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VINGT-ET-UNIÈME LEÇON

TRICIUASIS OU DISTICHIASIS. — TRANSPLANTATION LU ROItD CILIAIRE

Trichiasis,

distichiasis.

Nous avons terminé la dernière leçon en parlant de diverses méthodes opératoires qui ont pour but de combattre un défaut de coaptation, soit du bord palpébral, soit de la totalité de la paupière, mais sans aller toutefois jusqu’à produire un véritable ectropion, capable de créer par le défaut d’élimination des larmes, une prédisposition aux inflammations. Nous aurons maintenant à nous occuper de l’état inverse, c’est-à-dire de l’inversion du bord palpébral, ayant pour effet de produire un entropion, qui offre le très sérieux inconvénient de diriger les cils contre la cornée. Il ne s’agit plus ici d’une simple prédisposition maladive, mais d’un vice qui provoque aussitôt des irritations, suivies de complications inflammatoires, réclamant impérieusement, l’intervention du médecin.

Le trichiasis ou distichiasis est, dans la majorité des cas, provoqué par un changement de courbure qu’a subi le tarse sur la surface concave duquel un tissu cicatriciel a pris naissance, celui-ci, résultat ordinaire dû aux granulations, tendant à accentuer la courbure du tarse et à entraîner

en dedans par ce mouvement le bord palpébral qui y adhère. Pour obvier à un pareil état, il faut donc exécuter des opérations qui changent celte incurvation vicieuse, qui remédient, par un déplacement du champ d'implantation des cils, à celte si l ua lion fâcheuse du bord ciliaire, ou. ce ijui est infiniment plus rationnel, on devra combiner un procédé de telle manière que ce double but de redressement delà forme du tarse et de transplantation des cils soit à la fois atteint.

L’étiologie du trichiasis nous démontre péremptoirement que les anciens procédés de simple ablation, ou de destruction du champ d’implantation des cils par les caustiques, ne peuvent avoir d’autre résultat que de substituer à l’endroit occupé par les cils un I issu cicatriciel irrégulier qui, soumis à la traction exercée par les tarses, continue à frotter sur la cornée et à entretenir l’irritation. Ces procédés sont donc absolu ment irrat ionnels ; d’un autre côté, on ne peut considérer que comme palliatifs ceux qui consistent dans une épilation répétée ou dans la déviation directe des cils, opération surtout fastidieuse puisqu’il faudra, vu le renouvellement des cils, la répéter à peu près quatre fois par an. Cette mét hode ancienne de Celse, reprise par M. Snellen, a eu précisément à cause de son caractère ingénieux un faible éclat de vie que l’absence de but pratique, il est vrai, lui a vite enlevé1.

I. Ce procédé consiste à attirer le cil à l’aide d’une anse de soie très line de façon à le déplacer, en lui faisant suivre une aiguille à travers laquelle est passée cette anse, celle ci étant formée par un unique U1 dont les deux extrémités sont engagées dans l’œillet de l’aiguille. Cette dernière doit pénétrer à la racine même du cil, et ressortir dans le point ou l’on veut que le cil, saisi |ar l’anse, prenne son nouvel emplacement et continue à se développer; l’aiguille, l'anse et le cil parcourant le même cliemin. Dans le but de simplifier l’opération, M. Knapp a eu l’idée d’engager le cil dans l’œillet de l’aiguille, au lieu de servir d’une anse. J’ai fait moi-même exécuter des aiguilles ad hoc. munies d’un petit crochet pour saisir le cil en pénétrant près de celui-ci. Quelque ingénieux que soient ces procédés, je les considère comme peu pratiques, surtout si un certain nombre de cils doivent successivement subir cette même opération.

Opération tlfi M. l'agenslftcher.

Une méthode bien autrement rationnelle, mais qui est surtout indiquée Jorsqu’on veut prévenir la coaptation trop exacte du bord ciliaire, et en quelque sorte l 'évolution dv trichiasis que prépare un tarse granuleux en voie d’incurvation vicieuse, est le procédé de M.A . Pagensteçher qui combine, à l’élargissement de la fente, la rétraction du tissu cicatriciel que produisent des sutures de Gaillard 1 (de Poitiers). Nous pouvons encore accroître de beaucoup l’efficacité de ce procédé, en y adjoignant l’incision longitudinale du tarse, la tarsotomie de de Àmmon. Celte combinaison do la canthoplastie de de Ammon , de l'emploi des sutures de Gaillard et de la tarsotomie de de Ammon, connue en général sous le nom d’opération de Pa(jenstecher, s’exécute de la manière suivante :

A l’aide de forts ciseaux droits, on sectionne la commissure externe suivant toute son épaisseur et dans une direction correspondante au ligament palpébral externe, de telle façon que la plaie conjonctivale mesure de4 à 6 millimètres et celle de la peau 6 à 8. En exerçant de haut en bas une traction modérée sur les bords de la plaie, la section horizon taie se trouve t ransformée en une section verticale, et l’on peut alors aisément suturer les bords de la muqueuse avec ceux correspondants de la, peau, de façon à s’opposer à ce que les lèvres de la plaie cutanée ne s’accolent, de nouveau ensemble.

On procède alors sur la paupière supérieure à l’application de ligatures de Gaillard, en ayant soin de choisir pour leur emplacement les points où la position vicieuse des cils est plus particulièrement accusée. Pour cela, on saisit avec une pince la peau de la paupière, offrant une laxité marquée et, on la soulève, en comprenant dans le pli parallèle au bord palpébral ainsi formé de nombreuses fibres du muscle orbiculairc. On traverse ensuite la base de ce pli avec une

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