EXTRACTIONS A LAMBEAU PÉRIPHÉRIQUE SIMPLE ET COMBINÉE
(procédés de l’auteur).
Pour vous faire mieux saisir la différence qui existe entre nos procédés actuels d’extraction à lambeau et ceux qui ont été usités antérieurement, et pour vous rendre en quel-
que sorte palpables les progrès qui ont été incontestablement réalisés, il sera nécessaire que je vous expose avec détails les diverses méthodes opératoires usuelles auxquelles on a eu recours depuis le commencement de ce siècle; et pour cela j’emprunterai mes descriptions aux opérateurs qui ont joui de la plus haute réputation.
Au début du siècle, c’est incontestablement Beer qui occupe la position la plus élevée ; il brillait en même temps par une clarté et une netteté rares dans l'exposition : aussi est-ce à sa description que nous aurons recours. Nous vous ferons ensuite connaître la façon dont taillaient le lambeau cornéen de Arlt et Desmcirres , qui, le premier en Autriche, le second en France, s’étaient acquis, une trentaine d’années après, une égale renommée. Vient alors une courte période de transition inaugurée par Jacobson , dans laquelle une partie des opérateurs ne sectionnent plus, à proprement parler, le lambeau dans le tissu transparent de la cornée, mais en dehors de celle membrane. Enfin, après avoir poursuivi l’idéal de la linéarité de la section recherchée par de Graefe , on arrive à former des lambeaux de hauteur variée
Historique.
Section de Beer.
Section de de Arlt.
Section de Desmarres.
qui, cette fois, tombent exactement dans la jonction sclérocornéenne.
En comparant ces diverses citations, vous aurez la démonstration des laits suivants : tandis que Beer se rapprochait fort près de celte ligne de jonction scléro-cornéenne, on ramenait davantage, après lui, les sections dans la cornée même, puis on sortait alors brusquement hors de cette membrane, pour ne tomber qu’cnsuile dans le véritable joint.
Voici comment Beer1 2 s’exprime relativement à remplacement de la plaie : « Pour que la section présente toutes les qualités requises, elle doit tout d’abord être suffisamment grande pour n’opposer à la cataracte qui s’échappe de l’œil aucune difficulté ; et il en sera ainsi, si on détache exactement la moitié de la cornée aussi près que possible de son bord L’opérateur, en faisant pénétrer le couteau à cata-
racte, place la pointe dans l’angle externe sur la cornée même, à un huitième de ligne de son bord et à un quart de ligne au-dessus de son diamètre transversal, l’instrument ayant une direction oblique par rapport à l’iris, et le tranchant étant dirigé en bas. »
De Arlt - est, trente années plus tard, en parfait accord* d’idées avec Beer. « En général, dit-il, il est nécessaire de détacher la moitié de la cornée de sa base en la sectionnant en deçà du limbe conjonctival. » De Arlt restait donc éloigné du bord cornéen de 1/2 à 1 millimètre, ce qui ressort de ce qu’il donne comme écart, entre les points d’entrée et de sortie, une distance de 5"' (10 millimètres), sur une cornée de 12 millimètres de diamètre.
Desmarres 3 se prononce de la manière suivante : « Ou pousse la pointe du couteau dans l’épaisseur de la cornée à 1 millimètre de la sclérotique, ou à peu près, et à une égale distance au moins au-dessous du diamètre transversal