‹ Chirurgie oculaireChapitre 70 sur 108 · Thérapeutique oculaire , p · texte numérisé non relu

Thérapeutique oculaire , p

du rebord orbilairc ; puis nous luxons le globe de 1 œil lois que nous nous sommes bien assuré que la cuiller se trouve à cheval sur le nerf optique.

Le temps le plus difficile de l’opération consiste à bien sectionner le nerf optique ; pour cela il importe de très exactement diriger le long de la cuiller les ciseaux mousses (d’un calibre un peu plus fort que ceux qui ont servi à détacher les muscles). En arrivant à l’extrémité de la cuiller, on écarte les branches des ciseaux pour donner un coup sec de cet instrument à 5 ou 4 millimètres en arrière de la cuiller. Par le brusque dégagement que subit celle-ci, on sent immédiatement lorsque l’on a détaché le globe du nerf optique. Attirant ensuite avec les doigts l’œil au dehors, on en dégage rapidement les muscles obliques.

S’agit-il d’un œil dont le volume a été fortement réduit? Dans ce cas on peut parfaitement se passer de tout instrument conducteur, et le meilleur guide est certainement le doigt qu’on fait glisser, près de l’extrémité temporale du rebord orbitaire inférieur, sous le globe de l’œil, de manière à luxer celui-ci. On sent alors aisément le nerf optique tendu, que l’on sectionne sans difficulté à la distance voulue, sur laquelle nous renseigne beaucoup mieux que n’importe quel instrument la sensibilité du doigt.

Nous ramassons constamment sur une aiguille munie d’un fil bien ciré les plis de conjonctive qui contournent le trou laissé par la cornée de l’œil enlevé , et en entortillant simplement ce fil, sans le nouer, nous fermons le sac conjonctival à la manière d’une blague à tabac. Ce mode de fermeture (joint au pansement antiseptique) accélère de beaucoup la guérison, et si l’on a eu soin de laisser une assez grande longueur au fil entortillé, on n’éprouve aucune difficulté pour l'enlever, car il suffit alors d'une simple traction sur l’un des bouts de ce fil. Tandis que si l'on a noué ensemb le les extrémités de la suture et coupé au ras du nœud, l’enlèvement du fil, le troisième ou le quatrième jour* peut ren-

contrer, lorsque des bourrelets œdématiés de la conjonctive le masquent, quelques difficultés. Ce mode d’énucléation est le seul qui nous donne la garantie parlai le de conserver en entier toute rétendue du sac conjonctival, de la capsule de Tenon et des muscles de l’œil.

Dans le but d’obtenir une plus grande rapidité dans l’exécution de l’opération , on a engagea ne procéder d’abord qu’à une seule section d’un des muscles droits, l’externe, et à se frayer alors immédiatement un passage jusque vers le nerf optique, que l’on sectionne. On luxe ensuite facilement le globe de l’œil, et on le détache à grands coups de ciseaux de ses muscles et de ses enveloppes capsulaire et conjonctivale ( Tillaux ). Le peu de temps que l’on gagne en agissant suivant cette mélhode ne saurait racheter en aucune manière une bien moins grande précision d’exécution, car, ici, on laisse constamment des moignons tendineux attachés au globe de l’œil, alors qu’en procèdent comme je viens de l’exposer, on produit même sur l’œil énucléé de véritables rainures indiquant l’insertion des tendons détachés.

L’énucléation pratiquée sur des yeux qui ne sont le siège d’aucune suppuration est, comme on le sait, d’autant plus inoffensive qu’on soustrait, par une exacte fermeture du sac conjonctival, le nerf optique et ses gaines du contact de l’air. Mais il n’en est plus ainsi lorsque l’espace sous-choroïdien est occupé par une suppuration, ou que du pus, par suite d’une perforation scléralc, s’est répandu dans la capsule de Tenon. Ici, la propagation du processus suppuratif peut, après l’ablation de l’œil, s’effectuer le long des gaines du nerf optique et amener une méningite suppurative avec issue fatale, ainsi que je vous en ai cité un cas dans les précédentes leçons1.

En général, on n’observe aucune complication, et la guérison s’effectue avec une telle rapidité que je laisse souvent le malade porter la plaque d’émail huit jours après l’opéra-

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