide sous-rétinien, au fur et à mesure de sa production, un écoulement au dehors à l’aide d’un drain placé dans la sclérotique et que l’œil pût supporter sans inconvénient. Ce sont ces trois procédés : la dilacération , la simple ponction et le drainage que nous avons à passer successivement en revue.
Il me parait inutile de parler de Y aspiration du liquide Aspiration, sous-rétinien, pour laquelle ne plaide aucun avantage, tandis qu’elle présente de graves inconvénients, à moins qu’on ne montre la même hardiesse opératoire que M. Weber, qui veut obvier aux fâcheux effets de l’aspiration, en restituant à l’œil la quantité de liquide qu’il en retire.
Ce que l’on pourrait tenter à cet égard serait d’employer une pompe à double effet, munie de deux canules, dont une aboutirait, une fois enfoncée dans l’œil, à la poche sousrétinienne, tandis que l’autre plongerait dans la partie de l’œil située au-devant du décollement. Cette petite pompe serait destinée, lorsqu’on la mettrait en mouvement, à chasser au-devant de la rétine le liquide situé au-dessous d’elle. Le principal obstacle dans l’emploi d’un pareil instrument ne résiderait pas dans la difficulté de sa construction (pour éviter de chasser de l’air dans l’œil), mais bien dans l’absence de contrôle pour pouvoir juger de l’emplacement des extrémités des deux canules, de façon à être assuré de toujours soustraire et injecter le liquide aux endroits convenables.
La simple aspiration, connue du reste depuis assez longtemps, n’a aucune raison d’être : car combien de fois ne vous ai-je pas montré avec quelle facilité le liquide sousrétinien, lorsqu’on pratique la ponction, s’insinue, uniquement par la pression intra-oculaire, sous la conjonctive qu’il soulève en un large bourrelet? Une pareille aspiration
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Dilacération.
exercée sur un liquide tellement fluide qu’il s’échappe, sous l’action de la pression intra-oculaire, à travers la plus élroile ouverture, ne présente donc que tous les inconvénients de ce mode d’opération, sans offrir le moindre avantage sur les simples ponctions au moyen d’étroits sclérotomes1.
Voici ce que dit M. de Arlt 2 relativement à la tentative de M. Weber : «M. Weber m’a montré, en septembre 1 875, un instrument pour la ponction de la rétine qu’il, emploie depuis plusieurs années dans des cas appropriés. Cet instrument ressemble à une seringue de Pravaz, avec une canule extrêmement fine, à laquelle vient s’adosser à 4 ou 5 millimètres de distance une seconde canule, de manière à former ensemble vers l’extrémité une aiguille qui va en s’épaississant en arrière. La canule la plus courte qui doit aboutir dans l’espace sous-rétinien est destinée à amener le liquide au dehors; parla plus longue canule, on peut injecter du liquide dans le corps vitré, de façon à presser l’épanchement sous-rétinien vers l’extérieur. » Évidemment ces deux canules ne peuvent aboutir à un seul corps de pompe, ou au moins ne doivent à la fois rester perméables lorsqu’un unique corps de pompe fonctionne.
La dilacération de la rétine, telle que de Graefe l’a conseillée, se pratique de la manière suivante. Comme je n’exécute jamais moi-même ce genre d’opération, que je crois irrationnel, j’en emprunte la description à mon an-
1. M. A. Weber a déjà eu l’idée, il y a de nombreuses années, d’aspirer le liquide sous-rétinien en même temps qu’il obviait aux inconvénients de l’aspiration, et qu’il facilitait par pression l’écoulement de la sérosité aspirée, par une injection de liquide dans le corps vitré. Il faut reconnaître que c’est imposer un sérieux traumatisme à Un œil atteint déjà d’une grave désorganisation, et qu’on expose encore cet organe aux grands inconvénients d’un excès de pression. La seule chose qu’on puisse se permettre de tenter, c’est de faire usage de la collection sous-rétinienne, pour injecter dans le corps vitré ce même liquide fort albumineux, sans qu’il ait été mis en contact avec l'air, et à mesure qu’on le soustrait de l’œil.