Archiv fur Ophthalmologie, t. IX, 2, p
Procédé de AI. Weber.
inverse, c’est-à-dire de dedans en dehors. Le résultat (|uc permet d’atteindre celte opération se résume dans un raccourcissement de la portion sous-cutanée de la paupière, joint à l’affaiblissement du muscle orbiculaire. Si la paupière avait subi une élongation marquée, on pourrait recourir à l’ablation d’un lambeau cutané, avant de pratiquer l’excision de l’orbiculaire. Les blépharostats de Snellen, Warlomonl et Knapp permettent d’exécuter l’opération beaucoup plus facilement, en s’opposant à l’écoulement du sang.
Lorsqu’une inflammation très prolongée a laissé prendre aux libres centrales de l’orbiculaire un excédant d’action qui a surtout produit un raccourcissement des bords palpébraux, avec irrégularité dans l’élimination des larmes, sans que la tendance au renversement en dedans soit encore bien accusée, on peut alors utiliser une combinaison consistant dans l’excision de la peau, du muscle et du fascia au voisinage du rebord orbitaire et de la commissure externe, ainsi que nous en pouvons donner un échantillon par la description suivante empruntée à M. Weber.
On excise un ovale vertical allongé, comprenant la peau et la couche musculaire dans une zone intermédiaire à la commissure palpébrale externe sur le bord orbitaire. On décolle les bords de la plaie, surtout en haut et en bas, en s’aidant de crochets à strabotomie qu’on implante dans les angles supérieur et inférieur de la plaie. Un crochet aigu est ensuite employé pour rechercher l’insertion du ligament palpébral externe, lequel ligament est alors détaché en cet endroit à coups de ciseaux. Une secousse appréciable produite par le déplacement brusque de la commissure au dedans dénote que le ligament est détaché. A ce moment, on dit au malade dé fermer l’œil, et, si les deux bords palpébraux ne se louchent pas encore exactement, on incise, dans une étendue plus ou moins grande, des deux côtés du ligament palpébral, l’aponévrose tarso- orbitaire, et cela dans une direction parallèle au bord palpébral. Dans le cas où, la
— oui —
tension étant notable, la commissure palpébrale externe se déplace en dedans à la suite de la ténotomie, la plaie présente alors la forme d’un ovale horizontal, preuve que l’affection réside dans une tension excessive des bords palpébraux. Deux points de suture servent à fixer la plaie dans la direction horizontale.
D’après M. Weber, les résultats fournis par cette opération seraient les suivants : a. La commissure externe redevient mobile en dedans, de manière que les contractions du muscle de Horner peuvent déplacer la paupière en dedans, ce qui rend l’aspiration des larmes possible, b. Les axes du muscle palpébral sont déplacés, de telle sorte que ceux qui sont touchés par l’excision ovalaire prennent une courbure moins prononcée par suite du changement de direction de l’œil. La contraction musculaire agit donc plus puissamment sur la coaptation des bords palpébraux.
On comprendra aisément que, lorsqu’aux conditions qui prédisposent à l’entropion musculaire viennent s’adjoindre celles de l’enlropion cicatriciel, on fera très bien de mettre en pratique un procédé qui s’adresse plus particulièrement à l’action musculaire anormale, tout en présentant déjà de puissantes ressources contre la traction cicatricielle qui a été l’origine de l’enlropion. Les procédés de Pagenstecher, de Panas, et le mien (voy. p. 555) peuvent alors fort bien servir de méthodes intermédiaires entre les procédés plus violents, indiqués pour combattre les formes purement musculaires, et les méthodes compliquées destinées à remédier aux enlropions cicatriciels.
Des cicatrices de la conjonctive ont-elles sensiblement déformé la courbure du tarse qui tend progressivement à s’enrouler lorsque, par suite d’une production abondante de granulations, celles-ci arrivent à se cicatriser? Alors il est indiqué de diriger avant tout son opération vers le redressement de la courbure défectueuse du tarse. Nous ne citons qu’en passant les incisions verticales
Tarsotomie
de
de Ammon.
Procédé de t.Slrea ifield
de Ware1, de sir P. Cramplon 2 cl de 6 ulhrie*, ces modes opératoires devant être considérés acluellement comme abandonnés, ainsi, d’ailleurs, que tous ceux qui exposent à la formation d’un coloboma palpébral.
Les incisions longitudinales de Richler 4 et de de Ammon 5 ne sont aussi, il est vrai, que rarement praliquôes, du moins si on les considère comme procédés non associés à d’autres temps opératoires, mais elles ont eu le mérite de conduire aux excisions tarsiennes qui, combinées à des excisions musculaires, constituent les méthodes usitées aujourd’hui.
La tarsotomie longitudinale de de Ammon consiste à couper la paupière parallèlement au bord palpébral, à une distance de 6 millimètres de celui-ci, en faisant pénétrer le couteau de dedans en dehors. La section part du voisinage du point lacrymal pour se terminer à une petite distance de la commissure externe. Si l’on ne combine pas cette simple incision tarsienne à une excision cutanée qui force les lèvres de la plaie du tarse à s’écarter davantage, il ne faut guère espérer obtenir un grand bénéfice de l’opération. Aussi Buroiu père0 regarde-t-il cette excision comme indispensable; toutefois on peut, ainsi que je l’ai conseillé, la remplacer par de simples sutures de Gaillard. M. Streatfield 7 a encore fort heureusement modifié la tarsotomie longitudinale en procédant de la manière suivante :
A une petite distance du bord libre du fibro-carlilagc, il excise dans l’épaisseur de celui-ci un lambeau en forme de coin dont le sommet est tourné vers l’œil, et dont la base étalée présente presque l’étendue de la surface externe du tarse. La partie correspondante de la peau est en même temps enlevée, et il compte sur le travail cicatriciel pour